Tim Cook applaudit la volonté de Bruxelles de serrer la vis autour des services en ligne utilisés par les mineurs. L'AFP rapporte que l'ancien CEO d’Apple, désormais président du conseil d’administration du groupe, a salué le projet européen EU KIDS Act à l'occasion d'un déplacement à Strasbourg mardi. « Nous saluons la volonté du Parlement européen de promouvoir un cadre harmonisé à l’échelle de l’UE pour protéger les enfants », a déclaré Tim Cook. Il a rencontré dans la journée la présidente du Parlement européen Roberta Metsola.

Ce rapprochement ne sort pas de nulle part. Fin septembre, Tim Cook avait déjà rencontré Ursula von der Leyen pour discuter précisément du Kids Act. Quelques jours plus tôt, il avait également mis en avant les outils de protection des mineurs d’Apple auprès du Premier ministre australien Anthony Albanese. S'il n'est plus CEO d'Apple, Cook reste le visage de l'entreprise auprès des responsables politiques et des administrations.
Tim Cook et Ursula von der Leyen s’accordent sur la protection des enfants en ligne
Pour rappel, la proposition européenne prévoit de ne pas autoriser les comptes sur les réseaux sociaux avant 13 ans. Entre 13 et 15 ans, l’accès passerait par un « mini-compte » administré par un parent ou un tuteur, avec des fonctions limitées et une durée quotidienne maximale d’une heure. À partir de 15 ans, un adolescent pourrait ouvrir son propre compte.
Les services concernés devraient en parallèle limiter certains mécanismes favorisant une utilisation excessive, empêchant par exemple les contacts non sollicités avec des inconnus. Les chatbots et autres compagnons basés sur l’IA devraient aussi être désactivés par défaut pour les plus jeunes et seraient mieux encadrés : ils ne pourraient notamment pas être activés automatiquement au sein d’une plateforme et ne devraient pas embarquer de mécanismes pouvant créer une dépendance émotionnelle.

Si les relations entre Apple et Bruxelles sont tendues sur le terrain de la concurrence ou de l'IA, elles sont plus fluides sur la protection des mineurs. Apple travaille déjà dans cette direction : son API Declared Age Range permet aux apps d’obtenir une tranche d’âge sans nécessairement connaître la date de naissance exacte de l’utilisateur. Le Kids Act n'est toutefois encore qu'une proposition : le texte doit désormais être examiné et négocié par le Parlement européen et le Conseil.
Cette prise de position intervient alors qu'Apple vient de mettre fortement en avant son propre contrôle parental. La firme a revu Temps d’écran sur ses systèmes 27, en ajoutant notamment des réglages simplifiés pour les comptes Enfant et en rendant plus souple la gestion des apps et des périodes d’utilisation.













