Usine au Brésil : Foxconn pose ses conditions

Anthony Nelzin-Santos |
Foxconn devrait investir jusqu'à 8,3 milliards d'euros au Brésil sur une période de 5 à 6 ans. Le sous-traitant chinois est déjà implanté à Jundai (état de São Paolo) où il produit pour HP et Sony ; il prévoit d'ouvrir une troisième usine, cette fois dédiée à Apple : cette implantation au Brésil permet de diversifier les lieux de production, mais aussi de contourner les barrières douanières protectionnistes (lire : Des usines Apple au Brésil ?). Alors que la présidente Dilma Rousseff et le ministre des Sciences et de la technologie Aloizio Mercadante ont indiqué étudier le dossier, Foxconn a posé ses conditions.

Foxconn Brésil

Foxconn ne compte en effet pas se lancer dans cette aventure sans garanties : alors qu'il nouera des partenariats avec les acteurs locaux et que ses usines emploieront des ouvriers brésiliens, la société chinoise entend bien obtenir des allègements fiscaux, voire des subventions de la Banque nationale de développement économique et social (BNDES), la banque publique brésilienne que le gouvernement Lula a transformée en organe de financement des projets d'infrastructure. Foxconn ne verrait enfin pas d'un mauvais œil que le gouvernement brésilien incite les fortunes nationales à investir dans le projet.

Les terrains réservés devront être suffisamment grands pour prévoir une potentielle extension, et être à la croisée d'infrastructures de transport fiables et rapides pour permettre l'entrée des composants et la sortie des produits finis sans anicroche. Si de plus Foxconn pouvait avoir un droit de propriété à l'aéroport de São Paolo (les États-Unis semblent clairement en ligne de mire), elle ne le refuserait pas. Enfin, la connexion Internet de l'usine devra être irréprochable, fibre optique dans les bureaux et WiFi partout ailleurs.

Tous ces desiderata rappellent le projet d'Eike Batista, la huitième fortune mondiale, qui avait invité Apple à venir produire dans le superport d'Açu… à 10 heures de route de São Paolo (lire : Un millionnaire brésilien veut des usines Apple). L'implantation de Foxconn et la production de produits Apple au Brésil permettrait à la firme de Cupertino de contourner les barrières douanières mises en place dans le cadre de la guerre que se livrent Brésil et États-Unis sur le coton. Écoulés au pays, les appareils Apple seraient logiquement exemptés de frais douaniers et près de deux fois moins chers : Apple pourrait alors séduire beaucoup plus facilement l'imposante classe moyenne qui se développe dans la huitième puissance mondiale.

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avatar Anonyme (non vérifié) | 
Tout ça pour qu'on puisse se branler sur des ipad... meeerde :(
avatar liocec | 
@ zeeedy : Quel est le rapport ?!?
avatar Datavinn | 
J'ai pas envie de dire "youpi" quand je lis ça...
avatar senghor | 
On ferait bien d'en rajouter des barrières douanières en Europe (je parle pas d'immigré, attention), ça ferait revenir le travail. On devrait prendre exemple!
avatar Noobi62 | 
Il y a du coton dans les iPad et les Mac?
avatar Orus | 
Non content de bientôt sous-payer ses futurs employés brésiliens, Foxconn pose des conditions... On croit rêver, ou cauchemarder plutôt.
avatar levincefr | 
Je suis d'accord avec Senghor. Cela dit il faudra un temps pendant lequel du coup on paiera tout les produits concernés plus cher. Ensuite pour répondre à NoObi62, les états unis subventionne à mort la production de coton (de banane aussi). C'est à dire qu'il donne de l'argent aux producteurs américains qui du coup peuvent vendre leurs produits moins cher au monde entier. Le problème c'est que les autres producteurs (non américains) ne peuvent pas les concurrencer car leurs coûts de production sont trop élevés. Donc si les pays concernés ne subventionne pas à leurs tours (ils ont pas forcément les moyens) leurs producteurs, ces derniers sont obliger de vendre à perte leur production. C'est comme cela que la pauvreté perdure dans certains pays. Cela va souvent de paire avec un système éducatif faible, des problèmes de santé, l'insécurité et donc une espérance de vie plus faible. Ca va Noob tu es toujours là !!!
avatar levincefr | 
Ah oui j'oubliais, les états-unis n'hésite cependant pas à porter plainte contre Airbus (européen) pour concurrence déloyable (envers Boeing) car Airbus reçoit des subventions de l'Europe. Voilà c'est ça le capitalisme et je pense qu'il faut en sortir, et vite. Mais ça c'est un rêve d'Utopiste.
avatar nicolas | 
Levince c'est bien tout les problèmes des industries subventionnées, et qui exportent. l'agriculuture industrielle est dans le mm bateau...
avatar levincefr | 
@ Kinky Intéressant comme raisonnement. C'est vrai qu'en produisant sur place on économise en transport, en pollution, en temps. Cela dit, tu n'imagines quand même pas qu'ils n'en profiteraient pas ? Tu l'as dis toi-même ! "Une question de profit maximum pour les actionnaires"...

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