Les premiers SSD destinés au grand public sont apparus il y a une vingtaine d'années et plus les années passent et plus ils remplacent les disques durs (HDD). Les dernières annonces de Seagate le montrent bien : la société a annoncé que ses disques durs Mozaic 4 + de 44 To commençaient à être envoyés chez les clients… mais pas dans les étals des magasins. Si vous avez besoin d'un gros disque dur (par exemple pour un NAS), vous ne pourrez pas dépasser 30 To (et il faut tout de même compter près de 1 000 €). La différence n'est pas anodine : les principaux clients de Seagate (les centres de données) ont un avantage assez large sur la capacité disponible (presque 50 % de capacité en plus).

C'est un choix assumé de la part de Seagate : les premiers disques durs de 32 To sont partis dans les centres de données fin 2024 et ceux de 40 To mi 2025, alors que la disponibilité des modèles de 30 To chez les revendeurs classiques, elle, est assez récente. Et c'est aussi un choix évident : entre des clients qui ont de gros besoins en stockage et peuvent payer le prix fort et d'autres qui veulent deux disques durs pour un NAS et peuvent se contenter de plus petites capacités, le choix est vite fait.
Pour tout dire, il est même étonnant que les grands constructeurs proposent encore des disques durs pour le grand public… même si ce n'est même plus totalement le cas dans les faits. Pour rester dans le cas de Seagate, la gamme Barracuda (grand public) se limite à 24 To, quand les modèles semi-professionnels (IronWolf Pro) ou professionnels (Exos) montent à 32 To… ce qui est toujours largement sous les 44 To des gammes destinées aux centres de données. Et ne parlons même pas des disques durs 2,5 pouces : en dehors du lancement d'un modèle de 6 To mi 2024, la capacité reste bloquée à 5 To depuis des années, dans un marché atone.

Dans la pratique, la RAMpocalypse — qui touche aussi les disques durs, malgré son nom — pourrait autant accélérer les choses que permettre aux disques durs de continuer à vivoter dans les étals. La première hypothèse est simple : devant une demande accrue dans les centres de données pour l'IA, qui ont besoin de stockage, Seagate, Western Digital et Toshiba pourraient privilégier ces derniers — encore plus que maintenant — et abandonner complètement le marché classique, peut-être uniquement en gardant quelques modèles externes au catalogue. La seconde, moins probable, serait une hausse des ventes de NAS et de disques durs externes devant les prix élevés des SSD. Mais cette hypothèse est peu probable pour une raison simple : même si la hausse est moins élevée que dans les SSD, elle est bien présente dans le monde des disques durs. Mais il faut être réaliste au moins sur une chose : toutes les annonces de ces dernières années ne ciblent qu'un seul marché, celui des centres de données.
Seagate a des disques durs de 69 To dans ses laboratoires
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