Safari évolue en même temps que les systèmes d’exploitation d’Apple et le navigateur web conçu à Cupertino a reçu une grosse mise à jour avec la version 26.4. Le blog dédié à WebKit, son moteur de rendu, détaille tous les changements qui concernent surtout les créateurs de sites web. Ces modifications sont souvent très techniques et je ne vais pas les détailler toutes ici. Quelques améliorations devraient malgré tout apporter des avantages bien réels pour les utilisateurs, si les développeurs web s’en emparent, bien entendu.
Dans le lot, évoquons d’abord l’ajout de l’API Keyboard Lock, qui permet à un site web de prendre la main sur le navigateur web pour tout ou partie des raccourcis clavier. Jusque-là, si vous appuyez sur la touche esc par exemple, c’est forcément Safari qui réagit et le site web ne peut pas la gérer, typiquement pour fermer une boîte de dialogue en HTML. Dans cet exemple, le navigateur quitte le mode plein écran lorsqu’il est actif et c’est un cas que je connais bien, puisque je le croise régulièrement avec Home Assistant.
D’ailleurs, l’API ne fonctionne que lorsque le navigateur est en mode plein écran, l’objectif étant de répondre aux besoins d’une webapp plus complexe, comme un jeu. Pour revenir en mode fenêtré, il faudra maintenir la touche esc pressée pendant 1,5 seconde. Les développeurs de Safari précisent que seuls les sites web servis en HTTPS géreront la nouveauté (ce qui ne m’arrange pas pour Home Assistant que je contrôle en local). Cette API encore au stade expérimental est d’ores et déjà prise en charge par Chrome, Edge et Opera, on imagine que Firefox suivra probablement. Dans le même ordre d’idées, Safari est aussi capable de gérer tous les boutons d’une souris, ce qui sera là encore utile dans un contexte de jeu dans le navigateur.
Autre API nouvelle, WebTransport est pensée pour la visioconférence et les autres usages où une communication bidirectionnelle sans latence est importante, comme un jeu vidéo. Cette fois, Apple rejoint ses concurrents, puisque les navigateurs web majeurs l’avaient tous déjà adoptée. Sans entrer dans les détails, l’API tourne sur les fondations les plus modernes du web (HTTP/3 et QUIC) à la place de l’ancien protocole TCP pour transmettre et recevoir plusieurs flux en parallèle, normalement avec de meilleures performances et une fiabilité supérieure.
Sur la partie design, le gros morceau est l’ajout des « Grid Lanes », une propriété CSS qui améliore le rendu de grilles de contenus variés, comme des photos ou encore des blocs de texte. Les grilles sont présentes sur de nombreux sites web — y compris ceux de MacGeneration —, parce que c’est une méthode très pratique pour organiser dynamiquement du contenu sur une page web, en tenant notamment compte de la largeur. Le CSS ne suffisait cependant pas à obtenir un rendu toujours satisfaisant, si bien qu’il fallait souvent ajouter du JavaScript, et c’est précisément ce que cette nouveauté corrige.

En particulier, on peut désormais ajuster la hauteur de chaque case dans la grille en fonction du contenu. Cette démonstration créée par les développeurs de WebKit est utile pour comprendre l’intérêt de la nouvelle propriété, qui ne dépend plus du tout du JavaScript. Une bonne nouvelle, même si Apple est la seule à gérer la fonction à ce stade. Comme c’est un standard créé en partenariat avec tous les navigateurs web, on devrait la retrouver à terme partout. D’ici là, cet autre article publié sur le blog de WebKit donne quelques pistes pour implémenter la nouveauté pour Safari, sans casser l’interface dans les autres navigateurs
Il y a encore bien d’autres évolutions à découvrir sur le blog de WebKit. Pour les utilisateurs, la plus importante est peut-être le retour de la barre d’onglets compacte pour ceux qui préféraient cette option. Elle est proposée sur macOS 26.4 et iPadOS 26.4.











