Kaspersky accuse Apple d'abus de position dominante

Stéphane Moussie |

Après Spotify, c’est Kaspersky qui attaque Apple pour concurrence déloyale. L’éditeur de logiciels de sécurité estime qu’Apple abuse de sa position de propriétaire de l’App Store, l’unique canal pour installer des apps sur iPhone, pour écarter ses concurrents.

Ce qui provoque l’ire de Kaspersky est le traitement réservé à son application de contrôle parental Kaspersky Safe Kids. Apple a cité la règle 2.5.1 des guidelines (interdiction d’utiliser des API privées et de détourner des outils pour proposer certaines fonctions) pour demander à l’éditeur de ne plus utiliser de profil de configuration, un outil qui permet de paramétrer finement le système. Sans profil de configuration, Kaspersky Safe Kids ne peut pas masquer certaines apps ni restreindre leur accès en fonction de l’âge défini, ce qui lui retire un certain intérêt.

L’éditeur assure qu’Apple a demandé cette modification dans la foulée de la présentation d’iOS 12, dont la nouvelle fonction Temps d’écran sert de contrôle parental. Il ajoute qu’il a contacté Apple à plusieurs reprises pour résoudre cette situation, mais qu’aucune négociation sérieuse n’a eu lieu.

Cependant, d’après nos constatations, l’application contient encore aujourd’hui un profil de configuration et elle a été validée le 4 octobre, soit après la sortie d’iOS 12. Le blocage à la validation dont se plaint Kaspersky est peut-être intervenu après cette date.

Quoi qu’il en soit, Kaspersky a saisi l’autorité russe de la concurrence. Spotify a pour sa part porté plainte devant la Commission européenne.

avatar broketschnok | 

Kaspersky une vaste arnaque déguisée en blague 👎🏻

avatar Hoppy | 

@broketschnok

Tellement vrai!

avatar J'en_crois Pas_mes yeux | 

@Hoppy
(j'avais lu de travers : Je croyais que tu disais :)
Tellement vrai qu'Apple profite de sa position dominante
pour bloquer les virus et ainsi empêcher une saine concurrence.
Sal.p d'apple ;-)

avatar bonnepoire | 

@ broketschnok
En gros, ils veulent que Apple baisse la sécurité de l'OS...
N'est pas windows qui veut...

avatar pagaupa | 

@bonnepoire

« N'est pas windows qui veut... »

Du bonnepoire tout craché!

avatar Soner | 

Prochaine étape, un opérateur qui va attaquer Apple car il ne peut pas inclure ses logiciels dans les iPhone.

avatar fousfous | 

Je suis sur qu'Apple aimerait être en position dominante, mais vu la part de marché c'est très loin d'être le cas...

avatar vince29 | 

Il va peut-être falloir changer la définition alors.
Quand dans les publicités quelqu'un se déclare numéro 1 on a droit à une explication de ce qui lui vaut ce titre et la précision c'est numéro en pdm OU en valeur.
Le store d'Apple étant numéro 1 en valeur il convient peut-être de s'interroger sur les conditions imposées pour accéder au store (et surtout l'impossibilité de s'en passer)

avatar fousfous | 

@vince29

Numéro 1 en revenu, pas en téléchargement, et pour les apps gratuites (la majorité) les revenus ne comptent pas dans le classement comme tout va dans la poche du développeur et qu'Apple ne contrôle rien à ce niveau.
Donc non pas d'abus, et si les utilisateurs ne sont pas content ils peuvent aller voir ailleurs car il y a une concurrence crédible.

avatar vince29 | 

Pareil pour Google, s'ils sont pas contents ils peuvent aller voir ailleurs.
Et avec Google même pas besoin d'aller voir ailleurs, puisque tu peux installer et monétiser une application sans passer par le store.
Donc si tu veux bénéficier des facilités d'un store (infrastructure,monétisation) tu peux mais ce n'est en aucun cas une obligation contrairement à Apple.

avatar SyMich | 

La position dominante quand on est en monopole absolu n'a pas besoin d'être démontrée!

Pour installer une app sur un iPhone (ou iPad...) il n'y a pas d'autre choix que de passer par Apple et les règles qu'il impose.
Je n'ai aucun avis sur le cas présent, mais ce n'est pas la 1ère fois qu'un éditeur ou un développeur se plaint qu'Apple ait bloqué son app au moment où Apple intégrait une fonction équivalente à iOS (certains se plaignant même que le processus de validation de toutes les apps est utilisé par Apple pour copier les fonctionnalités les plus intéressantes)

avatar Brice21 | 

@SyMich

Oui comme PlayStation Network est en position de monopole sur la PS4, Microsoft Xbox Live sur la Xbox, Nintendo sur la Switch, Amazon sur les Echo, Google sur les Google Home, Fitbit sur les Fitbits, ... à bas les monopoles, on veut pouvoir installer ce qu’on veut ou on veut avec tous les store qu’on veut.

avatar SyMich | 

Les monopoles ne sont pas un problème en tant que tel dès lors qu'ils fonctionnent selon des règles transparentes et que les titulaires de ce monopole n'abusent pas de leur position!

avatar Brice21 | 

@SyMich

Je suis totalement d’accord avec toi. J’étais dans le sarcasme. Et Apple n’abuse en aucune manière de sa position, qui n’est pas dominante. Apple a énoncé des règles pour pouvoir distribuer des apps dans son magasin et il suffit de les respecter. Essaye toujours d’installer un VPN sur une PS4 pour soi-disant controller le temps d’écran de tes enfants... ben chez Apple tu ne peux pas utiliser des API privées, ni installer un profil de configuration pour espionner le traffic. Sauf si tu es Disney ;)

avatar malcolmZ07 | 

@Brice21

Ce débat est déjà perdu avec Symich qui milite depuis un petit moment sur le sujet.

avatar byte_order | 

@Brice21

L'argument "les autres font pareils", c'est assez moyen en terme de respect des règles du jeu.

Par ailleurs, non, le PSN et XBox live ne sont pas les seuls manières d'installer un jeu sur plateforme PS4 ou XBox, respectivement. Il existe également- encore, du moins - la vente de support physique, qui n'est pas sous le contrôle de Sony ni de Microsoft.

Ou du moins sous un contrôle plus réduit, celui de la validation du jeu, pas celui des conditions de sa distribution.

avatar Brice21 | 

@byte_order

Si si, pour obtenir le droit d’éditer un jeu PlayStation ou Xbox, les conditions sont encore plus draconiennes. Je crois que tu n’y connais rien. Le contrat fait des centaines de pages et l’éditeur ne retouche même pas 30% du prix de vente public. A côté de ça l’App Store et ses règles, c’est de la gnognote.

avatar Kabrice | 

Ça reste le cas sur iOS pour l'app store ;-)

avatar oomu | 

c'était à la mode à l'époque.

avatar jackhal | 

D’attacher des oignons à sa ceinture ? De dire « un bourdon » pour 5 cents ?

avatar Eowendil | 

C’est bizarre pour une soi-disant entreprise en position dominante, Microsoft n’a jamais porté plainte contre Apple pour sa suite bureautique ?? Pourtant Pages & cie sont gratuits contrairement à Office. Comme quoi, quand on sait développer des outils avec des avantages concurrentiels, le prix n’a rien à voir (cc Spotify)... Et surtout qu’on sait s’allier pour avancer !!

avatar reborn | 

@Eowendil

Pourtant Pages & cie sont gratuits contrairement à Office

Gratuit ou plutôt compris dans l’achat d’un produit Apple ?

avatar SyMich | 

Dans le cas présent l'éditeur se plaint justement qu'Apple, par des restrictions qu'il n'applique pas à ses propres applications, l'empêche de mettre à disposition un outil réellement performant et justement au moment où Apple livre une fonctionnalité similaire.

avatar occam | 

@Eowendil

"quand on sait développer des outils avec des avantages concurrentiels, le prix n’a rien à voir"

« Microsoft has demonstrated that it will use its prodigious market power and immense profits to harm any firm that insists on pursuing initiatives that could intensify competition against one of Microsoft's core products. Microsoft's past success in hurting such companies and stifling innovation deters investment in technologies and businesses that exhibit the potential to threaten Microsoft. The ultimate result is that some innovations that would truly benefit consumers never occur for the sole reason that they do not coincide with Microsoft's self-interest. »
——Cité d’après le fact-finding résumé du juge Thomas Penfield Jackson, United States v. Microsoft, 5 novembre 1999. (J’ai encore sur mon serveur tous les documents publiés ou fuités dans le cadre de ce procès.)

Autant pour  les « avantages concurrentiels ».
Non, si MS avait été en mesure de presser ce levier, il eût été out of character d’y renoncer.

Je pense au contraire que toute tentative d’entrave ou de mainmise sur la suite bureautique d’Apple de la part de Microsoft aurait été hautement dommageable pour MS dans l’environnement de l’époque. N’oubliez pas l’injection de cash de 150 millions USD négociée entre Jobs et Gates début août 1997, assortie d’une garantie de 5 ans de support et disponibilité de MS Office sur Mac. Gates est philanthrope, mais pas à ce point. En sauvant son meilleur concurrent, il s’offrait une police en or contre les accusations de pratiques monopolistes. En contrepartie, Apple s’engageait à abandonner les procédures contre Microsoft héritées de l’époque Sculley.

Que ce soit par codicilles ou par gentlemen’s agreement, ce pacte de non-agression mutuelle, qui va parfois jusqu’au ménagement bien senti, n’a pas été mis en brèche depuis.
C’est remarquable, et cela devrait donner à penser.

avatar pat3 | 

@occam

"J’ai encore sur mon serveur tous les documents publiés ou fuités dans le cadre de ce procès"

Ça m’intéresse ; tu pourrais mettre une archive à disposition ?

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