Grosse semaine pour OpenAI, qui a annoncé plusieurs changements majeurs d’un seul coup. Si la star est peut-être le nouveau modèle GPT-5.6, censé apporter des gains significatifs et même reprendre l’avantage sur les dernières créations d’Anthropic, c’est bien la fin de ChatGPT tel qu’on le connaissait sur les ordinateurs qui fait le plus parler. Comme si cela ne suffisait pas, un modèle inédit dédié aux assistants vocaux a également été présenté. Faisons le point sur toutes ces nouveautés.
ChatGPT remisé au profit de Codex, le chatbot sacrifié sur l’ordinateur
Commençons avec le changement qui a déjà fait couler tant d’encre numérique depuis son annonce : ChatGPT tel qu’on le connaissait n’existe plus sur les ordinateurs. On le savait depuis un moment, OpenAI voulait créer une « super-app » qui rassemble ses différentes solutions logicielles en une seule interface capable de remplir tous les rôles. Dans ce cadre d’ailleurs, son navigateur web ChatGPT Atlas disparaît, seulement neuf mois après sa sortie. Personne ne devrait le regretter, voire tout le monde l’avait déjà oublié.
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Le changement le plus important concerne ChatGPT elle-même, délaissée en faveur de Codex. OpenAI conserve son ancienne app, renommée « ChatGPT Classic » pour l’occasion, et même si elle reste actuellement pleinement fonctionnelle, le nouveau nom dit tout ce qu’il faut savoir sur son importance pour l’entreprise américaine (qui a d’ailleurs indiqué qu’il ne fallait plus s’attendre à des mises à jour). Codex de son côté est renommée en ChatGPT et peut même reprendre son icône : le choix est proposé lors du premier lancement.
Codex sous la forme d’une app graphique est sortie en début d’année, au départ uniquement pour les développeurs. C’est une interface assez proche dans l’esprit de celle de ChatGPT, une série d’échanges en langage naturel, mais avec une finalité différente. Alors que l’app traditionnelle génère principalement du texte, Codex est optimisée pour travailler sur des fichiers et peut gérer des projets entiers. Pensée d’abord pour le développement, elle a vite gagné des fonctionnalités hors de ce cadre, pour répondre à des besoins croissants, en particulier en bureautique. C’est même devenu un outil d’automatisation très avancé, capable de contrôler l’ordinateur.
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Sous le capot, ChatGPT comme Codex reposaient tous deux sur les mêmes modèles et puisque les deux interfaces sont fondamentalement proches, l’idée de les réunir pouvait avoir du sens. Après tout, le grand concurrent d’OpenAI n’a toujours eu qu’une seule app « Claude », capable de répondre à tous les besoins, du chatbot au développement, en passant par le contrôle de l’ordinateur. C’est cette voie que la firme de Sam Altman a finalement suivie, en oubliant toutefois au passage la raison d’être initiale de ChatGPT.
En effet, la fusion consiste en l’ajout rapide et pas vraiment réfléchi d’un mode ChatGPT dans l’interface de Codex. Si vous aviez l’habitude d’avoir un chatbot sous la main sur votre ordinateur, vous allez être fortement dépaysé. OpenAI n’a pas modifié la présentation de Codex, si bien que l’on retrouve sur le côté gauche les projets, tous associés à des dossiers locaux sur l’ordinateur. La barre latérale de ChatGPT, qui listait les échanges avec les modèles sans lien avec l’ordinateur comme on les connaissait auparavant, est réduite à un bouton et un pop-up dans la nouvelle fenêtre.
C’est la plus grosse surprise de cette nouvelle version et une décision vraiment incompréhensible : tous les utilisateurs qui ne comptaient sur ChatGPT que comme un chatbot seront bien perdus au milieu de ce Codex encore alourdi. Il faut se contenter d’un petit morceau de la fenêtre pour discuter avec le modèle, on ne peut pas le faire dans l’interface principale. Certes, on peut agrandir ce petit module, mais sur la moitié de la surface seulement, ou alors l’ouvrir dans une fenêtre séparée, sans retrouver pour autant l’ancien fonctionnement. Cela ressemble presque à une punition, surtout face à une app native bien mieux adaptée à cet usage.
De nombreux éléments n’ont pas suivi le mouvement. Voici quelques fonctionnalités de l’ancien ChatGPT qui manquent à l’appel d’après mes tests : le mode automatique (qui bascule sur une réflexion poussée si nécessaire), les projets, les GPT personnalisés ou encore la fenêtre rapide qui permettait d’initier une discussion dans une interface flottante au-dessus de macOS. On peut trouver des équivalents, par exemple les GPT peuvent être convertis en « skills », des fichiers de texte qui décrivent une tâche. Ce concept imaginé chez Anthropic est même meilleur, car il ne dépend pas d’une entreprise, contrairement aux GPT qui étaient gérés depuis le site web d’OpenAI et limités à son propre écosystème. Néanmoins, si vous en aviez configuré, ils ne seront pas migrés et vous devrez faire le travail (ou demander au modèle de le faire, c’est testé et approuvé).













