Si Anthropic a décidé de laisser une poignée d’entreprises utiliser son intelligence artificielle Mythos pour analyser le code et trouver les failles, bon nombre de multinationales très intéressées par un audit de protection de leurs logiciels ont été laissées sur le carreau. Parmi elles, les banques, toujours friandes de rajouter une couche de protection sur leurs systèmes. Pour répondre à leurs attentes, Mistral aurait décidé d’accélérer le développement de sa solution concurrente à Mythos et entamé des discussions avec les banques européennes intéressées, comme le rapporte Bloomberg.

S’il est bien un domaine où l’inquiétude de piratage est permanente, c’est bien celui des transactions bancaires. Et l’arrivée de Mythos, qui promet de décupler les possibilités de découvrir des failles dans des systèmes pourtant jugés sûrs, n’est pas pour rassurer les banques : si une IA peut trouver les failles et permettre de les boucher, qu’arrivera-t-il si une autre tout aussi performante est utilisée par des pirates ?
Mistral Large 3 et Ministral 3 apportent un vent de fraicheur aux modèles d’IA ouverts
En n’autorisant l’accès à son IA qu’à une poignée de partenaires, Anthropic a créé un système à deux vitesses : il y a certaines banques qui ont le privilège d’y accéder, et donc de boucher rapidement toute faille trouvée, et les autres. En l’état, très peu d’entreprises européennes ont accès à Mythos, et les choses pourraient devenir encore plus compliquées : la Maison Blanche considère la possibilité de fortement limiter toute IA qui pourrait poser un risque pour la sécurité du gouvernement US.
Mistral aurait donc décidé de répondre à Anthropic avec sa propre IA dédiée à la sécurité informatique. Pour le patron de la start-up française, c’est un impératif : « Nous devons avoir le contrôle sur cette technologie [..] Il serait impensable de laisser le code source de l’armée française être scanné par Mythos. Cela créerait une dépendance inacceptable, et nous devons trouver une solution pour éviter ça ».
L’entreprise française, qui a récemment reçu un financement de 1,3 milliard d’euros de la part d’ASML, compte parmi ses clients HSBC et BNP Paribas. Si l’idée d’une solution européenne équivalente à Mythos est séduisante, elle aura à n’en pas douter fort à faire face à Anthropic, mais aussi OpenAI qui a récemment sorti GPT-5.5-Cyber, qu’elle a elle aussi réservé à quelques clients triés sur le volet.













