Anthropic a signé un accord avec SpaceX pour utiliser l’intégralité des capacités de calcul de Colossus 1, le centre de données créé par xAI à Memphis. Le créateur de Claude évoque une puissance de calcul supplémentaire qui dépasse les 300 mégawatts, soit l’équivalent de plus de 220 000 cartes graphiques Nvidia, indispensables à l’entraînement et à l’usage des grands modèles de langage. Grâce à cet ajout qui devrait être actif d’ici la fin du mois, l’entreprise promet une augmentation des quotas pour ses clients, alors que c’était justement un gros défaut de ses offres depuis plusieurs semaines.
Concrètement, Anthropic promet dès aujourd’hui trois changements sur ses offres payantes. Tout d’abord, les abonnés Pro, Max et les équipes en entreprises bénéficieront de quotas doublés dans Claude Code, pour les sessions courtes mesurées sur cinq heures. Pas de changement sur les quotas hebdomadaires, mais c’est une bonne manière de régler le plus gros défaut que j’avais pu constater pendant mon mois de test avec l’abonnement payant de base. À force de réduire les quotas, on pouvait atteindre la limite de la session en trois ou quatre demandes seulement.
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Deuxième changement, la fin immédiate des limites imposées sur les heures pleines. Pour rappel, Anthropic gérait différemment les quotas selon l’heure d’utilisation, pour inciter un usage hors des heures ouvrées et au contraire accélérer l’utilisation des abonnements aux heures de pointe. Puisque l’entreprise travaille surtout avec des clients américains, c’est pendant l’après-midi et en soirée en Europe que les jetons partaient plus vite. Ces restrictions ne devraient plus être qu’un mauvais souvenir à compter d’aujourd’hui, avec un retour aux quotas utilisés de façon uniforme sur la journée.
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Enfin, l’API de Claude a droit à une hausse assez nette du nombre de jetons par minute que l’on peut fournir en entrée et recevoir en sortie. Selon le prix, on parle d’une multiplication par 5 à 16 des limites en place, ce qui devrait permettre d’utiliser les modèles d’Anthropic sur des tâches bien plus lourdes. Ces utilisations se font hors du cadre d’un abonnement individuel, souvent sur des gros projets ou au sein d’apps qui proposent des fonctionnalités basées sur l’IA à leurs utilisateurs.
Augmenter les capacités de calcul à tout prix
La firme de Dario Amodei ne s’en cachait pas, ses limites récentes dépendaient entièrement de ressources bien inférieures à ses besoins. L’accord avec SpaceX n’est que l’une des mesures mises en œuvre par Anthropic pour régler ce problème, puisque d’autres contrats ont été signés avec plusieurs géants du secteur. AWS (Amazon) lui fournira 1 GW de capacités d’ici la fin de l’année, tandis qu’un accord avec Azure (Microsoft) débloquera jusqu’à 5 GW à partir de 2027. En attendant, SpaceX n’a apparemment plus besoin du premier data-center créé par xAI, celui qui a pourtant servi à l’entraînement de Grok, le modèle maison.
La communication de xAI est très vague et insiste davantage sur la création en un temps record de Colossus 1. Ce qui est vrai, mais pas nécessairement un argument en sa faveur, quand on pense que son alimentation reste exclusivement fournie par des turbines à gaz extrêmement polluantes, bruyantes et installées sans les autorisations nécessaires. Comme si cela ne suffisait pas, la filiale de SpaceX est aussi accusée par les autorités de polluer l’eau des nappes phréatiques. L’usine de traitement promise par Elon Musk semble avoir été abandonnée, comme le rappelle sur son blog Stephen Hackett, qui suit cette débâcle environnementale depuis l’arrivée de xAI dans sa ville il y a deux ans.
Est-ce que l’implication d’Anthropic changera la donne ? Si l’on peut toujours espérer que l’accord prévoit une amélioration de la situation, l’utilisation de Colossus 1 ressemble davantage à une solution temporaire, en attendant les ressources promises par AWS et Azure, plus qu’un plan à long terme. D’un autre côté, l’accord prévoit une participation aux projets délirants de centres de données en orbite que tente de vendre SpaceX.
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On peut aussi se demander pourquoi xAI n’a plus besoin de Colossus 1. Certes, l’entreprise a créé depuis un « Colossus 2 » encore plus puissant, non loin du premier lieu. Son déploiement ne serait toutefois pas encore terminé d’après ce que l’on sait et l’accord avec Anthropic semble surtout signaler que Grok n’a pas le succès escompté. Hors de X, le modèle est loin d’être aussi réputé que ceux utilisés par ChatGPT et Claude, si bien que les besoins au quotidien en termes de calculs sont manifestement moindres. Louer ces GPU inutilisés ressemble ainsi tout autant à une bonne idée pour rentabiliser les installations qu’à une mauvaise nouvelle pour l’avenir de xAI.













