Claude a le vent en poupe depuis quelques mois : le service d’Anthropic a convaincu un grand nombre d’utilisateurs, souvent au détriment de ChatGPT. Cet attrait, tant dans le monde de l’entreprise qu’auprès du grand public, n’est pas seulement un joli succès pour le créateur de Claude Code, c’est aussi un problème majeur. En effet, les grands modèles de langage au cœur des services de la firme demandent énormément de ressources pour tourner au quotidien et il est très difficile de rentabiliser son usage. De ce fait, une hausse brutale du nombre d’utilisateurs peut paradoxalement mener à une baisse nette des bénéfices.
Face à cette situation délicate, Anthropic a manifestement décidé de ne pas investir aussi massivement que son principal concurrent. À la place, le créateur de Claude essaie de faire tenir ses nouveaux utilisateurs sur son infrastructure actuelle. Pour restreindre ses besoins en puissance de calcul, l’entreprise a d’abord utilisé un levier incitatif, en proposant un accès plus généreux sur les heures creuses. Puisque le service est surtout exploité dans le monde professionnel, ses utilisateurs ont ainsi bénéficié de quotas doublés hors des heures de pointe, qui correspondaient à l’après-midi en France.
Quotas doublés pour Claude : Anthropic fait un cadeau empoisonné à tous les utilisateurs
Cela n’a clairement pas suffi et après la carotte, Anthropic a finalement opté pour le bâton. Thariq Shihipar, l’un des développeurs qui travaillent sur Claude Code, a annoncé sur X une réduction de l’accès pendant les heures de pointe pour tous les utilisateurs particuliers du service. Les plafonds hebdomadaires ne changent pas : seule la session de cinq heures lancée lors de la première utilisation est désormais bridée aux heures de pointe. Les quotas sont ainsi consommés plus rapidement pendant cette période, qui dure entre 15 h et 21 h en France, que le reste de la journée.
J’ai pu m’en rendre compte lors de ma propre utilisation de Claude Code, en particulier lorsque je travaille sur des automatisations complexes destinées à Home Assistant. J’atteins désormais bien plus vite la limite sur mon compte « Pro », facturé environ 20 € par mois. Il m’est arrivé plusieurs fois de me retrouver bloqué en pleine séance de « vibe code » et pire, Claude peut interrompre la tâche en cours. Anthropic est inflexible sur ce point, beaucoup plus qu’OpenAI d’après mes observations, et le processus peut s’arrêter en pleine écriture d’un fichier. Vous n’avez alors plus le choix, il faut patienter, parfois plusieurs heures jusqu’à la fin de la session en cours.
En réponse à cette annonce initiale, Thariq Shihipar a reconnu la frustration de cette nouvelle mesure et promet que « les investissements pour améliorer la capacité et l’efficacité de l’infrastructure se poursuivent », suggérant une limitation temporaire. Néanmoins, il souligne aussi que « de nombreux gains d’efficacité pour compenser » l’explosion du nombre d’utilisateurs ont déjà été mis en œuvre, sans que ce soit suffisant. D’après les estimations d’Anthropic, « environ 7 % des utilisateurs atteindront des limites de session qu’ils n’auraient pas atteintes auparavant, en particulier dans les offres Pro ». Je fais visiblement partie de ces quelques pour cent…
Notons pour finir que ces changements concernent les utilisateurs gratuits, Pro et Max, mais pas les comptes d’entreprise. Anthropic soigne ses clients professionnels, qui restent le cœur de cible de son offre et qui ont ainsi droit à des limites spécifiques. Le choix de viser en priorité les abonnés Pro est par ailleurs malin : la formule Max, facturée à partir de 100 $ HT par mois, est sans doute bien plus rentable et les restrictions vont sûrement inciter une partie des nouveaux clients à la choisir.











