Pomme d'avis, c'est la rubrique « édito » de MacGeneration dans laquelle les membres de la rédaction partagent leur point de vue sur un sujet d'actualité. Alors qu'OpenAI se disperse, Anthropic trace sa route et cela lui réussit. Claude connaît son heure de gloire, au point de donner envie à Nicolas de tenter l’expérience. Mais tourner le dos à ChatGPT, est-ce si évident ?
Comme beaucoup j’imagine, j’ai découvert les intelligences artificielles génératives par le biais de ChatGPT. Le chatbot d’OpenAI a été le premier à démocratiser le principe et c’est avec lui que j’ai expérimenté les grands modèles de langage qui ont bousculé le monde en quelques mois. J’appréciais son app soignée sur le Mac, sa mémoire me semblait indispensable pour exploiter pleinement la technologie et mes essais des solutions concurrentes ont toujours été de courte durée. Plus récemment toutefois, c’est bien Claude d’Anthropic qui a vraiment la cote, au point de titiller ma curiosité.
La gestion assez calamiteuse des polémiques (publicité, utilisation militaire…) entourant ChatGPT courant février ainsi que des améliorations sur la mémoire de Claude m’ont enfin poussé à tester sérieusement la solution d’Anthropic. J’ai souscrit à la formule Pro facturée 21,6 € TTC mensuellement et alors que ce premier mois est sur le point de se terminer, j’ai maintenant une bien meilleure idée des points forts du service, mais aussi de ses faiblesses. L’heure du bilan est venue.
Transition vers Claude et premiers pas compliqués
Claude n’a longtemps eu aucune mémoire, c’était une des différences les plus marquées par rapport à ChatGPT et c’est ce qui m’empêchait de le considérer comme une véritable alternative. En la matière, il y a clairement deux écoles entre ceux qui refusent toute mémorisation de la part du chatbot et ceux qui ne considèrent pas son usage sans. Pour faire simple, la mémoire est une collection d’informations sur l’utilisateur et ses besoins. Son intérêt pour moi est de grandement accélérer l’utilisation du modèle : je peux poser une question sur la domotique et la réponse sera directement liée à Home Assistant, par exemple.
Claude a longtemps fonctionné sans cette mémoire, qui oblige à répéter le contexte à chaque requête. Ce défaut, à mes yeux, a été comblé à l’automne dernier, d’abord pour les utilisateurs en entreprise, puis ceux qui payaient un abonnement, avant une ouverture à tout le monde au début du mois de mars. Sur ce point, Anthropic est maintenant à égalité avec ChatGPT, avec une base de données qui peut être remplie à la main par l’utilisateur ou constituée automatiquement à partir des anciens échanges.
Claude rend sa mémoire gratuite pour récupérer les utilisateurs de ChatGPT
Même si le fonctionnement est subtilement différent, le concept général est similaire et d’après ce que j’ai pu constater, les deux services sont très proches sur ce point. Anthropic a eu la bonne idée de prévoir un outil d’import des données personnelles depuis n’importe quel autre concurrent. La transition a ainsi été aussi simple que je pouvais l’espérer et j’ai récupéré une mémoire tout aussi complète dans Claude.
De quoi basculer sans aucun problème d’un outil à l’autre ? Oui et non : même si les grands modèles de langage sont très proches et même si les chatbots se ressemblent tous, j’ai vite découvert de nombreuses subtilités entre les deux options. J’avais pris l’habitude de ChatGPT et de son fonctionnement, si bien que certaines fonctionnalités en moins m’ont beaucoup gêné au début. Par exemple, l’app pour macOS d’OpenAI peut accéder au contenu de l’éditeur de code VS Code ou encore du terminal iTerm2, deux apps que j’utilise couramment. Ce lien direct m’a bien aidé à plusieurs reprises, pour corriger rapidement un fichier ou alors pour récupérer les journaux (logs) d’un processus dans le terminal et trouver une solution face à un bug.











