Les conséquences de la RAMpocalypse sont bien réelles sur le prix de la mémoire vive ou des SSD, c'est une évidence, mais elle a aussi un impact assez direct sur le prix des ordinateurs complets. Et dans le monde des PC d'entrée de gamme, où le prix est souvent le principal critère, les fabricants commencent à rogner très largement sur les deux composants les plus touchés : la RAM et la mémoire flash.

Soyons clairs : les PC dotés de 4 Go de RAM et de 128 Go de stockage n'avaient pas totalement disparu des étals ces dernières années. Mais ils avaient tout de même un avantage : ils étaient vendus à très bas prix, parfois moins de 200 € pendant les promotions. Avec la RAMpocalypse, ils sont remis en avant par les revendeurs… et à des prix nettement moins intéressants.
4 Go, c'est vraiment peu
Nous le répétons depuis des années, 8 Go de RAM est déjà une quantité de mémoire vive assez faible, surtout en 2026. Les navigateurs (et les sites) demandent de plus en plus de mémoire, la partie graphique récupère une partie de celle-ci et les utilisateurs s'habituent assez vite à ouvrir quelques onglets en parallèle d'applications (musique, traitement de texte, etc.).
Si Windows 11 peut se contenter de 4 Go de RAM — c'est la valeur minimale —, c'est tout de même extrêmement limitant pour de nombreuses tâches et (surtout) la solution la plus classique qui était recommandée il y a encore quelques mois n'est plus envisageable. Ces dernières années, il était assez facile de se procurer une barrette de DDR4 en SO-DIMM pour pallier ce défaut (pour moins cher qu'un menu dans un fast food1), mais ce n'est plus le cas actuellement.

Il suffit d'aller sur Amazon pour comprendre le problème : un PC portable basique de chez Acer (écran de 15 pouces, processeur Celeron, 4 Go de RAM et 128 Go de stockage) est actuellement mis en avant pour 250 € et il a été proposé à 188 € lors de promotions. Un modèle Lenovo avec une configuration identique est à 230 €, tout comme un modèle Asus, affiché à 300 €2. Ce sont clairement des PC à éviter, sauf si vous avez des barrettes de mémoire dans un tiroir.
Dans tous les cas, ce sont des PC qui sont très limités pour de nombreux usages (même basiques), plus onéreux que ces dernières années, et sans possibilités réelles d'évolutions à cause des prix actuels (en entrée de gamme, les SSD sont souvent soudés, et en eMMC, c'est-à-dire en schématisant une carte SD). Même un MacBook Neo, qui peut sembler un peu limité avec ses 8 Go de RAM et ses 256 Go de stockage, est un monstre de puissance (et de confort) face à des ordinateurs de ce type.
Le problème principal, c'est que les fabricants n'ont tout simplement pas le choix. Il y a un marché réel pour les PC aux alentours de 300 € et les prix actuels ne permettent pas de les équiper décemment. En 2026, une configuration d'entrée de gamme ne devrait pas descendre sous 8 Go de RAM et 256 Go de stockage (ni reprendre de vieux processeurs de la famille N100 d'Intel, d'ailleurs). Mais les différents fabricants ne peuvent tout simplement pas proposer cet équipement et n'ont donc qu'un seul choix : vendre des ordinateurs limités et lents… ou ne rien vendre. Et pour le moment, ils ont choisi la première voie.












