Qui Libra verra

Mickaël Bazoge |

La confusion règne autour de la Libra, le projet de cryptomonnaie annoncé par Facebook en juin 2019 et qui n’a cessé de rencontrer des obstacles depuis. Les défections de plusieurs gros calibres des secteurs de la finance, du paiement et du commerce en ligne (Visa et MasterCard, PayPal et Stripe, eBay et Booking...) n’avaient pas refroidi les ardeurs du réseau social : l’association Libra est officiellement née en octobre dernier (lire : Libra, Libra pas ?).

Mais au delà de la frilosité des ex-partenaires de Facebook dans cette aventure, la Libra est tombée sur un os réglementaire. La toute-puissance du réseau social inquiète les États, qui voient d’un œil mauvais la création d’une nouvelle monnaie virtuelle sur laquelle ils n’auraient aucune prise. La Libra a en effet les reins suffisamment solides pour supplanter les devises nationales centralisées.

C’est pourquoi Facebook et ses partenaires envisageraient de réduire la voilure du projet, selon plusieurs rapports à prendre avec précaution car plusieurs se contredisent. Malgré tout, il semble à peu près certain que l’initiative s’apprête à mettre de l’eau dans son vin. Selon Bloomberg, le projet s’orienterait vers un service de paiement acceptant des devises traditionnelles comme le dollar et l’euro. On est loin de l’ambition de départ qui visait à créer une monnaie globale et décentralisée.

The Information, qui le premier a dévoilé les remous qui secouent la Libra, a même évoqué un abandon de la cryptomonnaie. Le site s’est fait reprendre par Facebook : le concept originel de la Libra et de son portefeuille numérique est toujours supporté, mais le réseau social mettra l’accent sur la prise en charge des devises centralisées. Même son de cloche auprès d’ArsTechnica : Facebook et l’association Libra restent fermement engagés dans le projet.

L’objectif de la Libra est de permettre à quiconque, en particulier les quelque 1,7 milliard de personnes sur Terre qui n’ont pas de compte bancaire, de réaliser des transactions financières et d’envoyer de l’argent à peu de frais et très facilement. La cryptomonnaie s’appuie sur une blockchain qui sécurise les opérations. L’association Libra est chargée de l’émission et de la destruction des « pièces ». Enfin, Calibra développe un portefeuille numérique pour acheter et dépenser les unités Libra.

Le portefeuille numérique de Calibra. Image : Facebook.

Le lancement de la Libra est prévu pour cette année, mais un retard n’est pas à écarter.


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avatar tahitibobx987 | 

Défection et gros calibre bien employé je trouve 🤣🤣

avatar apaisant | 

Je me languis. J'aime l'argent.

avatar Castio | 

Fillon, sors de ce corps.

avatar apaisant | 

@Castio

Pour toi, l'incarnation de quelqu'un qui aime l'argent c'est François Fillon ?

avatar Castio | 

Il n'a pas déposé de brevet, donc il a beaucoup de concurrence.

avatar Emile Courrier | 

Une monnaie gérée par une entreprise privée, est-ce souhaitable ? Rien n’est moins sûr... ...Surtout quand l’entreprise s’appelle Facebook. Quand on s’assied aussi allègrement sur les règles, comment être certain qu’on ne va pas jouer à l’apprenti sorcier, ou à tout le moins se servir de cette monnaie comme d’un levier pour contourner les lois et les États...?

avatar Pyr0h | 

Quand on dit 1,7 milliards de personnes n’ayant pas de compte bancaire on parle bien des personnes juridiquement capable et majeures selon les lois de leur pays de résidence ?

avatar DG33 | 

@Pyr0h

Et ayant un accès à internet ?

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