Lorsque Steve Jobs alla expliquer NeXT à des utilisateurs Unix « qui n'y pigeaient rien »

Florian Innocente |

En 1991, Steve Jobs, alors patron de NeXT, fut l'invité aussi exceptionnel qu'inattendu de la conférence Unix Expo, dont il assura le keynote d'ouverture. Une présence qui n'était pas gagnée d'avance, raconte aujourd'hui Chris MacAskill.

Celui-ci fut responsable des relations développeurs chez NeXT entre 1991 et 1993 (plus tard il a cofondé SmugMug, qui s'est porté récemment acquéreur de Flickr).

Steve Jobs à Unix Expo, 1991. Via allaboutstevejobs.com

Géophysicien de formation et fraîchement arrivé chez NeXT, Chris MacAskill suggéra à Steve Jobs, avec une certaine appréhension, d'assurer le keynote de cet événement new-yorkais. Il se fit envoyer paître : « C'est INSENSÉ ! C'est un salon pour les Unix weenies1. Ils n'y pigent rien. Ça me couterait 25 000 $ pour que j'aille là-bas avec un bureau et un ordinateur. Non ! »

Un échange très sonore qui fit les délices des collègues de MacAskill, habitués aux emportements de leur patron. Ils lui expliquèrent que Jobs mettait un point d'honneur à effectuer ses démos avec un bureau bien particulier, car du même noir que les stations NeXT. Quant à sa diatribe sur ces utilisateurs Unix, elle s'expliquait par l'incompréhension qui existait entre NeXT et cette communauté qui abhorrait l'idée qu'on veuille plaquer une interface graphique sur Unix. Une manière, selon ces puristes, d'infantiliser leur système et de le conduire à sa perte, avec Jobs à la manœuvre.

L'organisateur de la manifestion parvint néanmoins à convaincre Chris MacAskill que le public ne serait pas hostile à Jobs. Qu'au contraire il y aurait des milliers de ses fans — il avança le chiffre de 4 000 personnes — prêts à faire la queue pour venir le voir. Armé de cet argument, MacAskill sentit que Jobs commençait à rétropédaler face à son refus initial.

Il lui fallait maintenant mettre au point une liste de logiciels à montrer, qui puisse marquer les esprits sur les possibilités de la plateforme NeXT :

Détail amusant, au CERN, un type nommé Tim Berners-Lee avait développé sur des machines NeXT quelque chose qu'il appelait le WorldWideWeb. J'essayais de voir en quoi ça pouvait être intéressant. C'était un peu comme Microsoft Word, sauf que certaines phrases étaient bleues et soulignées et si vous cliquiez, vous obteniez un nouveau document qui arrivait d'un autre ordinateur.

La première fois qu'il le vit, Steve demanda avec insistance : "Est-ce que c'est cool ?" Je crois que c'était sa manière de dire qu'il ne comprenait pas trop à quoi ça pouvait servir. Je lui répondit que je n'en étais pas sûr (lire aussi Steve Jobs : Tim Berners-Lee et la démo de WorldWideWeb.app).

Plutôt qu'une démo de Photoshop, Jobs avait envie de montrer Improv, un tableur assez novateur en train d'être développé par Lotus. Seulement, l'éditeur préférait achever son logiciel avant de trop en faire la publicité.

Pour cette prestation, Jobs se fit livrer un costume de son tailleur fétiche à Florence en Italie (à l'époque le costume était de rigueur dans les démos de NeXT, pour donner un aspect sérieux à une startup qui visait une clientèle dans l'éducation et les grandes entreprises) et quelques 300 chemises blanches. Jobs ne voulait toujours en porter qu'une neuve à chaque fois.

Lotus Improv

Sur la scène de Unix Expo, Jobs voulait que ce fameux bureau soit orienté de 28° par rapport au public — le même angle que celui formé par le logo NeXT — et que l'écran et le clavier soient tournés de 28° aussi comparé au bureau. Dernière touche, un vase contenant une rose rouge devait être placé à droite de la souris :

Je crois que pour Steve c'était une performance artistique. Son bureau était au milieu de la scène et il serait éclairé par un projecteur comme s'il allait jouer du piano.

Crédit : Computer History Museum

La salle s'apprêtait à se remplir entièrement et Chris MacAskill s'assurera à nouveau auprès de Jobs qu'il ne ferait pas de démo d'Improv : « Lotus n'aimerait pas ça ». Ce qui eut pour effet d'agacer Jobs qui lança à son employé : « Eh bien tu fais la démo », et il le laissa en plan. Les gens commençaient à entrer, MacAskill, fébrile et nauséeux, réalisa qu'il allait devoir remplacer Jobs au pied levé et annoncer la mauvaise nouvelle à 4 000 personnes.

Au dernier moment, Jobs arriva sur scène et fit son grand numéro de charme : « Au bout de 30 minutes, il m'adressa ce sourire en coin qui nous manque tellement à tous, il regarda la foule et lança : "Qui veut voir le tableur le plus révolutionnaire jamais conçu ?". 4 000 mains se levèrent immédiatement. Steve me regarda à nouveau, avec un grand sourire. »


  1. Selon la définition de Linux-France : « Quelqu'un qui passe son temps à insulter les autres, sur un réseau. Le weenie est particulièrement détestable car, tout en ne faisant rien de lui-même, il va chercher la petite bête dans le travail des autres. » ↩︎


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avatar tchek | 

Excellent article qui encore une fois démontre la personnalité de Jobs le visionnaire

avatar melaure | 

Oui merci pour ce moment d'histoire (passionnante).

On est bien loin de tout ça avec Mr "Fric" Cook ...

avatar Malouin | 

Et voilà... ça manquait le traditionnel "c'était mieux avant".
Il s'agit de deux personnes différentes qu'il me parait vain de comparer. Et n'oublions que Tim a été recruté par Steve Jobs.
De plus, reconnaissons les talents de l'élève pour avoir fait d'Apple la première capitalisation boursière...

avatar melaure | 

Tim était bien comme responsable de la trésorerie SOUS le contrôle de Jobs. A la tête de la pomme c'est culture fric uniquement ... Donc oui c'était bien mieux sous Steve, et ça aurait pu le rester si on avait choisi d'autres gens à la tête de la pomme. Je pense qu'Apple peut être dirigé par quelqu'un d'autre que l'oncle Picsou et à la fois gagner de l'argent et faire des produits qui sont moins pur rentabilité pour les actionnaires et un peu plus dans l'intérêt du client (des machines avec une vraie durée de vie et modifiables) ...

On dirait que tu fais parti des simplistes qui pensent que dès que c'est plus récent c'est forcément mieux. Hé bien désolé mais dans un monde de camelotte ça ne marche plus. Regarde par exemple Facom, des outils increvable avant. Maintenant c'est de l'acier chinois ...

Donc faut vraiment être un bouffeur de daubasse pour ne pas comprendre que parfois c'était vraiment mieux avant, et qu'on est simplement devenu de gros volatiles à plumer pour ces industriels ... qui en profitent à fond !

avatar Malouin | 

... Hop ! Le syndrome du mec qui a raison et qui t'explique que t'es tout juste un con parce que que tu ne penses pas comme lui.

avatar RolandJDXI | 

Il a pas tort tu sais.

C'est comme le syndrome du mec qui pense pas comme les autres et qui t'explique que t'as rien compris et qui te donne des leçons !

L'innovation n'a du bon que si elle apporte un VRAI plus, sinon ce n'est que de la pompe à fric, et malheureusement c'est notre quotidien.

avatar Malouin | 

Ben oui... Tout ça est question de point de vue. Je suis chez Apple depuis 2007 et hyper comptant de cette marque. Même si, du temps de Steve, j’ai aussi eu quelques grosses déconvenues techniques (je me souviens avoir perdu tous mes calendriers avec une migration mobile me qui ne fonctionnait pas !) Et j’adoooooore mon iPhone X qui marque une vraie rupture. Pour rappel, « pas d’iPhone dont le pouce ne peut parcourir tout l’écran »... le mantras de Steve !

avatar Dimemas | 

On note aussi un grand manque de personnalité de ta part contrairement aux 2 autres personnes qui ont pu intervenir avant toi et qui ont parfaitement raison.

Si tu es aussi "comptant" comme tu le sous-entends, Apple et Timmy peuvent dormir sur les 2 oreilles tranquillement. Tes interventions font frémir, tellement elles montrent ton niveau de médiocrité (rien qu'en te lisant d'ailleurs...)

En tout cas, superbe avis plein de mauvaise foi ou d'amnésie va savoir.
(Surtout concernant l'iphone puisque la version plus ne répond pas au mantras de Steve...)

avatar Malouin | 

Ououahhhh ! Trop bien ! Ok, mon clavier a fourché et, du coup, il n'est pas "content" le monsieur !
Pour moi, c'est votre discours qui me fait "frémir" !... Sous prétexte de ne pas se ranger du côté des Ayatollah et autres gardiens du temps, me voilà affublé "d'un grand manque de personnalité" avec des interventions qui font "frémir" au niveau de ma "médiocrité"...
Le monde change. Tout comme les iPhone qui ont su s'adapter (pour mémoire, le dernier device à correspondre aux mantras de Steve est le 5s ! Même pas le 6... ça date !). On peut aimer les dinosaures... de la part d'un médiocre sans personnalité !

avatar MiniMac | 

4000 personnes au départ
40 000 mains qui se lèvent
Trop fort Steve …!!!

avatar Stpaul | 

@MiniMac
c'est pour ça que c'est notre Dieu ;)

avatar tchek | 

Et encore c’était juste un tour de chauffe. ???

avatar smog | 

Bravo pour ce billet. J'adore, et évidemment aujourd'hui ça a une saveur toute particulière (surtout le WWW !)
Et les copies d'écran de Next, ça me rappelle de sacrés souvenirs !

avatar f3nr1l | 

"[...]cette communauté qui abhorrait l'idée qu'on veuille plaquer une interface graphique sur Unix.[...]"

dafuk?

https://fr.wikipedia.org/wiki/X_Window_System
https://en.wikipedia.org/wiki/Motif_(software)
https://en.wikipedia.org/wiki/Comparison_of_X_window_managers

avatar YAZombie | 

Moi je l'ai compris dans le sens de "tout-en-un" vs les window managers qui sont des applis, plug-ins, modules, etc. à installer à part

avatar Wolf | 

@f3nr1l Question d'époque

avatar oomu | 

CDE. 1993 https://fr.wikipedia.org/wiki/Common_Desktop_Environment

C’était déjà un bureau complet, défini par un délicieux consortium d’employés de HP, IBM, Novel et Sun.

Comme vous pouviez vous en douter, il était aussi agréable qu’un comité industriel.

J’ai étudié entre autre sous CDE (hp-ux).

Sun devant la fierté de son propre travail l’abandonna progressivement pour en arriver à Gnome.

CDE est disponible pour Linux et a été maintenu encore récemment. Bon désespoir.

-
Irix de SGI était un unix avec déjà un « bureau graphique »

Comme cde:

un lanceur d’applications
un gestionnaire de fichiers
des utilitaires
etc.

-
donc non, il y avait déjà autre chose que de simples « gestionnaire de fenêtres ».

Mais rien n’était comparable, à l’époque à NeXTstep.

Rien dans le monde Unix
Encore moins dans le monde Dos / Windows (hAHHAHAHA...)
Ni Presentation Manager d’ibm/microsoft
ni même le Mac.

A l’époque.

avatar melaure | 

Tout à fait, dans mon école nous avions des stations Apollo et des Next. Même si j'ai adoré les Apollo (c'était aussi du 68020/30/40 ...), l'interface était loin de celle de Next.

Pour le plaisir je me suis aussi offert une SGI O2 ;)

avatar Danny Wilde | 

NexT : toute une aventure : celle qui m’a permis de découvrir SJ.

Merci Florian ?

avatar umrk | 

Tout Steve est là : vision, confiance en lui, charmeur, maniaque pour les détails de sa présentation (mais en même temps capable d'improvisation au pied levé), chauffeur de salle … impulsif et susceptible, aussi, mais capable de revenir sur un premier jugement hâtif, ou mouvement d'humeur …. Showman d'exception ... mais pas seulement .... (s'il suffisait d'être un bon showman pour vendre ses produits, cela se saurait ...)

avatar en ballade | 

Qui veut voir le tableur le plus révolutionnaire jamais conçu ?

L’histoire ne lui a pas donné raison.

avatar BeePotato | 

@ en ballade : « L’histoire ne lui a pas donné raison. »

Ben si, pourtant.
C'est juste que toute révolution ne rencontre pas forcément un grand succès.

avatar en ballade | 

@BeePotato

"Ben si, pourtant."

??tu l’avais essayé ce tableur? Ou tu croyais tout ce que disait Stevie?

avatar BeePotato | 

@ en ballade : « ??tu l’avais essayé ce tableur? »

Oui.

« Ou tu croyais tout ce que disait Stevie? »

Non.

avatar iDanny | 

Pas super écolo le coup du costume neuf à chaque fois, par contre ?

avatar Interlude | 

De sa bonté, l'on retiendra qu'il donnait du travail aux petites mains de Chine.

avatar oomu | 

« Lorsque Steve Jobs alla expliquer NeXT à des utilisateurs Unix « qui n'y pigeaient rien » »

ça fait partie des fantasmes de l’ami Steve.

Je me rappelle très bien (et j’ai encore conservé des articles dans un classeur... oui oui) de l’accueil dithyrambique de la presse pour NeXTstep et d’enfin avoir une interface utilisation (et MATIN QUELLE Interface !!!).

Bien sur, peu croyait au succès de NeXT : c’était hors de prix, et Microsoft commençait à imposer Windows 3 comme source principale de milliers d’applications Windows plus tout ce qui était hérité de DOS.

-
ce qui marqua les esprits à l’époque:

- L’UI. Superbe.
- L’intégration des services réseaux (nfs, smtp, imap, ethernet, impression réseau, etc)
- le radicalisme de l’environnement de développement Orienté Objet (l’ancêtre de Cocoa/Uikit)
- les outils de développement dont le fameux Interface Builder (l’ancêtre de Xcode, le précurseur de visual basic)
- Unix en dessous. (un BSD)
- L’orientation client/serveur, code réutilisable, et tout le bazar de l’époque.

-
Improv était le tableur le plus révolutionnaire de l’époque (et par certains aspect, il fait des trucs que ne font toujours pas libreoffice ou excel)

Mais il avait le mauvais goût d’être développé par Pas-Microsoft.

Pas-Microsoft était déjà en début de déroute face à Office de Microsoft.

Pas-Microsoft rapidement céda l’ensemble du marché du logiciel de bureau d’entreprise à Microsoft.

Pas-Microsoft était constitué de en gros tout le reste de la planète n’étant Pas Microsoft: Lotus, Corel, Norton, VisiCalc, StarOffice, etc. Même si ces logiciels pour certains sont encore vivants, OpenOffice restant le plus gros des minuscules, la domination d’Excel est quasi-totale.

Donc oui, Improv n’a pas réussi.

Mais personne n’aurait pu gagner contre Microsoft et la synergie de Dos+Windows+Le soutien d’IBM pour promouvoir indirectement Windows et Microsoft via OS/2.

avatar rikki finefleur | 

Lotus Office est mort de lui même
Corel est mort de lui même.

Bref des sociétés qui n'ont pas su évoluer, alors qu'elles avaient une belle avance.
Cela n'a rien avoir avec le grand Méchant MS. Juste que MS était plus plaisant du coup les gens l'ont adopté.

Pourquoi ce choix ? car en plus MS fournissait un support continu et durable ce qui fut la réalité

Quand aux stations SUN et cie, c’était juste une rigolade au niveau du prix, et leur système hardware fermé et propriétaire.
La aussi ils avaient de l'avance , mais manifestement ils ont préféré l'appat du gain à court terme et être élitiste, plutôt qu'une vision à long terme/. Ils sont morts et on va pas regretter leur système proprio et donc moisi de fait.

Si ces sociétés avait eu la main sur le marché, la micro informatique Grand Public aurait pris 10 à 15 ans dans les dents. Mais on sait bien que les sus nommés auto-élites n'aiment pas la démocratisation qui rongent des pré-carrés.

avatar mimot13 | 

@riki finefleur :
Tout ça est effectivement arrivé mais ton explication elle frise un peu (beaucoup) "le raccourci" quand même. En fait les choses sont un peu plus compliquées et plus complexes que tu le dis. Les marchés UNIX, PC MS, Nextstep etc.. n'avaient pas les mêmes contraintes ni les mêmes visions/objectifs. Ils évoluent bien sûr et personne ne peut garantir qu'Apple sera encore là, dans les domaines où la société oeuvre aujourd'hui, dans 15 ou 20 ans. Peut-être que oui (c'est probable) mais peut-être que non..? Le discours qui boites qui vont durer jusqu'à la fin des temps, on l'a entendu 100 fois. Elles ont toutes disparues entretemps.
Par contre c'est vrai que des SJ, personnage exceptionnel, visionnaire et persévérant, il y en a un par siècle.. avec de la chance !
NB : SUN et son OS proprio : MacOS n'est pas proprio ?

avatar oomu | 

"Selon la définition de Linux-France : « Quelqu'un qui passe son temps à insulter les autres, sur un réseau. Le weenie est particulièrement détestable car, tout en ne faisant rien de lui-même, il va chercher la petite bête dans le travail des autres. » «

Vous auriez quand même pu ne pas être des feignaaAAAAAasses en évitant de copier des bouts de sites des autres. Fallait mettre seulement un lien et lui payer un droit d'hyperlien. Vous ne respectez pas la propriété intellectuelle des autres, bandes de pirates. Je retourne glander devant Tux Racer.

(ce commentaire est évidemment de l’ultra-second degré)

avatar umrk | 

@oomu : en fait l'équivalent français de "weenie" est encore beaucoup plus péjoratif que ça .... tellement que je ne le donne pas, par décence .....

avatar oomu | 

J’aurais vendu mon âme pour que toute l’informatique moderne, grand public et entreprise soit basée sur NeXTstep plutôt que Windows, mais le diable m’avait répondu « trop irréaliste ! » .

Quand Apple fusionna avec NeXT, je vis cela comme « Un Nouvel Espoir ».

c’est très exactement et sans aucune nuance, le seul fait que Steve Jobs amenait NeXTstep à Apple qui me fit m’intéresser sérieusement à Apple à l’époque.

avatar occam | 

@oomu

Vos souvenirs ont déclenché un trigger-mémoire chez moi au sujet de Mathematica sur NeXT.
Le rêve absolu à l’époque.

Et pour ceux qui n’ont pas connu cet âge, voici Stephen Wolfram et Theo Gray évoquant les débuts de Mathematica sur Mac et NeXT, et les raisons qui ont fait que longtemps, ils ont préféré ces plateformes face à Windows.

https://soundcloud.com/stephenwolfram/30-years-in-the-making-2

avatar umrk | 

Et personne pour souligner le rôle clé du français (et Normalien) Jean-Marie Hullot dans Interface Builder ! Lamentable ! il faut que je m'occupe de tout, sur ce site !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marie_Hullot

https://www.youtube.com/watch?v=LLAWk-w0l-k

(cette vidéo est longue, mais passionnante, et très savoureuse, avec des anecdotes peu connues ....). Les travaux préliminaires au développement de l'iPhone se sont déroulés à Paris (sur les Champs Elysées !....) dans le plus grand secret sous sa direction, eh oui ! (non , la Californie n'est pas le seul endroit au monde où l'on fait de la R&D ... et Steve savait trouver les talents là où ils se trouvent (c'est d'ailleurs peut être son plus grand mérite ...))

Jean-Marie Hullot avait ensuite crée le site de partage de photos Fotopedia, qui était vraiment génial, mais hélas il ne s'est jamais résolu à le financer par de la pub, et il a donc du l'arrêter ... c'est très dommage

avatar pecos | 

Intéressant, effectivement.

Ce qui est dingue avec interface builder (remarquable produit s'il en fut), c'est qu'il a progressivement été amélioré, peaufiné, jusqu'à vivre son âge d'or avec XCode 3.X et l'arrivée d'iOS.
Là ça roxait...
Trop facile à l'époque de se lancer dans le dev iOS avec ce génial programme standalone, dialoguant brillamment avec un XCode pas encore encombré d'une épaisse couche de scories et d'un compilateur neurasthénique.

Hélas, avec la mode stupide du "tout dans la même fenêtre", à partir d'XCode 4 ce fut la dégringolade, jusqu'à en faire aujourd'hui un outil quasiment inutilisable, tant par sa lourdeur et sa lenteur, que par son UI improbable.
Lle mode mono fenêtre interdit en effet un glissé-déplacé facile entre deux apps différentes ouvertes en même temps.
A moins d'avoir un écran d'1 km de long.
À l'époque, c'était trop facile : quelques fenêtres de UIViews ouvertes en même temps, et les éléments passaient gentiment d'une app à l'autre sans autre forme de procès.

Bref, c'est devenu tellement lourdaud, sans compter les fonction évaporées comme l'affichage direct en retina, qu'à un moment j'ai fini par jeter aux orties tous mes fichiers XIB et par faire toute l'interface directement dans le code.

Finalement, là ça va, et XCode est encore utilisable.
Encore heureux, finalement ça n'est à la base qu'un éditeur de texte.

avatar BeePotato | 

@ pecos : « Lle mode mono fenêtre interdit en effet un glissé-déplacé facile entre deux apps différentes ouvertes en même temps.
A moins d'avoir un écran d'1 km de long.
À l'époque, c'était trop facile : quelques fenêtres de UIViews ouvertes en même temps, et les éléments passaient gentiment d'une app à l'autre sans autre forme de procès. »

Je ne suis pas fan non plus du mode mono-fenêtre, qui donne bien trop l’impression de se retrouver sous Windows (encore un peu et on se frappe du MDI :-) ).
Cependant, ce mode ne s’oppose pas du tout au glisser-déposer : comme toujours sur Mac, on n’a besoin d’apercevoir qu’un petit bout de la fenêtre de destination pour aller y déposer ce qu’on veut. Ou, si on préfère, on peut aussi utiliser Exposé pour viser la fenêtre de destination. Dans les deux cas, il n’y a aucun besoin d’avoir les deux fenêtres pleinement visibles côte à côte.

D’autre part, Xcode permet tout de même, si on veut, de travailler avec plusieurs petites fenêtres. Une configuration que j’utilise fréquemment est d’ouvrir un ou plusieurs XIB dans des fenêtres séparées, en gardant la grande fenêtre pour l’accès au code. Aucune difficulté, dans ce cas, pour faire du glisser-déposer de tous les côtés.

En arriver à la conclusion qu’il est préférable d’oublier Interface Builder et de créer toute l’interface par code, c’est vraiment excessif et sans vraie justification.

avatar Eurylaime | 

Improv était un logiciel absolument remarquable, un véritable nouvel outil.

avatar ZANTAR2054 | 

J’adore le mot « weenie » et au bureau, j’en connais un très chiant!

avatar rikki finefleur | 

On peut dire que l'un a survécu , et pas l'autre.

avatar Interlude | 

Heureusement que ce type est mort !
Sa communauté de fanatique se fait vieille, elle ne devrait pas tarder à le rejoindre.

avatar inoclim | 

Je suis jeune mais heureusement que ce type a existe pour que tu puisses faire ta nabila et te plaindre avec tout ce que tu possèdes. C'est comme se plaindre des gens qui ont fait la guerre pour toi parce que c'est trop vieux sans te rendre compte que c'est grace à eux que tu es libre que tu as des droits, et n'es pas un esclave.
C'est honteux de se plaindre de ses ainés.

avatar Interlude | 

" Sa communauté de fanatique " n'avait rien d’exagéré.
La semaine prochaine s.jobs à sauvé la planète et était en fait le père de l'humanité.

avatar byte_order | 

@inoclim
> C'est comme se plaindre des gens qui ont fait la guerre pour toi parce que
> c'est trop vieux sans te rendre compte que c'est grace à eux que tu es libre
> que tu as des droits, et n'es pas un esclave.

J'imagine Martin Lutherking et les confédérés qui sont morts précisément pour ça, comment ils doivent être fier d'être comparé à... Steve Jobs.
Nan, mais vraiment, hein. Le sacrifice (?) de Steve Jobs est clairement comparable, pas de doute.

> C'est honteux de se plaindre de ses ainés.

Vous savez que nos ainés ne sont pas tous des saints, qu'ils n'ont pas tous fait que du bien.
Il suffit par exemple de constater l'état de la planète qu'ils nous transmettent pour l'observer.
Le panneau "merci de laisser cet endroit comme vous l'avez trouvé en entrant", ils l'ont pas tous vu, nos ainés.
Loin de là.

Par contre, posséder plus de choses, consommer, ça, beaucoup d'entre eux ont adorés le faire, et continue de le faire façon après-moi-le-déluge.

Le respect ne se décrète pas. Il se mérite ou pas.
Jobs en mérite une part, mais sûrement pas celle d'avoir particulièrement œuvrer pour la liberté d'expression ou les droits universels.

Merci de respecter une peu de décence sur la taille du piédestal que vous lui accordez, sous peine de salir la mémoire d'autres personnes - dont une large majorité d'anonymes - dont les sacrifices sont légèrement d'une autre échelle.

avatar Finouche | 

Moi je me souviendrai toujours d'Apple Expo 1992 et d'une démo d'Illustrator en couleur sur le cube Next et de la beauté presque intimidante de cette machine.
C'était sauf erreur la première fois que l'on pouvait tracer à la plume avec un rafraîchissement du tracé en temps réel (sur Mac il fallait lâcher le clic pour que le rafraîchissement se fasse).
A l'époque c'était magique.

avatar Polyme | 

Ça montre surtout que c’était un maniaco-dépressif...

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