Dans le monde de la gravure, TSMC, une société taïwanaise, est le champion incontesté depuis quelques années maintenant. À chaque évolution, TSMC prend le pas sur ses rivaux (Samsung en tête) et offre les solutions les plus innovantes. Et depuis quelques années, le principal client de TSMC était Apple. En se fournissant (quasi) exclusivement chez TSMC sur des puces à forte valeur ajoutée, Apple avait réussi à devenir un client privilégié, qui avait accès aux nouvelles technologies un peu avant les autres. Mais ça, c'était avant (ou presque).

De nombreuses rumeurs le prédisaient et c'est visiblement en train d'arriver, Nvidia passerait en effet devant Apple dans le cœur de TSMC, où l'argent est évidemment le moteur principal. Et la raison est simple : grâce à la bulle de l'IA, la demande sur les puces qui permettent d'animer les serveurs dans les centres de données est (très) élevée. Et comme les puces en question génèrent une marge qui est elle aussi élevée, Nvidia peut se permettre de commander en masse des composants à TSMC.
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Selon plusieurs sources — et notamment son CEO, Jensen Huang —, le principal client de TSMC serait donc Nvidia, selon CNBC. La marque achèterait pour 33 milliards de dollars de puces à TSMC cette année, contre « seulement » 27 milliards pour Apple. Si TSMC ne donne pas de détails sur ses nombreux clients (plus de 500), les dix plus gros clients génèrent 76 % des revenus, et le plus gros — jusqu'à maintenant Apple, donc — montait à 22 %. Dans les dix gros clients, on retrouve probablement AMD, Broadcom, Qualcomm et peut-être même Intel, qui grave ses GPU et une partie de ses CPU dans les usines de TSMC.
Une comparaison difficile
Si Nvidia devient le principal client de TSMC, il faut bien comprendre une chose : la comparaison avec Apple est un peu difficile. Dans le cas d'Apple, l'essentiel de la production se compose de puces de taille moyenne (les puces A des iPhone et les puces M des Mac et iPad), avec une surface de l'ordre de 100 à 150 mm2 par puce. Du côté de Nvidia, les puces employées dans les cartes dédiées aux serveurs qui animent et entraînent les IA ont une surface de l'ordre de 800 mm2, qui s'approche de la limite des machines dédiée à la gravure (les valeurs exactes dépendent des générations). Et le fait de produire des puces de grande taille avec une marge et un prix élevé (plusieurs dizaines de milliers de dollars par carte) permet à la société de prendre l'ascendant chez le fondeur : la rentabilité est meilleure pour TSMC.

C'est la raison pour laquelle Nvidia passe devant Apple : quand la société se contentait de produire des GPU pour des cartes graphiques, l'équation économique ne permettait pas de devenir un client totalement privilégié. En effet, les GPU sont des puces assez grandes physiquement, avec des marges parfois assez faibles, contrairement aux composants professionnels. C'est très visible sur les dernières générations de puces : les GeForceRTX 3000 étaient gravées par Samsung, et les RTX 4000 et 5000 sont gravées par TSMC avec des technologies un peu plus anciennes que pour les iPhone (du 4 nm).
Dans la pratique, des rumeurs indiquent qu'Apple pourrait aller graver une partie de ses puces chez la concurrence, ce qui ne serait pas une nouveauté dans l'absolu. Même si c'est assez ancien, Apple a pendant un temps gravé certains systèmes sur puce chez Samsung, parfois en combinant deux fondeurs pour la même puce (comme avec l'A9). Par contre, le nouveau fournisseur d'Apple serait inédit : il pourrait s'agir d'Intel.
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