Comme prévu, lors du CES 2026, Apple a annoncé sa nouvelle gamme basée sur les puces d'Intel et AMD. Dans les MacBook Air, ce sont les récentes puces Panther Lake qui sont de la partie, et elles devraient offrir une autonomie record (12 heures en vidéo !), grâce à la gravure en 18A. Non, vous ne rêvez pas, nous sommes en 2026… mais une année 2026 alternative dans laquelle nous nous sommes posé la question suivante : « et si Apple n'avait pas lancé ses puces Apple Silicon en 2020 ? » Ce point de départ nous permet de vous proposer un regard original sur les puces bien réelles d’Intel et d’AMD sorties ces dernières années. Bienvenue dans ce docu-fiction.
Revenons un peu en arrière. La période a été chaotique. Beaucoup attendaient l'arrivée de puces ARM dans les Mac au moment de la pandémie, mais Apple n'a finalement pas franchi le Rubicon. La société a peut-être été échaudée par l'échec des PC Windows sous ARM, sortis quelques années plus tôt, ou a eu peur d'une transition trop compliquée. Car obliger tous les éditeurs de logiciels à recompiler les applications pour un nouveau jeu d'instructions, c'est tout de même un peu fou.

En 2020, donc, Apple a mis à jour sa gamme avec les nouvelles puces d'Intel, les Core de 12e génération (Alder Lake). Tous les Mac ont bien profité de la technologie Intel Thread Director, le scheduler matériel intégré aux processeurs, grâce aux optimisations de macOS. Le passage sur une architecture hybride a permis à Apple de proposer jusqu'à 10 cœurs (12 threads) sur le MacBook Air, ce qui a donné un bol d'air (vous l'avez ?) au Mac portable phare. Et grâce à l'arrivée des Xeon Ice Lake en 2021, le Mac Pro est redevenu une bête de course : avec 36 cœurs1, les gains étaient importants face au modèle de 2019.
Toute la gamme bénéficiait de la puce T3 qui pour la première fois ajoutait un NPU (une puce dédiée aux tâches d’IA) dans les Mac. Le temps de l'IA commençait, et macOS intégrait de plus en plus d'outils capables d'en profiter, pour détecter du texte dans une image par exemple. Qui plus est, la puce T3 introduisait aussi un composant TPM virtuel, nécessaire pour la nouvelle version de Boot Camp dédiée à Windows 11. Une implémentation totalement indépendante, qui permettait à Apple de ne pas ouvrir les portes de ses machines à Microsoft : ce qui se passe dans la puce T3 reste dans la puce T3 et l'enclave sécurisée employée par macOS est séparée de la zone fTPM.
La débandade des Raptor Lake
Même si AMD commençait à tailler dans les croupières d'Intel et proposait des puces de plus en plus performantes, Apple demeurait fidèle à Intel. En 2020, toute la gamme a évidemment reçu la 13e génération de puces Intel (Raptor Lake), avec des gains mineurs mais des prestations qui restaient élevées. L'année suivante, les MacBook Air et MacBook Pro 13 pouces intégraient les Core Ultra Meteor Lake. Ils amenaient plus de cœurs, et les deux cœurs LP (basse consommation) introduits sur la tuile dédiée ont permis l'arrivée d'une innovation déjà présente dans les iPhone et les iPad : un fonctionnement permanent. Grâce à eux, plus besoin de veille ou de Power Nap : les Mac tournaient sans discontinuer. Le Thunderbolt 5, ajouté la même année dans quelques modèles, améliorait largement les performances des eGPU et de nombreux utilisateurs se sont dirigés vers cette solution pour obtenir de bonnes prestations avec les cartes Intel Arc, sortie l'année précédente et bien prise en charge avec macOS 10.18 Ventura.

Et puis patatras : la 14e génération de Core, Raptor Lake, a montré des signes de faiblesse. C'était un souci pour Apple : la marque avait décidé de reproposer un iMac Pro fin 2023, en profitant de la nouvelle gamme, et le MacBook Pro 14 pouces (qui remplaçait le 13 pouces) avait aussi été équipé de cette génération. Voir les deux fleurons, qui intégraient pour la première fois des écrans tactiles, se retrouver avec des processeurs qui décédaient prématurément n'a évidemment pas plu à Tim Cook et ses lieutenants.
Même si c'était clairement la faute d'Intel, les choix d'Apple de ne pas mettre à jour directement le microcode et de préférer un refroidissement silencieux à un refroidissement efficace rendaient le problème encore plus important : les clients qui avaient acheté un MacBook Pro ou un iMac avec un Core i9 haut de gamme dotés de 24 cœurs (et 32 threads) se retrouvaient avec des Mac inutilisables. Apple a donc décidé de faire une (petite) transition : une partie de la gamme est passée chez le frère ennemi, AMD.
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