Dans un peu moins d’une semaine, Apple publiera des résultats trimestriels qui s’annoncent une nouvelle fois records. Tim Cook se prêtera d'ailleurs à l'exercice pour l'une des toutes dernières fois avant de passer le relais à John Ternus. Sur le front des finances, ce passage de témoin appartient déjà presque au passé, puisque Kevan Parekh a succédé à Luca Maestri il y a maintenant un peu moins de deux ans.
Apple promeut Kevan Parekh comme nouveau directeur financier
L'obsession de la structure légère
Ancien directeur financier de la maison pendant plus d'une décennie, Luca Maestri connaissait les moindres rouages de Cupertino. Chez Apple, un adage semble d'ailleurs traverser toutes les divisions, du logiciel au matériel : faire plus avec moins. À la grande époque de la guerre entre macOS et Windows, on s’étonnait déjà de la différence de taille entre les armées d’ingénieurs : là où Redmond mobilisait des milliers de personnes sur son système d'exploitation, Cupertino n'en comptait que quelques centaines.
Cette culture de l'efficacité se retrouve partout, même là où on ne l'attend pas. Vous seriez sans doute surpris par la taille réduite des équipes en charge de certains produits de niche (et l'on ne parle pas ici du Mac Pro). Dans la finance, la logique est rigoureusement identique, et les confidences de Luca Maestri sur sa manière de piloter le navire sont à ce titre fascinantes. Il ne s'agit pas seulement de "réduire les coûts", mais d'une véritable philosophie de l'organisation humaine.
Une efficacité mathématiquement insolente
Quand Maestri affirme diriger les finances d'Apple avec une équipe deux fois plus petite que celle d’une entreprise dix fois moins importante, le calcul donne le tournis. En clair, cela signifie qu'à périmètre égal, Apple est vingt fois plus productive que ses pairs sur le plan administratif. Cette prouesse repose sur une idée simple mais radicale : la suppression du "gras" organisationnel. Là où d'autres multiplient les couches hiérarchiques et les réunions de coordination, Apple préfère miser sur la compétence que la quantité.
L'exemple le plus frappant est sans doute celui des relations investisseurs. Ce département, qui fait le pont entre la direction de l'entreprise et les analystes de Wall Street, ne compte que deux personnes. Pour l’une des plus grosses capitalisations boursières mondiales, c'est tout bonnement hallucinant : un simple binôme parvient à gérer la pression des marchés financiers.
Apple’s CFO for most of Tim Cook’s run was Luca Maestri (2014-2024). He had 2 IR employees while managing Apple’s $200B+ cash pile with only 7 employees and this LinkedIn profile: https://t.co/nLCNbojhJ6 pic.twitter.com/Am7ubnjt25
— Trung Phan (@TrungTPhan) April 22, 2026
Sept personnes pour 230 milliards de dollars
Le summum de cette approche est atteint avec la gestion de la trésorerie. On parle ici de 230 milliards de dollars, une somme supérieure au PIB de nombreux pays. Ce trésor de guerre est piloté par seulement sept collaborateurs. On imagine souvent Apple comme une bureaucratie tentaculaire, mais la réalité de son cœur financier ressemble davantage à celle d'une startup d'élite ou d'un fonds d'investissement ultra-spécialisé.
Cette gestion commando ne l'a pas empêché de mener une politique d'une efficacité redoutable. Sous l'ère Maestri, Apple a su transformer cette montagne de cash en une machine à satisfaire les actionnaires, via un programme de rachat d’actions dépassant les 110 milliards de dollars et des dividendes en constante progression. Pour Luca Maestri, le secret n'est pas dans le nombre, mais dans le talent : « Si nous avons les bonnes personnes, nous n'avons pas besoin d'être nombreux ».
Si l'on veut s'amuser au jeu des comparaisons, il est intéressant de noter qu'une structure comme l’Agence France Trésor, souvent saluée pour son expertise dans la gestion de la dette française, s'appuie sur une quarantaine de personnes. Là-aussi, c'est assez exceptionnel.











