Corning, partenaire d'Apple pour les verres de l'iPhone, ne doit pas dire « Apple » en interne

Mickaël Bazoge |

Apple a insufflé une telle culture du secret chez Corning qu'en interne, on n'évoque le constructeur que par un nom de code. En octobre dernier, durant la présentation des résultats trimestriels de l'entreprise (elle fournit le verre des iPhone), son CEO Wendell Weeks a expliqué qu'il n'était pas très à l'aise de décrire ses relations avec la Pomme, même s'il s'agit d'un partenaire particulièrement important. Le constructeur a même puisé 250 millions de dollars dans son Advanced Manufacturing Fund pour financer le développement de Corning.

Chez Corning. Crédit : Apple.

« Je dois vous dire qu'il n'est pas courant d'utiliser le nom "Apple" à voix haute » au sein de l'entreprise, a-t-il indiqué. « Je pense même ne l'avoir jamais dit [en interne]. Nous avons un nom de code pour Apple, nous ne disons jamais "Apple" à l'intérieur de l'entreprise (…) J'ai une crise d'angoisse rien qu'en disant leur nom à voix haute » ! Hélas, le dirigeant n'a pas voulu révéler quel était ce fameux nom de code…

Dans ces conditions, on comprend mieux le rétro-pédalage dans la semoule de Hyundai qui a eu l'outrecuidance de confirmer publiquement être en discussion avec Apple pour le développement de sa voiture électrique… avant de se reprendre en catastrophe (lire : Hyundai ne confirme plus qu’Apple a discuté avec plusieurs constructeurs automobiles). Cette boulette pourrait coûter cher à Hyundai alors que la rumeur évoquait une production en commun dès 2024.

CNBC rapporte qu'Apple demande à ses partenaires ne pas la mentionner en public ou aux médias. Une source du site précise aussi que ces exigences de confidentialité sont compliquées à respecter. Dans au moins un cas, Apple a menacé un fournisseur d'une pénalité de 50 millions de dollars (!) pour chacune des fuites qui sortiraient de chez lui : c'était chez GT Advanced, qui devait produire du saphir synthétique pour protéger les écrans des iPhone avant que cette histoire se termine en catastrophe industrielle (lire : La relation maître-esclave entre Apple et GT Advanced).

Dans le cahier des charges Business Conduct que s'engagent à suivre les employés et les partenaires d'Apple, l'entreprise demande d'être « très sélectif » au moment de révéler à des tiers des informations liées à Apple. « Lorsqu'une entreprise a besoin de partager des informations confidentielles avec un fournisseur, un vendeur ou un autre tiers, ne vous portez pas volontaire [et n'en dites pas] plus que nécessaire », explique le document.

avatar loludovic31 | 

On se croirai dans Harry Potter 😂

avatar Olivier S | 

@loludovic31

Exactement ! Quelle angoisse
Je verrai bien Tim Cook en Voldemort

avatar raoolito | 

@Olivier S

NAN MALHEUREUX TAISEZ VOUS !!!

avatar empereur_kuzco | 

C’est normal.
Quand des sociétés annoncent travail avec apple, leur cotation en bourse explose...

avatar occam | 

L’obscurité, l’imperméabilité et l’hermétisme sont propices à l’éclosion des parasites et de la connerie.
En plus des accidents.

avatar TrollMan06 | 

Lol

avatar ysengrain | 

Ça s’appelle un truchement

avatar lepoulpebaleine | 

Je confirme. Mon épouse travaille dans la microélectronique, sa boîte travaille pour Apple, mais ce client a un nom de code (même si c’est un secret de polichinelles).

avatar occam | 

@lepoulpebaleine

"ce client a un nom de code (même si c’est un secret de polichinelles)"

À Los Alamos, Niels Bohr avait reçu le nom de code Nicholas Baker. Son fils Aage, autre physicien accompli, était étiqueté James Baker. Faux-nez transparents quand on avait vu les deux physiciens traverser l’Amérique avec leurs valises marquées en clair : BOHR. (En plus du charmant accent danois de Bohr père, qui le rendait à moitié incompréhensible.)

Comme leurs collègues travaillant sur la bombe A se foutaient pas mal de ces enfantillages (à juste titre, les taupes étant en place et bien déguisées), les Bohr se firent bientôt appeler Uncle Nick et Jim.

Un jour, selon les souvenirs convergents d’Emilio Segrè et de Victor Weisskopf, un appel téléphonique de Washington demande à joindre « Mr. Baker ».
« Uncle Nick, ou Jim ? », cherche à préciser le collègue de Bohr qui a pris l’appel. À l’autre bout, à Washington, la question déconcerte de toute évidence. À Los Alamos, on perd patience : « Ok, who do you want : Bohr senior or junior ? »

avatar Boub55 | 

@occam

Merci pour l’anecdote !

avatar IceWizard | 

@lepoulpebaleine

« sa boîte travaille pour Apple, mais ce client a un nom de code »

Cupertino ? La coopération fruitière ? Salsifis ? La paumerie ? Zhgeyjgej ?

avatar tupui | 

@lepoulpebaleine

Et du coup en disant ça ici tu enfreins son NDA...

avatar 7X | 

De toute façon, Apple n'est qu'une société écran pour masquer celui qui tire vraiment les ficelles.

avatar IceWizard | 

@Sindanárië

Tout faux ..

APPLE a été fondé à Cupertino, pas loin du Nouveau Mexique et du crash de Roswell en 1947 .. franchement t’as pas compris la signification du Park Apple vu de haut ? En galomix 3, ça veut dire « naufragés chez les fous. Au secours ! ».

avatar Sindanárië | 
avatar oomu | 

@IceWizard

enfin une explication aux décisions parfois aberrantes d'Apple.

avatar Terragon | 

En bout de ligne la culture du silence change pas grand chose puisque Apple elle-même laisse fuiter ces produits et détails techniques dans ces mises à jour ou sur leur propre site web! 🤣

avatar clarksebat | 

Nom de code : Voldemort.
C’est moins risqué de dire ça à voix que de dire Apple.

avatar Zuby | 

Travaillant dans un domaine qui n’a rien à voir avec l’informatique, et ayant comme client A...., je peux vous dire que c’est exactement pareil. Produit sous clefs, nom de code pour le client, interdiction formelle de dire le nom à haute voix... même en privée il m’arrive de dire le nom de code à la place d’A....

avatar macbookpro2016 | 

Sectaire cette boite

avatar IceWizard | 

@macbookpro2016

« Sectaire cette boite »

Va prononcer le mot Syndicat à Séoul, chez Samsung, tu découvriras le sens du mot sectaire (et en prime ce qu’on éprouve en se faisant casser les bras à coup de barre de fer).

avatar oomu | 

@macbookpro2016

ben non ça n'a rien de secte. c'est juste du commerce et une volonté de faire protéger par ses partenaires et prestataires son intérêt et propriété intellectuelle...

ok, c'est un peu radical mais c'est pas inédit.

vous savez si le client il demande qu'il y ait des bols avec des M&Ms QUE rouge, du moment qu'il paye du gros sous... hein...

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