Larry Ellison : le retour de Steve Jobs chez Apple n’était pas motivé par l’argent

Mickaël Bazoge |

C’est en 1995, lors d’une promenade avec Larry Ellison, que Steve Jobs a échafaudé son plan pour sauver Apple. L’anecdote a été donnée par le patron d’Oracle en personne, durant un discours tenu ce vendredi à l’université de Californie du Sud et reprise par Recode. Elle n’est pas nouvelle, puisque l’histoire figure dans la biographie officielle de Steve Jobs, mais son auteur Walt Isaacson la situait bien plus tard l’année suivante, et il est plus intéressant de l’entendre de la bouche même du principal intéressé.

À l’époque, Larry Ellison et Steve Jobs élaboraient un projet de reprise d’Apple qui, au milieu des années 90, était au bord du gouffre. Durant une promenade près du parc de Castle Rock, à côté de Los Gatos en Californie, les deux patrons (Oracle d’un côté, NeXT de l’autre) ont fini par se mettre d’accord. Il fallait sauver Apple (« C’était trop douloureux de regarder sans rien faire », raconte Ellison), mais pas n’importe comment.

« Le but de cette promenade particulière en ce jour particulier à travers les montagnes de Santa Cruz était de discuter de la manière de prendre le contrôle d’Apple ». L’idée d’Ellison était d’aligner 5 milliards de dollars, soit la valeur de l’entreprise à l’époque, et de placer Jobs à sa tête en tant que CEO. « Nous avions tous les deux de bonnes marges de crédit, et je m’étais déjà arrangé pour emprunter l’argent. Tout ce que Steve avait à dire, c’était oui ».

Mais le fondateur d’Apple avait mûri une autre idée, « un chemin indirect ». Il allait persuader son ancienne entreprise d’acheter NeXT, puis de le faire entrer au conseil d’administration. « Avec le temps, le conseil allait reconnaitre que Steve était le gars idéal pour mener l’entreprise ». C’est d’ailleurs exactement ce qu’il s’est passé.

« J’ai dit "OK". Ça pourrait marcher », a acquiescé Ellison. « Mais Steve, si nous n’achetons pas Apple, comment allons-nous gagner de l’argent ? ». À cette question, Jobs se retourna vers Ellison, lui posa les mains sur les épaules, et lui déclara : « Larry, voilà pourquoi c’est si important que je sois ton ami. Tu n’as plus besoin d’argent. Je ne le fais pas pour l’argent, je ne veux pas être payé. Je me place sur le terrain de la morale ».

Après la prise de pouvoir de Steve Jobs chez Apple, Larry Ellison a rejoint le conseil d’administration de l’entreprise, où il a pu voir de près et participer à sa renaissance sous la présidence de son fondateur de nouveau aux manettes. « La leçon ici est très claire pour moi », a-t-il conclu son anecdote. « Steve avait raison. Au bout d’un moment, cela ne peut plus tourner autour de l’argent. Au bout d’un moment, vous ne pouvez plus dépenser d’argent, même si vous essayez très dur. Je le sais, j’ai essayé très dur ». Il faut aussi être investi d’une mission…

avatar Bounty23 | 

Je veux bien 2% de son salaire si l'argent n'est pas si important. Juste 2% me suffirait largement.

avatar Ajioss | 

@noixdecitron :
Il me semble que Steve Jobs ne se versé pas de salaire.

avatar Philactere | 

@Ajioss :
Et tu penses qu'il vivait d'amour et d'eau fraîche ou d'aumône ?
Le salaire n'est pas l'unique source de revenu d'un chef d'entreprise.

avatar C1rc3@0rc | 

Angela Ahrendts => 73 millions de dollars
Eddy Cue => 24,44 millions de dollars
Cook => $9 millions
Jobs => 1$

Mais Jobs avait aussi une fortune acquise au début des années 80 et il a ensuite (2006) gagné 7 milliard $ en vendant Pixar a Disney, Disney dont il était le plus important actionnaire individuel(140 millions d'actions) et détenait aussi 5 millions d'action Apple, auxquelles il n'a jamais touché....

Pour autant, il aurait pu avoir 65000$ de salaire chez disney et plusieurs milliers chez Apple, mais efectivement, ce n'etait pas l'argent sa motivation

avatar Applesoft | 

@C1rc3@0rc :

Tu peux aussi rajouter que Cook possède dès stock options pour une valeur comprise entre 500 millions et 1 milliard que Jobs lui a proposé avant son décès pour garantir la fidélité de son poulain à la pomme (avec obligation de ne pas y toucher pendant quelques années) ! Il n'y a pas encore touché.

avatar nifex | 

@noixdecitron :
Il parle de quand on a trop d'argent, pas quand on est monsieur tout le monde... Pour ne pas réussir à dépenser son argent c'est qu'on en gagne beaucoup

avatar Vaudan | 

Il avait des stocks options c'est quasi pareil ça lui évitait les taxes.

avatar bugman | 

Je pense que Jobs et l'argent c'était deux.

avatar Pommeduverger | 

@bugman :

C'est faux.

avatar bugman | 

@Pommeduverger :
Apres, je n'ai jamais couché avec... Donc...

avatar curly bear | 

Steve Jobs avait été payé en actions et par conséquent sa rémunération dépendait de son succès à 100% (il avait accepté un saluée de 1$ par an dans mon souvenir).

avatar Vaudan | 

@curly bear :
C'est commun pour les patrons us comme méthode ils le font quasi tous

avatar marc_os | 

@Vaudan :
Quasiment tous les patrons américains touchent 1$ ?
Ah bon.

avatar Vaudan | 

@marc_os :
Oui mais derrière ils touchent des stocks options comme je le dis plus haut

avatar Aimstar95C | 

C'est pour ce genre d'article que j'aime MacG, gracias muchachos

avatar mfams | 

L'argent n'a jamais été la priorité pour Jobs mais le moteur... à ce que j'ai lu. Ça lui servait pr aller dans la bonne direction et en récolter souvent les fruits, après.

avatar aldomoco | 

Pas besoin d'être Larry Ellison pour faire cette constatation quand on connait l'histoire d'Apple et de Steve Jobs !!!

Pour preuve Steve Jobs n'a jamais été au palmarès des plus grandes fortunes, pourtant les derniers temps sa société était plus importante en capitalisation boursière que Microsoft avec un Bill Gate plus grande fortune au monde !

avatar Mathias10 | 

Des News du yach de Steeve Jobs ?

avatar valentin. | 

Jobs se foutait de l'argent...mais a toujours eu besoin de reconnaissance. Il a pu être très pauvre (notamment quand il s'est tapé son trip en Inde), puis très riche. (après quelques mois après avoir créé Apple, il n'a jamais eu de vrai souci financier quand même hein).

Par contre, il voulait laisser une trace dans l'histoire et surtout, que le monde le vénère pour ça.

> Si on fait une analyse de comptoir, on peut expliquer ce besoin de "prouver", par son abandon de la part de ses parents biologiques.

> Du coup, ça me parait pertinent de retourner à ma chopine pour continuer de déchiffrer le monde de manière aussi lumineuse et perspicace .

avatar mfams | 

parce qu'il faut coucher avec quelqu'un pour tout savoir ...?! ^^

avatar bugman | 

@mfams :
Un minimum. Le mieux est encore d'etre dans son corps ! ;)

avatar xDave | 

Ce qui est souvent lié ;-)

avatar killerofgta | 

Bel article, merci

avatar Ipader | 

Pour la dernière citation, Cook

avatar Sic transit | 

Jobs aurait effectivement expliqué à Isaacson (son biographe) que l'argent n'a jamais été son souci principal : au début de sa vie il n'en avait pas beaucoup et il avait appris à se débrouiller sans, après il en a en énormément (assez rapidement, en fait) ce qui lui a permis de ne plus y penser du tout.
Jobs n'a jamais couru après le luxe et les apparences, il voulait des trucs beaux, de qualité et qui fonctionnent bien (cf. l'anecdote dans sa bio concernant son lave-linge). Sa bagnole était chère, mais assez commune, ses fringues étaient passe-partout, sa maison, assez simple, etc.
J'ai d'ailleurs été assez surpris quand j'ai appris qu'il avait mis en chantier un yacht…

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