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Comment Palm et webOS ont sombré

| 08/06/2012 | 16:00 |  

La période 2007-2012 aura été plus que mouvementée pour Palm. Synonyme de PDA dans les années 1990, Palm a dû se réinventer il y a cinq ans, quand Apple a présenté l'iPhone. Nouvelles équipes, luttes intestines, changements de stratégies, acquisition par HP... Palm est passé par tous les états. De l'entreprise il ne reste plus aujourd'hui qu'un Open WebOS en piteux état raconte longuement The Verge. Retour sur cet itinéraire chaotique.

Le choc iPhone
9 janvier 2007, Steve Jobs annonce l'iPhone. Pour expliquer en quoi l'iPhone est si révolutionnaire et incomparable, le CEO pointe les smartphones aux claviers physiques « en plastique » qui « ne peuvent pas changer selon l'application. » Pour mieux marquer la rupture qu'introduit l'iPhone, juste avant de dévoiler son design, un de ces smartphones populaires est affiché à l'écran. Il s'agit du Palm Treo.

Outre le matériel, le système d'exploitation de Palm est antique. Alors que la version 6 de Palm OS, nommée Cobalt, est finalisée, le constructeur continue à ajouter des mises à jour à son système d'exploitation dévoilé en 2002. Or Palm ne prend pas tout de suite conscience de l'importance de l'iPhone, notamment car un de ses téléphones d'entrée de gamme, le Centro, rencontre un énorme succès.

Les mois passent et l'entreprise réalise finalement qu'elle a besoin d'un nouvel OS. Toutefois, elle ne possède plus ni Palm OS 5, ni Cobalt. PalmSource, la division de Palm qui développait ces deux systèmes d'exploitation, a été achetée par Access en novembre 2005.

Commence alors un recrutement intensif. Ed Colligan, CEO de Palm, embauche Paul Mercer et des employés de sa nouvelle entreprise, Iventor. Mercer est le fondateur de Pixo, une compagnie spécialisée dans les environnements de développement qui a été absorbée par Apple en 2001 avant le lancement de l'iPod. Le logiciel de l'iPod ne serait pas ce qu'il est sans Pixo.

Un autre personnage clé est embauché : Jon Rubinstein. Là encore, il existe un lien entre Rubinstein et Apple. Il fut à la tête de la division iPod jusqu'en 2004. Son carnet d'adresses bien rempli et son précédent poste à Cupertino en font l'homme idéal pour mener l'équipe qui devra concevoir le concurrent de l'iPhone (lire : Newsweek : Rubinstein, Apple et Palm).

Quelques coups de rabots (rationalisation de la gamme, réduction des coûts, annulation de plusieurs projets...) et de fil plus tard, Rubinstein parvient à monter une dream team. Matias Duarte, qui avait travaillé chez Danger — il est maintenant responsable l'expérience utilisateur d'Android —, est placé à la tête de l'équipe qui s'occupe de l'interface utilisateur du futur OS de Palm.


Jon Rubinstein

« Steve [Jobs] savait ce qui se passait. [...] Il savait qu'une fois qu'on commençait à tirer sur le fil, les départs allaient continuer » commente une source de The Verge. « Nous devons tout faire pour arrêter ça » déclare alors le patron d'Apple. Il propose alors un accord à Ed Colligan pour que les deux sociétés ne se débauchent pas leurs salariés. Il rappelle aussi à son homologue qu'Apple dispose de plus de brevets et d'argent dans le cas où les deux sociétés finiraient par se retrouver en justice. Une menace à peine voilée.

Dans un premier temps, Colligan envisage des concessions, puis il se ravise. « Votre proposition de se mettre d'accord pour qu'aucune de nos deux sociétés n'embauche les employés de l'autre est non seulement mauvaise, mais très certainement illégale » répond le CEO de Palm à celui d'Apple (lire aussi L'affaire pour entente illicite sur le débauchage continue & Suites de l'affaire sur l'entente illicite sur le débauchage).

La difficile émergence de webOS
Alors que les arrivées de nouveaux talents continuent, l'équipe d'Iventor travaille sur un nouvel OS basé sur Java au nom de code Prima. Mais Prima est très vite une catastrophe. Le système de débugging est archaïque, le crash d'une application entraîne le crash de toutes les autres, il est impossible de centrer du texte facilement, le moindre changement dans l'interface nécessite des efforts de développement énormes, etc.

Or, Palm, pressé de montrer son système aux développeurs tiers qui sont indispensables pour faire de Prima un succès, organise une conférence début 2008. Les réactions sont sévères : le système d'exploitation est trop complexe et trop différent de ce qui se fait ailleurs.

Verizon, un des plus importants opérateurs télécom américain, doit soutenir le smartphone porte-étendard de Nova, le nom officiel de l'OS. Verizon fait finalement faux bond et se retire, obligeant Palm à signer avec Sprint, un opérateur bien plus petit. L'argent, le temps et la patience viennent à manquer alors que Colligan et Rubinstein doivent présenter le Pre au prochain CES.


Ed Colligan

Le développement de Nova fait du surplace et les ingénieurs sont extrêmement frustrés par les limitations du système. « Plutôt que d'avoir quelqu'un qui écrit du code pour centrer le texte, on peut se reposer sur les épaules d'un géant et laisser WebKit le faire. » Greg Simon, plateform director, et Andy Grignon, le vice-président, viennent d'avoir une idée : utiliser le moteur libre de rendu web WebKit, dont le contributeur principal est Apple, à la place de Java.

Les deux employés obtiennent l'autorisation de monter une équipe pour travailler sur ce projet qui est nommé Luna. Une véritable start-up est alors en place à l'intérieur de Palm. Tous les membres de l'équipe s'attachent alors vivement à faire mieux que Prima et montent au sein même de l'entreprise un concurrent.

Un mois plus tard, Luna fonctionne. Pour faire un choix entre Prima et Luna, Palm teste différentes fonctionnalités essentielles sur les deux plateformes. À chaque fois Luna fait mieux que Prima, que ce soit en terme de rapidité de développement qu'en terme de qualité intrinsèque de la fonction dans le produit fini. Luna devient alors le futur OS de Palm.

Pour ne pas inquiéter son partenaire Sprint de ce changement de système, l'entreprise parle juste d'une retouche de l'interface. Plus important encore, Palm doit marquer les esprits lors de sa conférence de présentation au CES début 2009. « Nous nous sommes entraînés comme s'il s'agissait d'un événement Apple » souligne un membre de l'entreprise qui a participé à l'organisation de la prestation.

webOS est né et il est très bien reçu par la critique. Il est le premier OS conçu pour le tactile à apporter une réponse originale à iPhone OS. Le Palm Pre sort le 5 juin 2009 aux États-Unis... avec une version de webOS remplie de bugs et de carences. Les mises à jour s'enchaînent et à la fin de l'année arrive webOS 2.0. Blowfish, le nom de code de cette mise à jour majeure, finit de supprimer tout le code de Prima dont webOS se servait encore.

Entre temps, le Pre est un échec. Le lancement exclusif chez Sprint est mis en cause, tout comme les campagnes de publicité qui sont vivement critiquées.

Tout n'est pas perdu pour autant. Palm parvient à conclure un partenariat avec Verizon. L'opérateur commande une énorme quantité de Pre Plus et Pixi Plus et souhaite faire du Pre Plus son porte-étendard en 2010. Peine perdue, le Motorola Droid lancé en novembre rafle la mise et s'impose comme le concurrent de l'iPhone. L'argent que Verizon avait prévu d'allouer aux smartphones de Palm sert en partie à financer les campagnes marketing du Motorola Droid.

L'opérateur porte l'estocade finale à Palm en refusant de recevoir la majorité des terminaux pourtant fabriqués spécialement pour lui. La mésaventure coûte plusieurs centaines millions de dollars à l'entreprise et une seule issue apparaît possible pour survivre : se faire acheter.

HP comme capitaine
Le processus d'acquisition est entouré du plus grand secret, encore aujourd'hui. Le 28 avril 2010, la nouvelle tombe, HP achète Palm pour 1,2 milliard de dollars. Chez Palm, c'est la satisfaction qui l'emporte. Le premier fabricant de PC au monde a l'argent qu'il faut pour mettre au point des produits compétitifs.

Mark Hurd, le CEO de HP de l'époque, voit grand pour webOS. Le système d'exploitation sera intégré à tous les produits, des ordinateurs aux imprimantes. L'entreprise met au point une imprimante à base de webOS qui ne sera jamais commercialisée. HP ne sait pas comment vendre ce périphérique qui a tout d'un smartphone greffé à une imprimante, et qui coûte le prix d'un smartphone...

Mais si Hurd est très enthousiaste, ce n'est pas le cas des financiers de l'entreprise qui redoute la mainmise d'Apple sur les chaînes d'approvisionnement. « Nous avons dit à HP que nous avions besoin de meilleurs écrans [pour le Pre 3]. Ils sont venus nous dire "Apple a tout acheté. Nos fournisseurs nous disent que nous devons leur construire une usine si nous voulons les écrans" et ils n'étaient pas prêt à mettre plusieurs milliards de dollars pour le faire » explique une source à The Verge. La même situation se produit avec le capteur photo.

Sans le soutien financier total de HP, Palm se débrouille avec ce qu'il a. Et c'est à ce moment que les personnes les plus importantes derrière webOS commencent à partir. Matias Duarte, à l'origine de l'interface du système, quitte HP pour rejoindre Google et son équipe Android (lire : [MAJ] Le responsable de l'interface webOS quitte Palm… pour Google ?). En août 2010, le CEO de HP est pris dans une affaire de mauvaise conduite et se fait limoger par le conseil d'administration (lire : HP, un navire sans capitaine). Palm perd son soutien le plus important.

Le désintérêt de Léo Apotheker, le nouveau CEO, pour Palm est visible presque instantanément. Il se dit qu'il a visité le campus de Palm peut-être une fois, mais personne n'est capable de donner la date de sa visite ni son objet. La talentueuse équipe de Palm est alors rapidement la cible de recruteurs. Chaque employé a droit à un entretien individuel avec Rubinstein où celui-ci tente de les convaincre de ne pas partir.


Léo Apotheker

Pendant ce temps, les équipes travaillent sur la TouchPad. En interne, l'équipe logicielle de Palm parle d'une tablette faite avec « les rebuts des composants de l'iPad. » Et pour cause, Apotheker ne veut pas investir dans un produit qui ne rapporte pas immédiatement des bénéfices.

Pour des raisons de comptabilité, HP insiste auprès de Palm pour que la TouchPad sorte en mars. Rubinstein table lui sur un lancement en juin. La TouchPad sort aux États-Unis le premier juillet 2011... et se révèle être un fiasco. Chez HP on explique cet échec de différentes manières. Pour les uns, le système d'exploitation était inachevé, pour les autres, le prix était trop important. Proposée au même tarif que l'iPad 2, la TouchPad ne pouvait pas lutter face à la tablette d'Apple déjà bien établie. Rubinstein quitte son poste de senior vice-president de webOS quelques jours plus tard mais reste chez HP.


HP TouchPad

Le naufrage de webOS
Le 18 août, coup de théâtre, HP annonce qu'il compte se séparer de sa division ordinateur et qu'il réfléchit à une autre stratégie pour webOS (lire : HP s'éloigne du PC et abandonne webOS). Tout le monde est pris par surprise chez Palm. La direction de HP avait laissé intentionnellement de côté Palm dans la prise de cette décision.

La TouchPad Go, la version 7" du TouchPad, vient d'être tuée alors que sa production devait commencer deux jours plus tard. Quant à la version pour Windows de webOS qui vient d'atteindre le stade de la bêta, l'équipe qui la développe est dissoute. Le Pre 3 et le Veer sont tout de même lancés mais ne sont pas soutenus par HP (lire : HP commercialise le Pre 3 en Europe).


HP Pre 3

« Léo [Apotheker] est la pire des personnes qui soit... la chose la plus toxique et de loin » déclare une source de The Verge. Un autre témoignage est moins sévère et fait une analogie avec Microsoft et son OS mobile. La firme de Redmond dépense des milliards de dollars chaque année pour se faire une petite place sur le marché du mobile, une situation qu'Apotheker n'a pas envie d'imiter. « C'est une décision tout à fait juste » estime cette autre source.

HP envisage de vendre webOS. Deux sociétés se montrent intéressées : Google et Apple. Aucun accord n'a été couché sur du papier (lire : webOS : HP voulait 1,2 milliard de dollars), mais Google est bien en pourparlers avec HP. Quant à Apple, elle ne serait là que pour faire monter le prix ou éviter que la firme de Mountain View ne s'empare de webOS. Au final, Palo Alto revoit sa stratégie et décide de ne pas offrir à un concurrent, même contre une grosse somme, sa plateforme.

Le 22 septembre 2011, « le conseil estime que le poste de PDG de HP exige maintenant des qualités supplémentaires pour exécuter avec succès la stratégie de l'entreprise. » La sentence est irrévocable, Apotheker démissionne et Meg Withman prend sa place.

Palm est alors un champ de ruines. L'équipe qui travaille sur le matériel est déserte et celle sur le logiciel fonctionne au ralenti. Complètement esseulées, ces équipes n'ont plus aucune consigne et l'hémorragie continue. Quelques ingénieurs planchent sur Enyo, un framework basé sur webOS et en font une démonstration sur un iPad 2.

Meg Whitman, le nouveau CEO, rencontre les équipes de Palm début novembre et leur indique honnêtement qu'elle ne sait pas encore quoi faire de cette division. Un mois plus tard, Whitman annonce que webOS va devenir open source. Une décision prise par défaut. HP ne veut pas jeter à la poubelle le travail réalisé par Palm mais il ne compte pas non plus sortir de nouveaux produits webOS. S'en suit une nouvelle vague de départs importants : Andy Grignon, un ancien d'Apple, fonde sa propre entreprise, Brian Hernacki, spécialiste de la sécurité, part chez Intel, etc.

Fin janvier 2012, HP dresse la feuille de route d'openWebOS, le système basé sur les modules open source de webOS 3.0. Open webOS 1.0 est prévu pour septembre. Quant à Jon Rubinstein, il quitte HP le 27 janvier par la petite porte. Quelques jours après son départ, Rubinstein se confie à The Verge :

« Ça a été épuisant pendant quatre ans et demi. Ce que nous avons accompli en quatre ans et demi a été incroyable. Et je ne pense pas que les gens s'en rendent compte — ce que nous avons fait au cours de cette période a été incroyable. Vous savez, webOS a fait ses débuts environ six mois avant que je n'arrive chez Palm. Ils venaient juste de commencer. Ce n'était pas le webOS que l'on connaît aujourd'hui. C'était quelque chose de différent. Nous l'avons fait évoluer au fil du temps, mais ce fut une énorme quantité de travail pour un grand nombre de personnes, pendant plusieurs années. Donc quatre ans et demi après... je vais faire une pause. »

Le mois dernier, on apprennait que Google avait débauché une grande partie de l'équipe de développement d'Enyo (lire : Open webOS : une partie de l'équipe file chez Google). Les développeurs rejoignent les rangs des employés travaillant sur Chrome. Chez HP, plus personne ou presque n'est à recenser dans l'équipe webOS.

Une situation qui rend « pratiquement impossible » la sortie d'un nouvel appareil équipé de webOS selon une source proche du dossier. Quant à la partie logicielle, le scepticisme règne sur une disponibilité de webOS 1.0 pour septembre. La firme de Palo Alto pourrait garder dans ses comptes Palm jusqu'au premier juillet... dans un souci d'optimisation fiscale. Meg Withman pourrait ensuite s'en débarrasser.

Palm — autrefois d'or — et webOS semblent avoir définitivement coulé.

Sur le même sujet :
- Le long déclin de HP

Apple fait son marché chez HP/webOS

| 24/01/2012 | 06:04 |  

Le flou dans lequel évolue l'équipe webOS, en pleine réorientation de son activité et possible restructuration, est propice à des changements de maillots. Intel a mis la main sur quelques talents, mais Computer Reseller News a surtout repéré des mouvements en direction d'Apple. Certains revenaient même au bercail après s'en être éloignés ces dernières années.

CRN a par exemple recensé un ingénieur chargé de projets webOS arrivé chez Apple ce mois-ci. En novembre dernier deux responsables des ventes webOS s'occupent maintenant de celles de l'iPhone auprès des canaux de distribution ou auprès des entreprises. Cette poignée n'est pas forcément le signe d'un exode important, la division webOS comptait 600 personnes à la fin de l'année.

Mais HP n'a pas encore tracé des contours clairs pour ses équipes webOS. Meg Whitman, la PDG du groupe, avait confessé en décembre qu'il lui était impossible de dire si des licenciements supplémentaires allaient avoir lieu. Un nouveau business plan devait d'abord être établi pour les trois ou quatre années à venir, elle entendait aussi que la division webOS fonctionne sur le principe d'une startup, avec le soutien de HP, mais avec aussi une certaine autonomie.

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- HP va se relancer dans les tablettes webOS

HP de retour, mais pas avant 2013 (au mieux)

| 30/11/2011 | 16:06 |  

Meg Whitman, actuelle PDG de HP, a été interviewée par le journal Le Figaro. La nouvelle responsable du premier constructeur d'ordinateurs au monde reconnaît qu'Apple pourrait devenir numéro un en 2012, à condition toutefois d'intégrer l'iPad aux chiffres de vente de Mac. Meg Whitman n'anticipe pas de retour à la première place avant 2013, au mieux :

Nous avons besoin d'améliorer notre jeu et nos produits pour reprendre la place de leader. Apple pourrait passer devant HP en 2012. Nous essaierons de redevenir le champion en 2013. Il faut du temps pour que les produits sur lesquels j'ai de l'influence arrivent sur le marché.

En septembre, Meg Whitman avait décidé de conserver la division grand public de son entreprise, revenant sur la décision de son prédécesseur (lire : HP : statu quo sur la stratégie PC et webOS). Elle explique dans son interview que cinquante employés de l'entreprise ont réfléchi aux raisons de garder la division pendant que cinquante autres ont au contraire pensé aux raisons de s'en séparer.

Meg Whitman

HP a finalement décidé de la garder pour trois raisons : la séparation lui aurait coûté un milliard de dollars ; le chiffre d'affaires du groupe aurait été trop affecté ; la marque HP est associée aux PC. L'entreprise devrait ainsi rester "spécialisée dans le matériel de pointe, complété par des logiciels et services" : Meg Whitman a exclu l'hypothèse d'une orientation similaire à IBM, passée du matériel au service pur.

Concernant webOS, la présidente a rappelé que la décision de son entreprise serait donnée dans deux semaines. Son abandon semble en tout cas acquis et Meg Whitman indique d'ailleurs : "Nous avons besoin d'avoir un autre système d'exploitation". HP reviendra sur le marché des tablettes en 2012, mais pas avec des produits webOS : une tablette Internet exploitant Windows 8 devrait ainsi voir le jour.

HP s'éloigne du PC et abandonne webOS [MàJ]

| 18/08/2011 | 21:20 |  

Après Google il y a quelques jours c'est HP qui pourrait faire l'actualité. Bloomberg affirme que le numéro 1 mondial de l'informatique pourrait annoncer qu'il s'éloigne de son activité de fabricant de PC.

Cette division ne quitterait pas complètement le giron du groupe mais elle deviendrait une filiale autonome et indépendante dans son fonctionnement. De la même manière par exemple que fonctionne FileMaker vis-à-vis d'Apple. Il faut voir si l'opération inclut aussi webOS. Ce recentrage sur le logiciel tendrait à le faire rester chez HP, mais il était aussi prévu pour être installé sur les PC et différents périphériques du fabricant.

Le vide laissé par cette division serait occupé par l'acquisition de l'anglais Autonomy Software, dont HP est l'un des clients. Il s'agit d'un spécialiste de la gestion de l'information pour les entreprises.

Si cette acquisition, dont Bloomberg affirme qu'elle s'élèverait à 10 milliards de dollars se confirme, HP se recentrerait alors sur le service, plutôt que de trop dépendre du matériel où Apple semble la seule à savoir dégager des marges confortables. HP ferait alors comme IBM avant lui, lorsqu'il a cédé son activité PC à Lenovo.

[MàJ 18/08/2011@21h18] : c'est désormais officiel, HP est en discussion avec Autonomy Software d'une part, prévoit de se séparer de sa branche grand public d'autre part et arrête le développement des terminaux mobiles webOS.

Le communiqué précise que le groupe envisage d'autres possibilités pour utiliser webOS : le système créé à l'origine par Palm pourrait être licencié à d'autres constructeurs. Quant à la division grand public de HP, elle n'est pas encore officiellement abandonnée, mais le processus est en cours. Deux choix possibles pour HP : soit en faire une filiale, soit tout simplement la vendre.

HP TouchPad : une toute nouvelle tablette derrière l'iPad

| 30/06/2011 | 14:56 |  

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La tablette HP TouchPad a passé son baptême du feu après de la presse américaine, elle sort aux États-Unis le 1er juillet. Pour la France, HP n'a pas donné de date précise, mais il a indiqué qu'elle arriverait quelques jours plus tard, et les précommandes sont ouvertes. Cette tablette est intéressante à plusieurs égards. Elle rompt d'abord la monotonie du duel iOS contre Android (match, qui n'a pas vu le challenger marquer beaucoup de points cela étant dit, la tablette d'Apple continue de se promener sur le ring).

Ensuite elle ressemble à l'iPad en cela qu'HP a adopté la même démarche qu'Apple. Après son rachat de Palm/webOS, HP est en mesure de décider à la fois de l'exécution matérielle et logicielle de son offre mobile, en plus d'avoir une boutique de logiciels qu'elle administre également. Là où un Motorola ou un HTC par exemple sont complètement dépendants de Google. Pour autant, si la démarche est la même le résultat ne l'est pas (encore). La TouchPad va avoir besoin de quelques mises à jour comme le montrent les différents tests publiés.

Pour situer brièvement l'offre de HP sur un plan technique et tarifaire, la TouchPad est une tablette dotée d'un écran de 9,7" d'une définition de 1024x768, d'une caméra en façade (1,3 mpx) et d'un processeur dual core Snapdragon 1,2 GHz. Proche donc de l'iPad, elle est aussi un peu plus lourde (740 grammes contre 601 grammes et plus épaisse, 13,7 mm contre 8,8 mm) et légèrement plus large. Elle n'est pour le moment proposée qu'en Wi-Fi (la 3G est prévue d'ici la fin de l'année) et selon deux capacités de 16 et 32 Go. Les prix vont être inférieurs d'un cheveu à ceux de l'iPad (479€ pour le 16 Go au lieu de 489€ pour l'iPad et 579€ pour le 32 Go au lieu de 591€).

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TouchPad et iPad 2

La prise en main de Macworld US est une synthèse assez bonne des opinions publiées sur les autres sites. Plus lourde et plus épaisse que l'iPad, la TouchPad peut néanmoins donner l'illusion à votre entourage que vous avez la tablette d'Apple entre les mains : par son format, son aspect, son bouton unique (et malgré sa finition plastique plus cheap).

Pour le reste, les différents tests rappellent ceux des toutes dernières générations de smartphones Nokia équipés de Symbian : le matériel n'est pas mauvais, mais il est desservi par le logiciel. webOS a des qualités reconnues comme le look de son interface, Synergy qui regroupe vos données de réseaux sociaux et de services en ligne dans le carnet d'adresses, ou son multitâche, à base de cartes (ci-dessous) plus visuel et plaisant à utiliser que celui d'iOS.

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Mais Macworld, comme ses pairs, a constaté de nombreux ralentissements ou dysfonctionnements (avec l'orientation de l'écran qui ne se fait pas toujours, avec la connexion Wi-Fi sur un réseau protégé, dans la synchronisation avec Google Calendar ou encore avec l'application de mail, pour ne citer qu'eux). Ces lenteurs concernaient autant Flash - difficilement exploitable pour Macworld - que le système lui-même avec des lenteurs ou gels temporaires au lancement des applications ou pendant leur utilisation.

Même sur des choses triviales dans l'expérience utilisateur il y a pas mal à redire. Ce qui est par exemple une évidence sur iOS - vous touchez un objet à l'écran avec le doigt et il suit vos déplacements au millimètre - n'est pas encore complètement acquis sur la TouchPad. HP a expliqué à l'un des sites que l'accélération matérielle n'était pas encore activée à certains endroits de l'interface. Déception aussi dans les rendus des textes, tant dans la version bêta de l'application Kindle d'Amazon que dans le navigateur web, ou encore sur le fonctionnement de la vidéo dans Skype. HP n'a pas contesté qu'il y avait des vis à serrer, une mise à jour système est déjà en préparation, mais sans date de distribution. À noter au passage qu'HP a intégré un logiciel de synchronisation avec iTunes (il ne gère pas toutefois les listes intelligentes). Mais pour l'achat de contenus audio et vidéo c'est encore assez pauvre ou réservé aux clients américains.

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Le client Mail

Conclusion de Macworld “Je suis content qu'HP ait finalement livré la TouchPad. Si elle peut recevoir le soutien des développeurs et effacer tous les bugs, tout en permettant à webOS de croître comme OS mobile, elle a vraiment une carte à jouer. Mais on parle de l'avenir et d'un potentiel. Pour le moment, la TouchPad est juste un autre concurrent de l'iPad auquel il ne peut se mesurer”.

PreCentral, site spécialisé dans l'actualité webOS, fait aussi ce constat d'un magasin avec un manque criant d'applications optimisées, ce qui peut être particulièrement frustrant pour les premiers clients. Pas mal des défauts constatés sont d'ordre logiciel souligne PreCentral, et peuvent être donc réglés au fil des mises à jour. Il n'en va pas de même pour le poids et l'épaisseur du TouchPad qui sont plus à comparer avec le précédent iPad. Au moins sur son moteur, avec son double coeur, la tablette peut-elle quand même se mesurer avec le dernier iPad.

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L'iPad, la TouchPad et la Playbook de RIM

Mais le constat final est le même que chez Macworld, si l'on a déjà un iPad ou que l'on vise la tablette d'Apple au vu de ce qu'elle propose, alors il n'y a pas lieu de considérer la TouchPad. Cette dernière, qui n'est pas sans qualités, est à l'heure actuelle un produit qui a du potentiel, et HP a tous les moyens à sa disposition pour réussir sur ce marché estime le site.

Chez Engadget, Tim Stevens se montre globalement déçu, alors que l'attente était forte ces derniers mois pour ce challenger d'iOS et d'Android. Pas assez d'applications optimisées pour ce plus grand écran (environ 300 sur 6200 d'après HP, mais parmi les 300 toutes ne sont pas non plus d'une grande qualité), une tablette plus lourde que l'iPad 2 ou que la nouvelle GalaxyTab 10.1 (par ailleurs vendues au même prix) et des performances à améliorer. Quant à l'autonomie, Engadget l'a trouvée presque raccord avec les prétentions de HP : 8h33 en lecture vidéo au lieu de 9h annoncées, c'est tout juste mieux que la Xoom (8h 20), mais l'iPad tient 2h de plus et la Samsung 1h30 de mieux.

Autre test enfin, celui de This is My NeXT, qui a rencontré une large palette de déficiences dans la réactivité de l'interface, sa fluidité ou des comportements sans rapport avec l'opération voulue. Le site est moins sévère sur les performances de Flash bien que tout ne soit pas optimal (quelques sautes ou gels d'images de temps à autre). En conclusion, il faut qu'HP arrive à convaincre davantage de développeurs de rallier cette plateforme et qu'elle règle les problèmes d'utilisation auxquels vont faire face les premiers clients “alors, devenir le numéro 2 dans les tablettes n'est pas aussi saugrenu que cela puisse paraître. Vraiment” conclut Joshua Topolsky.

HP prépare tous ses PC à webOS

| 09/03/2011 | 15:01 |  

HP, premier constructeur de PC au monde, va faire en sorte que tous ses PC soient capables de faire fonctionner webOS à compter de l'année prochaine. Le système racheté à Palm ne remplacera pas Windows, mais au vu de la taille de son nouveau propriétaire, l'initiative est d'importance. D'autant qu'il s'agit d'une véritable plateforme qui se profile, débordant le seul cadre de l'ordinateur.

Cette décision n'est pas un scoop, l'annonce de webOS pour PC remonte à janvier, mais le modus operandi est encore assez flou (lire aussi Précisions sur webOS pour les PC). Pour donner la mesure du marché qui s'offrira potentiellement à webOS il faut rappeler qu'HP a vendu 64 millions d'ordinateurs en 2010 (juste pour comparaison, Apple en a écoulé 13,6 millions sur cette période).

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Leo Apotheker le nouveau patron du groupe veut, par ce biais, différencier plus nettement les produits HP de ceux de ses concurrents (une stratégie qui fonctionne assez bien comme on l'a vu chez Apple). Cet OS va donc prendre place sur des smartphones, tablettes, ordinateurs de bureau, portables mais aussi sur des imprimantes, autre spécialité maison. Avec comme conséquence de créer une "imposante plateforme" selon les termes d'Apotheker. Et par là, d'être en mesure d'attirer davantage de développeurs, chose qu'ont su faire à merveille Apple et Google avec leurs OS mobiles respectifs.

HP tire en effet assez peu de revenus (2%) de ses activités logicielles, comparativement à ses autres divisions telles que le matériel (70%) et les services aux entreprises (27%). Apotheker entend aussi réduire les délais de mise sur le marché de nouveaux produits, et contribuer à redonner son "âme" à HP, celle de l'innovation.

Cependant, est-ce qu'il sera possible de bousculer Windows sur un marché du PC où Microsoft reste (restera ?) très solidement ancré. Est-ce que la redistribution des cartes qui s'est produite côté mobile peut être rééditée côté ordinateurs personnels… ?

Sur le même sujet :
- HP : un petit Veer, un grand Pre et une encore plus grande TouchPad… sans le nom Palm

Précisions sur webOS pour les PC

| 15/02/2011 | 16:34 |  

webOS ne devrait pas remplacer Windows sur les PC vendus par HP, mais y occuper néanmoins une place de choix. Lors de la présentation de sa nouvelle gamme mobile, HP avait indiqué, sans plus de détails, que webOS fonctionnerait aussi sur des ordinateurs de bureaux et des portables.

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Dans une interview, Phil McKinney, chief technology officer personal systems chez HP, en dit un peu plus, sans tout dévoiler pour autant sur la manière dont tout cela va s'agencer. À la question de savoir si webOS va remplacer Windows, il répond par la négative “Non, il y a une base installée énorme qui veut toujours un PC. Ce qui est très important en revanche c'est que même avec leurs PC, les gens veulent qu'il soit intégré avec leurs appareils. Nous avons nos PC, vous avez vos tablettes, vous avez vos téléphones. Comment fonctionnent-ils ensemble ? Dans le monde d'aujourd'hui, ils fonctionnent comme des îlots d'information individuels. Ce que fait webOS c'est les rassembler tous.

Il insiste ensuite sur la cohabitation qui se profile “Pour les PC et les portables, ce sera une combinaison entre prendre les systèmes d'exploitation existant et amener webOS sur ces plateformes et le rendre universel à travers tous nos produits.” Le fonctionnement de webOS sur ces PC Windows se fera de manière transparente “Ce ne sera pas de la virtualisation. Nous allons en direction d'une expérience de webOS intégrée”.

Aucune date n'est donnée pour la commercialisation de ces configurations inédites, McKinney mettant plutôt l'accent sur l'opportunité que cela présente pour les développeurs, avec un OS présent depuis les PC jusqu'aux mobiles et tablettes.

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Il raconte aussi que le projet de tablette Slate, devenue la HP Slate 500, (présentée en janvier 2010 par Steve Ballmer avec Windows 7, et depuis quelques mois seulement en vente auprès des entreprises) a démarré il y a cinq ans. Mais chemin faisant il fut clair qu'il y avait une inadéquation entre le support et l'OS “Nous avons fait une étude auprès des clients. Nous avons fabriqué 60 exemplaires que nous leur avons confiés. Nous avons rapidement réalisé que ce que les gens cherchaient n'était pas ce qu'ils avaient déjà sur leur PC ou leur portable, tassé dans un appareil de plus petite taille. C'est vraiment une expérience différente” Ce qui n'a pas empêché HP de laisser le patron de Microsoft vanter les mérites de ce produit lors d'un salon d'électronique grand public…

Alors plutôt que de développer de zéro son propre OS, seule solution a priori, HP a regardé celui de Palm, a considéré que, sous l'angle de l'utilisateur, il répondait parfaitement à ses besoins, et l'a racheté “tous les autres ont construit sur un modèle issu de leur héritage, là où les gens de webOS ont opté pour une toute autre perspective”.

Enfin, tout rapprochement entre la direction prise par HP et celle pratiquée par Apple, c'est à dire de développer son matériel et son logiciel, est pleinement justifiée au vu de la conclusion de McKinney “L'élément clef je crois que est que si vous voulez vous différencier sur le marché, vous devez être en mesure de contrôler les critères essentiels de différenciation”.

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HP arrête ses serveurs personnels MediaSmart

| 01/12/2010 | 11:48 |  

http://static.igen.fr/img/2010/11//skitched-20101201-113351.jpgHP a annoncé l'arrêt de sa gamme de serveurs personnels MediaSmart. Ces gros NAS ou petits serveurs contiennent quatre baies de stockage et de quoi faire tourner Windows Home Server, la déclinaison domestique du système d'exploitation serveur de Microsoft. En cause officiellement, HP se concentrerait sur WebOS, le système de Palm qu'elle compte bien exploiter sur une large partie de sa gamme (lire : Avec Palm, HP s'offre sa liberté).

Reste que l'annonce est concomitante à l'annonce par Microsoft de la suppression d'une fonctionnalité très attendue de Windows Home Server. Le "Drive Extender" devait permettre de fusionner plusieurs disques durs pour les faire apparaître comme une seule unité de stockage. La fonction a été finalement retirée, officiellement parce que les disques durs sont désormais suffisamment gros pour la rendre inutile, en fait en raison de bugs non résolus. Cette décision concerne toutes les déclinaisons de Windows Server.

HP a pris acte de cette décision en arrêtant la commercialisation du MediaSmart. Le fabricant videra ses stocks, mais n'en fabrique plus et ne développera rien de plus pour eux. Avant, peut-être, de nouveaux produits équipés de WebOS ?

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HP ne veut pas copier Apple

| 28/09/2010 | 00:19 |  

Todd Bradley a sans doute tenu un discours d'une personne en campagne lors de cette interview donnée à TechCrunch. L'homme qui postule au poste de P.D.G. de HP est actuellement le patron de la division PC de la société américaine.

Au cours de cet entretien, Bradley a déclaré qu'avec webOS, HP ne chercherait pas à imiter Apple ou Dell. Pour lui, webOS ne doit pas être qu'un système d'exploitation, cela doit être une interface utilisateur cohérente que l'on retrouvera dans bon nombre de produits connectés, du smartphone à la tablette en passant par l'imprimante.

HP pense écouler 15 millions d'imprimantes équipés de l’OS de Palm dès l'année prochaine. Todd Bradley est également très optimiste concernant l'avenir des tablettes. Ce sera un marché à 40 milliards de dollars selon lui d'ici quelques années. À titre de comparaison, d’après lui, le marché des smartphones pèse 100 milliards.

D'autre part, il n'est pas question de mettre sous licence webOS. Cette piste avait été évoquée un temps par le management de Palm lorsqu'elle était à la recherche de source de revenus.

Alors qu'elle doit présenter prochainement de nouveaux smartphones, HP continue de promouvoir son OS auprès des développeurs. "Le nombre d'applications disponibles sous webOS a augmenté de 50 % depuis le rachat de Palm", a-t-il indiqué. Plus intéressant encore, webOS serait selon lui la seconde plate-forme la plus importante en matière de jeux 3D.

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