Le fournisseur de boîtes email Fastmail annonce l’ouverture d’une infrastructure européenne. L’entreprise australienne hébergeait jusque-là toutes ses données dans deux centres de données situés aux États-Unis, à Philadelphie et Saint-Louis. Des serveurs ont été installés par ses soins dans un troisième lieu, cette fois à Amsterdam. Ce changement va permettre à la firme d’offrir un stockage plus local à ses clients européens, parmi lesquels MacGeneration, sans toutefois garantir que les données ne passeront jamais sur le sol étasunien.
En effet, Fastmail dépend toujours de ses installations en Amérique du Nord pour tous ses clients. Une partie des données restent exclusivement localisées de l’autre côté de l’Atlantique, dont les journaux (logs) qui sont tous centralisés dans les centres de données aux États-Unis. Les sauvegardes des serveurs hollandais traversent aussi l’Océan pour le moment, l’entreprise n’ayant pas encore de deuxième lieu susceptible de les accueillir en Europe. Ce point pourrait changer à l’avenir, même si le CEO préfère être clair sur ce fait et ne s’engage pas à offrir un service exclusivement européen aux clients qui le souhaiteraient.
Malgré tout, l’ouverture des serveurs européens permet d’offrir aux utilisateurs sur le continent une solution plus proche pour stocker leurs mails et accéder à leurs données. Tous les messages des clients européens seront maintenant stockés du côté d’Amsterdam, tandis que le webmail maison est aussi hébergé aux Pays-Bas, tout comme l’app mobile de l’entreprise. La bascule devrait être automatique pour ceux qui sont localisés dans la région, sur la base de l’adresse de facturation. Un réglage est aussi proposé dans les paramètres du compte, pour forcer le choix entre les deux régions. En cas de bascule vers l’Europe, il faudra d’abord attendre que les données soient toutes transférées.
Fastmail précise qu’elle a suivi la même voie en Europe qu’aux États-Unis, en créant son infrastructure avec ses propres serveurs, au lieu de louer ceux d’un fournisseur de cloud comme AWS ou Google Cloud. Le matériel a été sélectionné et installé par ses soins dans une portion du centre de données louée pour ses besoins, une démarche plus longue et plus coûteuse au départ, mais qui offre de meilleures garanties et un plus grand contrôle. Le coût de cette nouvelle installation ne sera pas répercuté sur les clients, note encore le CEO, qui précise que cela a été envisagé. Le prix restera ainsi le même, quel que soit le lieu utilisé pour héberger les données, un choix qui pourra être effectué dès l’ouverture du compte.
Même si l’entreprise ne promet rien, sa communication laisse entendre qu’un deuxième centre de données pourrait être ouvert à terme sur le continent, de quoi réduire encore la dépendance à l’Amérique du Nord. Il faudra toutefois faire preuve de patience et accepter que ses données traversent encore l’Atlantique jusqu’à nouvel ordre. À ce sujet, le chemin suivi par les envois dépendra aussi du nom de domaine si on utilise ceux de Fastmail, comme le détaille cette fiche support.
Fastmail est un service strictement payant, avec des formules qui débutent à 6 € par mois pour un seul utilisateur et une boîte mail de 50 Go (et 10 Go supplémentaires pour stocker des fichiers). On peut réduire ce prix en payant jusqu’à trois ans à l’avance, tandis que des formules existent pour les familles et entreprises.













