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Starlink joue à Tetris en déplaçant 4 400 satellites d’ici 2026, pour réduire le risque de collisions

Greg Onizuka

vendredi 02 janvier 2026 à 20:30 • 65

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Alors que nombre de compagnies aériennes commencent à se diriger vers Starlink pour donner un accès internet illimité à leurs clients, la société d’Elon Musk commence à réaliser qu’un souci se pose à elle : l’encombrement de la zone devient de plus en plus complexe à gérer.

Ce n’est pas encore Gravity, mais ça devient compliqué. Image Warner Bros.

Vers les 480-550 km d’altitude, l’embouteillage n’est pas encore là (il y a selon les spécialistes de quoi entreposer plusieurs dizaines voire centaines de milliers de satellites), mais la gestion du trafic commence à devenir complexe : si Starlink compose la majorité des satellites à ces orbites, avec plus de 9000 (soit tout de même 60 à 65 % du nombre total de satellites en orbite !), la cohabitation avec les autres opérateurs devient de plus en plus difficile sans communication précise et réglementée pour chaque mouvement.

Air France confirme Starlink sur toute sa flotte fin 2026 : critiquable, mais quel autre choix ?

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C’est ainsi que le 9 décembre, un satellite chinois lancé par CAS Space est passé à 200 mètres de Starlink-6079, ce qui représente à l’échelle spatiale une quasi-collision. Michael Nicolls, le Vice-Président Engineering de SpaceX, s’en était d’ailleurs ému dans un post sur X.

Quand les opérateurs de satellites ne partagent pas les éléments orbitaux (éphémérides) de leurs satellites, des rapprochements dangereusement proches peuvent se produire dans l’espace. Il y a quelques jours, 9 satellites ont été déployés à partir d’un lancement depuis le centre de lancement de satellites de Jiuquan, dans le nord‑ouest de la Chine. À notre connaissance, aucune coordination ni mesure de déconfliction avec les satellites déjà en activité dans l’espace n’a été réalisée, ce qui a conduit à un passage à seulement 200 mètres entre l’un de ces satellites et STARLINK‑6079 (56120) à 560 km d’altitude. La majeure partie du risque lié aux opérations spatiales provient de l’absence de coordination entre opérateurs de satellites – cela doit changer.

Plus que de ralentir sur le nombre de satellites envoyés dans l’espace, le VP Engineering prône une communication stricte et normée entre les agences spatiales et les gestionnaires de flottes, afin d’éviter une catastrophe probable en cas de collision spatiale.

Afin de limiter encore plus les risques, SpaceX a d’ailleurs décidé de modifier l’orbite de près de la moitié de sa constellation, à savoir tout de même 4 400 satellites. Ces quelques milliers d’éléments passeront ainsi de 550 km d’altitude à 480 km. Plusieurs raisons motivent ce choix :

  • à 480 km d’altitude, il y a beaucoup moins de trafic, ce qui permet une gestion plus souple, Starlink se retrouvant quasiment le seul sur cette orbite contrairement aux 550 km qui sont de plus en plus chargés par les différents concurrents (Starlink, Kuiper, OneWeb).
  • la latence diminue encore, même si ça reste anecdotique.
  • un satellite en panne ou les débris générés par une collision ou une panne explosive restent beaucoup moins longtemps en orbite : on passe de 4 ans à quelques mois.

Et en parlant de débris, Starlink a généré son lot en fin d’année : le 17 décembre, le satellite Starlink-35956 a subi une explosion interne, ventilant le contenu de son réservoir de propulsion. Si le satellite en lui-même a subi une perte d’altitude, et devrait donc rapidement rentrer dans l’atmosphère pour s’y consumer, ses débris vont rester en orbite quelques années, et donc gêner d’autant plus le trafic déjà chargé.

Le 17 décembre, Starlink a subi une anomalie sur le satellite 35956, entraînant la perte des communications avec l’engin à 418 km d’altitude. L’anomalie a provoqué une purge du réservoir de propulsion, une diminution rapide d’altitude d’environ 4 km et la libération d’un petit nombre d’objets traçables à faible vitesse relative. SpaceX coordonne le suivi de ces objets avec l’US Space Force et la NASA. Le satellite est en grande partie intact, en rotation, et rentrera dans l’atmosphère terrestre pour se désintégrer complètement d’ici quelques semaines. Sa trajectoire actuelle le place sous la Station spatiale internationale, sans aucun risque pour le laboratoire en orbite ni pour son équipage. En tant que plus grand opérateur de constellation de satellites au monde, nous sommes profondément attachés à la sécurité spatiale et prenons ces événements très au sérieux. Nos ingénieurs travaillent activement à identifier et corriger la cause de l’anomalie et déploient déjà un logiciel sur nos engins visant à renforcer la protection contre ce type d’événement.

Il va sans dire qu’au fil du temps et des lancements toujours plus nombreux de satellites autour de notre planète, les astronomes ne seront plus les seuls gênés : la gestion des constellations va devenir un casse-tête toujours plus complexe. Sans coordination internationale, l’accident ne sera plus une question de possibilité, mais de temporalité. Si pour le moment Starlink reste encore pour quelque temps le plus grand opérateur satellite au monde, ce n’est qu’une question de temps avant qu’il soit rejoint par Amazon ou d’autres entreprises, qui devront partager leurs moindres mouvements dans l’espace.

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