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Il a reconstruit un Apple II en 2026, composant après composant


En se débrouillant bien, on peut en 2026 émuler à peu près tout et n'importe quoi. Mais pour certains puristes, ce n'est pas assez. Si l'on souhaite retrouver l'expérience authentique des produits vintage d'Apple, le premier réflexe est souvent de se tourner vers un émulateur logiciel. Pourtant, un projet récent prouve qu'il est possible d'obtenir un résultat bien plus fidèle en s'attaquant au problème par la voie matérielle : reconstruire un ordinateur classique de toutes pièces. A condition d’en avoir le temps et les moyens (techniques).

Présenté ce week-end par Simon Boak, le « SB Mini II » est décrit comme un clone de l'Apple II "fait maison". Il s'agit d'une refonte matérielle complète de l'Apple II Plus, mais qui s'appuie habilement sur des composants que l'on peut acquérir aujourd'hui. Le bidouilleur a en effet réalisé que la plupart des puces logiques de base, y compris l'indéboulonnable processeur 6502, sont toujours disponibles sur le marché. En combinant ce constat avec les schémas électriques du manuel d'origine et une solide bibliothèque de livres sur le sujet, il a pu établir un plan d'attaque précis et remplir son panier.

Des composants modernes pour une architecture classique

Ce clone utilise naturellement des alternatives modernisées par rapport au design initial, évolution technologique oblige. L'un des changements clés concerne la mémoire dynamique (DRAM) de l'Apple II original. Si, à l'époque, le choix de la DRAM était dicté par des contraintes de coûts, la mémoire statique (SRAM) est aujourd'hui suffisamment abordable pour ce type de projet. Par conséquent, une puce et demie de SRAM de 32 Ko suffit pour atteindre les 48 Ko nécessaires à l'Apple II Plus. Une modification astucieuse qui élimine au passage le besoin de recourir à des circuits de rafraîchissement complexes pour faire fonctionner la mémoire.

Le traitement de la vidéo a lui aussi été repensé. Simon Boak note qu'une grande partie du circuit original était dédiée à la génération d'un signal vidéo composite. En utilisant plutôt une carte VGA pour Apple II, il a pu obtenir une image nettement plus nette, tout en purgeant le circuit principal de sa logique de génération vidéo.

Cette approche a également permis de simplifier l'horloge et les signaux de synchronisation. Le concepteur exploite un oscillateur à cristal de 4,096 MHz, divisé pour atteindre 1,024 MHz, une fréquence extrêmement proche des 1,023 MHz de la machine d'origine. Quant à la saisie, un Raspberry Pi Pico, dont la puissance surpasse ironiquement celle de l'Apple II Plus tout entier, fait office de pont pour connecter un clavier USB moderne. Ce dernier génère les mêmes signaux de données parallèles que le clavier d'époque, et évite de s'encombrer de convertisseurs de tension.

Un écrin inspiré du ProFile

L'aspect matériel est couronné par un boîtier créé sur mesure pour l'occasion. L'enveloppe a été imprimée en 3D en plusieurs morceaux, puis collée et peinte, et les fichiers de conception ont depuis été mis à disposition sur GitHub. Son design lorgne ouvertement du côté du disque dur Apple ProFile, agrémenté toutefois d'aérations supplémentaires et d'un panneau arrière pour accéder à la connectique.

Fidèle à la philosophie originelle d'Apple, qui concevait ses machines pour être facilement accessibles de l'intérieur, le capot du boîtier se clipse tout simplement, permettant une ouverture sans le moindre outil. Pour parfaire ce saut dans le temps, un moniteur LCD « Studio II » assorti a également été dessiné.

Simon Boak n'en est d'ailleurs pas à son premier coup d'éclat : en juin 2024, il avait déjà mis au point un clone de l'Apple 1 accompagné d'une imprimante, le tout utilisant une carte SD pour le stockage.

L’Apple I de Simon Boak

Voilà de quoi occuper vos prochains week-ends…