Ce n'est pas un phénomène particulièrement nouveau, mais la hausse de prix très importante dans le domaine de la mémoire flash (et de la mémoire vive) ravive un problème important : la contrefaçon. Car des prix élevés permettent aux malandrins qui vendent des SSD contrefaits de faire une bonne marge, avec en prime des utilisateurs qui sont moins regardants sur l'origine du SSD, compte tenu des prix élevés : la sensation de faire une bonne affaire tend à réduire un peu la méfiance.

L'exemple donné par les Japonais d'Akiba PC Hotline est évident : ils ont acheté une copie d'un Samsung 990 Pro, un SSD de chez Samsung. Il est probablement comparable aux SSD « Samsung » 1080 Pro, déjà vus dans l'arsenal des arnaqueurs. Nos confrères n'indiquent pas le prix payé pour la contrefaçon, mais il faut être conscient d'une chose : le faux SSD est probablement vendu plus cher qu'un véritable Samsung 990 Pro si vous prenez les prix d'il y a quelques mois… La version 1 To vaut actuellement 175 €, mais elle a été vendue moins de 80 € en août 2025.
Au-delà de la qualité visuelle de la copie, assez proche de la version originale sans être totalement parfaite (on peut noter des étiquettes un peu baveuses), il faut noter deux choses qui sont parfois employées pour vérifier la présence d'une copie… et qui sont absentes ici. Premièrement, la capacité : autant il est possible de tester la capacité réelle d'une fausse carte SD de 1 To avec des outils (elles font généralement quelques dizaines de gigaoctets), autant il est beaucoup plus compliqué de le faire si le SSD fait réellement 256 Go ou 512 Go, car les tests sont longs. Il n'y a pas de contraintes techniques particulières, mais peu de personnes vont tenter de vérifier la capacité avec des tests qui demandent parfois plusieurs heures.

SSD 16 To et microSD 1 To à prix modique : gare aux nombreuses contrefaçons
Deuxièmement, même si ça peut sembler paradoxal, les logiciels de tests donnent des résultats du même ordre que pour un SSD standard… du moins dans le cache SLC. Si vous achetez un SSD de 16 To à très bas prix, vous aurez probablement une carte mémoire SD cachée dans un boîtier, comme lors de nos essais. Mais sur un SSD de 1 To, vous aurez plutôt un SSD de 1 To équipé d'un contrôleur bas de gamme et de mémoire de type QLC. De façon très concrète, un test de performance avec des outils classiques, qui se contentent de 8 ou 16 Go de données, donnera des résultats corrects grâce au cache SLC, implémenté de la même façon dans les contrôleurs d'entrée de gamme que dans les plus rapides. Mais un test de base ne vous montrera pas les performances en dehors du cache. Un SSD qui utilise de la mémoire TLC (3 bits par cellule) aura un cache SLC qui vaut un tiers de la capacité (s'il est vide) et les performances en dehors du cache seront correctes. Avec de la mémoire QLC bas de gamme (4 bits par cellule), le cache passe mécaniquement à un quart de la capacité, avec des débits qui dépassent rarement 100 ou 200 Mo/s, comme un disque dur.

Le cache pSLC clarifié (1/2) : l'arme secrète des SSD modernes
En l'état, il reste tout de même une solution, notamment chez Samsung : un outil de la marque (Magician, sous Windows1) permet de vérifier l'authenticité d'un SSD. Le modèle d'Akiba PC Hotline ne passe pas encore cette étape : il est détecté comme un faux et son numéro de série ne contient que des 8. mais nul doute que si la hausse continue, les fabricants de copies trouveront une solution pour régler ce petit défaut, grâce à l'appât du gain. Et dans tous les cas, méfiez-vous : si c'est trop beau pour être vrai… c'est trop beau pour être vrai.
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Étant donné que les Mac actuels ne permettent pas réellement de connecter un SSD M.2 en direct, l'absence de macOS n'est pas tout à fait un problème. ↩︎
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