Alors que 2026 — ou peut-être début 2027 — devrait enfin marquer l'arrivée tant attendue des écrans OLED sur les MacBook, force est de constater une chose : à tort ou à raison, les technologies d'affichage semblent toujours prendre un peu plus de temps à mûrir que le reste de nos composants.
Pourtant, un simple coup d'œil dans le rétroviseur suffit à mesurer le chemin parcouru. Il y a vingt ans, quasiment jour pour jour, le 5 juillet 2006, l'eMac tirait discrètement sa révérence. En abandonnant sa machine d'entrée de gamme, Apple tournait une page historique : celle de son tout dernier ordinateur équipé d'un bon vieil écran cathodique (CRT).
Le Mac le plus lourd de l’histoire ?
Pensé à l'origine pour le marché de l'éducation, l'eMac se présentait comme une déclinaison plus véloce de l'iMac originel. Dépouillé de sa poignée de transport et paré d'une robe toute blanche, cet ordinateur encombrant n'en restait pas moins une machine plutôt bien ficelée pour l'époque.
Sous le capot, il offrait des performances très honorables grâce à son processeur PowerPC G4. Au fil de sa carrière, la gamme a d'ailleurs eu droit à plusieurs révisions bienvenues, l'ultime configuration grimpant jusqu'à un processeur à 1,42 GHz, épaulé par une puce graphique Radeon 9600.
Des compromis qui pesaient lourd
Toutefois, cette magie opérait de façon inégale au sein de la communauté, et la machine était loin d'être exempte de défauts. En premier lieu : son bruit. Beaucoup d'utilisateurs se plaignaient du boucan généré par la ventilation de la bête. Sur la balance, l'eMac et ses 23 kg accusaient également le poids des contraintes de l'époque.
Pour tirer les prix vers le bas, cette machine s'appuyait sur des composants éprouvés, ce qui paradoxalement n’a pas été synonyme d’une fiabilité à toute épreuve. Surtout, la comparaison esthétique ne jouait pas en sa faveur : face au design iconique de l'iMac G3 ou à l'incroyable iMac G4 « Tournesol » et son écran plat monté sur bras articulé, le profil de l'eMac prenait inévitablement un coup de vieux.
Le LCD a révolutionné le design des ordinateurs
Il va sans dire que la transition vers les écrans LCD fut perçue comme une véritable révolution. Certes, la technologie coûtait sensiblement plus cher, mais elle balayait d'un revers de la main les défauts du tube cathodique. Au-delà d'une consommation électrique drastiquement revue à la baisse et d'une luminosité accrue, les écrans plats mettaient fin à ce désagréable effet de scintillement lié au faible taux de rafraîchissement des dalles CRT.
Mais le véritable tour de force du LCD fut sans doute d'ordre conceptuel. Cette rupture technologique a offert à Apple un terrain de jeu inédit pour affiner le design de ses Mac, arrachant enfin l'industrie informatique à cette interminable ère des « grosses boîtes beiges » dans laquelle elle croupissait depuis les années 1980.
Il aura tout de même fallu attendre le milieu des années 2000, et la mise à la retraite de l'eMac, pour que la Pomme débranche définitivement la prise de ce bon vieux tube cathodique. Comme quoi, avec les écrans, les transitions sont toujours très longues.













