Qui vient faire la réclame du nouveau MacBook Neo à la télévision ? Contre toute attente, ce n’est pas Tim Cook — qui aurait pourtant pu se prêter au jeu vu l’importance stratégique de ce lancement — mais bien John Ternus. Si Apple avait un message à faire passer sur l’importance de son nouveau patron de l'ingénierie matérielle, elle ne saurait mieux s’y prendre.
Un Mac abordable, mais pas au rabais
Pourtant, vendre un Mac « low-cost » est un défi périlleux pour la marque à la pomme. On aurait presque aimé que la journaliste d’ABC News rappelle à son invité les mots de Steve Jobs en 2008. Assailli de questions sur la menace des « netbooks », ces PC portables à bas prix, le cofondateur d'Apple avait tranché : « Nous ne savons pas faire un ordinateur à 500 dollars qui ne soit pas pourri. »
Steve Jobs : "nous avons les meilleurs clients au monde"
Presque deux décennies plus tard, John Ternus lui répond en écho : Apple ne voulait pas franchir le pas avant d'être capable de proposer un produit dont elle puisse être fière. Pour le dirigeant, si l'attente a été si longue, c'est que « la barre était placée particulièrement haut ». Mais si Apple se lance aujourd’hui dans une telle aventure, c’est pour que le Mac touche davantage de monde.
Une puce d’iPhone sous le capot
Comparaison n’est pas raison… Si Apple parvient enfin à sortir un Mac à ce tarif, c’est que le matériel de 2026 n’a plus grand-chose à voir avec celui de 2005. Apple maîtrise un grand nombre de composants sur sa machine. Et la tendance n’est pas près de s’inverser.
Sans surprise, Ternus a confirmé que le secret de ce prix plancher réside principalement dans l'utilisation d'une puce dérivée de l'iPhone. Un choix qui n'empêche pas l'audace visuelle : avec ses coloris "flashy", le MacBook Neo assume son côté expressif. Apple explique avoir conçu cette machine de zéro avec la couleur comme ligne directrice, offrant à ses designers une liberté nouvelle pour créer un produit plus personnel.
Une intelligence artificielle appelée à devenir invisible
John Ternus en a également profité pour vanter les mérites d’Apple Intelligence. Sans surprise, Apple continue de défendre une vision très particulière de l’IA : une technologie appelée à se faire oublier au profit de l’usage.
Selon lui, Apple Intelligence va continuer à gagner en importance, non pas comme un argument marketing omniprésent, mais comme un ensemble de fonctions rendant les tâches du quotidien plus simples et plus efficaces. Si Apple atteint son objectif, les utilisateurs ne penseront même plus vraiment à l’IA comme telle : ils adopteront simplement de nouveaux usages parce qu’ils les trouveront pratiques.
L’objectif d’Apple : rendre son IA omniprésente, au point que vous la portiez en permanence
Cette philosophie s’inscrit dans une stratégie plus large déjà perceptible ailleurs dans l’écosystème Apple : rendre l’intelligence artificielle à la fois discrète, diffuse et omniprésente.
La question de la succession
Enfin, et c’est plus inhabituel, John Ternus a été interrogé sur son avenir au sein d’Apple et sur les spéculations qui le présentent comme un possible successeur de Tim Cook. Sa réponse est restée très maîtrisée : il dit aimer profondément le poste qu’il occupe aujourd’hui, travailler avec des équipes exceptionnelles, et estime que des journées comme celle-ci — marquées par l’annonce de nouveaux produits — rappellent à quel point Apple est, selon lui, l’endroit idéal où être.
Portrait : John Ternus, l’homme qui visse le futur d’Apple
Difficile de ne pas y voir une séquence de communication soigneusement calibrée. Chez Apple, tout est fait pour que le jour où la question de la succession de Tim Cook se posera réellement, la transition paraisse aussi naturelle que possible.












