L'AV1, un codec vidéo très performant, va avoir un successeur, on le sait depuis l'automne 2025. L'AV2, rien de très original, va évidemment améliorer la compression vidéo : comme dans toutes les annonces de codec, il faut s'attendre à soit une image de meilleure qualité à débit identique, soit une bande passante plus faible pour la même qualité. Le gros avantage de l'AV2, comme l'AV1, c'est qu'il ne dépend a priori pas de brevets : il est gratuit et ne nécessite pas de payer une dîme pour l'utiliser. En attendant le décodage matériel, le décodeur logiciel de VideoLAN, dav1d, a été adapté… évidemment sous le nom dav2d1.

Le codec AV2 annoncé, alors qu'Apple peine à prendre en charge massivement l'AV1
Pour le décodage, il y a généralement deux solutions. Soit une accélération matérielle, soit un décodage logiciel. La version matérielle, depuis le milieu des années 2000, dépend essentiellement des cartes graphiques : les cartes de décompression dédiée restent rares. Dans le cas de l'AV1, les grands fabricants (Nvidia, AMD, Intel, Qualcomm, etc.) ont suivi assez rapidement, avec d'abord un décodage matériel dans les GeForce RTX 3000 et autre Radeon RDNA2 (RX 6000), ensuite un décodage et un encodage matériel dans les générations suivantes. Du côté d'Apple, il a fallu attendre l'A17 Pro, les A18 et les puces M3 pour le décodage, et l'encodage est toujours absent.
Du côté logiciel, il y a généralement plusieurs variantes, mais dans le cas de l'AV1, le dav1d (open source) a pris le pas. Développé en grande partie en assembleur et particulièrement optimisé, il est très utilisé dans les applications et les systèmes d'exploitation, notamment dans les cas où l'accélération matérielle n'est pas disponible.
dav1d, le décodeur AV1 le plus optimisé qu'Apple refuse d'utiliser
L'historique du projet dav2d, qui est en ligne depuis peu, montre que les travaux ont commencé fin octobre 2025. Comme dav1d, dav2d est codé en C, avec des optimisations en assembleur pour différentes architectures. Les différentes étapes du développement sont présentées, avec des optimisations attendues pour les puces x86 classiques (via les instructions AVX2) et ARM en premier lieu, avant de passer sur des solutions moins courantes (RISC-V, AVX-512 dans le monde x86, etc.).
Si la présence d'un décodeur logiciel performant dès le départ est une bonne nouvelle, il ne faut pas oublier une chose : le succès d'un codec dépend essentiellement de son utilisation, qui elle découle directement de son décodage matériel. L'AV2, comme l'AV1, ne deviendra probablement réellement populaire que quand il sera largement pris en charge dans les systèmes sur puce. Il y a quelques exceptions, comme l'utilisation de l'AV1 par YouTube sur les vidéos en (très) basse définition pour les marchés émergents, mais dans l'ensemble un codec ne devient réellement populaire que quand il combine de bonnes performances et une prise en charge logicielle et matérielle large.
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Toujours un acronyme récursif, mais moins amusant, dixit la documentation. ↩︎











