Il avait été annoncé en septembre 2025, il est enfin prêt : les spécifications finales du codec AV2 sont maintenant disponibles. Le nouveau codec open source et libre de droits, qui succède à l'AV1, devrait amener des gains intéressants. Selon Jean-Baptiste Kempf, président de l'association VideoLAN, les gains sont de l'ordre de 25 % par rapport à l'AV1, qui est déjà un des codecs les plus efficaces.

Concrètement, l'AV2 devrait permettre de réduire de 25 % le débit des flux vidéo à qualité identique, ou améliorer la qualité à débit identique. Dans les deux cas, c'est intéressant pour les services de streaming, de YouTube à Netflix en passant par de nombreux acteurs qui utilisent déjà l'AV1. Ils pourront en effet réduire la charge sur les réseaux mobiles pour les vidéos en basse définition, ou fournir une image de meilleure qualité en 4K, ce qui reste parfois le point faible de certaines offres.
Si les spécifications de l'AV2 sont disponibles, ce n'est évidemment pas encore le cas des décodeurs matériels, généralement intégrés dans les GPU et les systèmes sur puce. Par contre, le décodeur logiciel (et optimisé) porté par VideoLAN est déjà là, sous le nom dav2d.
Le décodeur AV2 de VideoLAN arrive, le dav2d
Kempf explique que le codec AV2 est certes plus efficace, mais surtout plus lourd : il demande environ cinq fois plus de puissance de calcul que l'AV1. Les optimisations en assembleur, adaptées à différents jeux d'instructions, sont déjà en place pour réduire la charge sur le processeur, le nerf de la guerre. Il cite des optimisations AVX2 pour les puces x86 (des instructions vectorielles courantes), NEON pour les puces ARM et même quelques fonctions en assembleur pour les puces RISC-V. L'avantage de dav2d est qu'il propose une base codée en C pour une compatibilité très large, avec ensuite des fonctions réécrites en assembleur pour améliorer la vitesse de décodage.
La décompression matérielle attendra
Les grands services de streaming passent généralement sur un nouveau codec quand il est largement pris en charge matériellement par les puces des téléviseurs, smartphones et autres décodeurs TV, mais aussi dans les PC. Dans le cas de l'AV1, les spécifications datent de mars 2018 et les premières puces capables de décoder l'AV1 sont apparues environ deux ans plus tard chez Nvidia (GeForce RTX 3000), AMD (Radeon RX 6000) ou Intel (Intel Xe). Chez Apple, il a fallu attendre 2023 et l'A17 Pro, et un appareil comme l'Apple TV est toujours incapable de décoder matériellement l'AV1. Rappelons qu'Apple fait partie de l'Alliance for Open Media (AOMedia)…

L'étape suivante est généralement l'encodage matériel, qui permet réellement à un codec d'être employé en masse. Il a fallu attendre 2022 chez AMD (Radeon RX 7000) ou Nvidia (RTX 4000) et même 2024 chez Intel (Xe 2) ou Qualcomm (avec les Snapdragon X). Apple, pour le moment, ne propose pas encore la possibilité matériellement en AV1.













