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« Beaucoup d'utilisateurs d'Illustrator passent à Affinity Designer »

Mickaël Bazoge | | 17:34 |  52

Un autre logiciel vectoriel est possible. Pour tout dire, il n'y a jamais eu de meilleur moment pour lâcher un Illustrator qui se repose depuis longtemps sur ses lauriers (certes prestigieux), et emprunter un chemin de traverse. Les graphistes ont en effet rarement eu autant de choix pour jouer avec les courbes de Bézier.

Si l'horizon des graphistes s'est limité à Illustrator durant de longues années, de nouvelles propositions ont émergé ces derniers temps : entre Sketch, disponible en version 3.1 depuis peu ou le très intéressant iDraw [2.4.1 – Français – 21,99 € - Indeeo, Inc.], les professionnels ont l'embarras du choix.

L'éditeur Serif, qui a fait de Windows son terrain de chasse pendant 27 ans, s'est lancé récemment sur OS X avec une grosse ambition : devenir incontournable sur le marché de l'édition graphique et de la PAO avec une suite composée de trois outils qui viennent marcher sur les platebandes d'Adobe. Affinity Publisher veut s'attaquer à InDesign et QuarkXpress, Affinity Photo va taquiner Photoshop et Pixelmator, tandis qu'Affinity Designer se concentre sur Illustrator et ses concurrents. Ce travail de développement a débuté il y a quatre ans et emploie une dizaine de développeurs.

Un programme ambitieux donc, mais le studio se donne les moyens d'aller au bout de son projet : le premier module de la suite, Affinity Designer [1.1.2 – US – 44,99 € – OS X 10.7 – 107 Mo - Serif Labs], se révèle en effet déjà très convaincant alors qu'il n'en est qu'à sa version 1. Optimisé pour OS X Yosemite et l'écran 5K du nouvel iMac depuis la dernière mise à jour 1.1.2, le logiciel peut se permettre de remplacer Illustrator dans la plupart des tâches courantes, tout en apportant de nouvelles manières de fonctionner comme les Personas, des espaces de travail adaptés à différents types d'activité, ou encore un excellent aperçu des pixels (qui rend encore mieux sur des écrans Retina). On y trouve aussi une bonne partie des outils bien connus des utilisateurs d'Illustrator, comme un Pathfinder, l'export en de multiples formats (dont le PSD, le TIFF, l'EPS et le SVG) et l'importation de documents Ai, les raccourcis clavier…

Tout n'est évidemment pas parfait : Affinity Designer ne propose aucune prise en charge d'un système de scripts, ni d'extensions; les Plans de travail d'Illustrator pointent aux abonnés absents; mais l'équipe d'une dizaine de développeurs du logiciel est réactive et prévoit des mises à jour régulières afin de mettre l'application au niveau de la concurrence sur tous ces points. Le logiciel a aussi pour lui d'être commercialisé sous la forme d'une licence perpétuelle, sans abonnement donc. On trouvera sur le site de l'éditeur une démo pour se faire une idée d'Affinity Designer.

Afin de tirer un premier bilan de cette aventure sur OS X, et pour tracer les perspectives à venir, Ashley Hewson, directrice générale de Serif, a bien voulu répondre à nos questions.

Entre Illustrator, Sketch et quelques autres, les graphistes commencent à avoir l'embarras du choix pour leur logiciel de dessin vectoriel. Quelle était l'idée derrière Affinity Designer ? Qu'est-ce qui fait l'originalité de votre logiciel, qu'a t-il que les autres n'ont pas ?

Affinity Designer est le premier module de la suite de produits Affinity. Au cœur de cette suite, on trouve Affinity Designer pour l'édition vectorielle, Affinity Photo pour l'édition d'images, et Affinity Publisher pour la publication assistée par ordinateur. Affinity Photo sera disponible en mars de l'année prochaine, et Affinity Publisher d'ici la fin 2015.

Il y a beaucoup de choses qui font d'Affinity Designer, et la suite complète, des logiciels uniques. Les performances offertes par Affinity sont extrêmement rapides, bien plus que Sketch ou Pixelmator. Designer n'est jamais à court de mémoire, il est donc possible de travailler sur une image de 100 mégapixels et les performances restent fantastiques.

Ensuite, nous avons bâti Affinity autour des besoins des professionnels et des créatifs, nous avons développé des choses comme le support du CMJN et le 16 bits dès le départ. Enfin, lorsque les autres produits de la suite seront disponibles, ils partageront le même format de fichier; il y a donc une intégration totale entre les documents, sans avoir à importer ou exporter votre travail dans différents types de format.

Cliquer pour agrandir

Combien de temps a nécessité le développement d'Affinity Designer ? Quelles ont été les difficultés rencontrées durant la conception du logiciel ?

Nous avons investi l'équivalent de 40 années de développement dans la suite Infinity jusqu'à présent. Comme notre expérience précédente résidait dans le développement pour Windows, il y a eu beaucoup de choses que nous devions apprendre sur le développement pour OS X, mais pour être honnête, nous avons trouvé que c'était une plateforme bien plus simple que Windows. Tout ne repose pas sur le système d'exploitation non plus : avec le matériel d'Apple viennent des processeurs, des cartes graphiques, etc. Il y a beaucoup de configurations de Mac, mais ce n'est rien face aux millions de combinaisons différentes que les gens peuvent avoir sur un PC.

J'imagine que vous avez déjà beaucoup à faire pour améliorer Affinity Designer et finir le développement des deux autres logiciels de la suite, mais à l'avenir prévoyez-vous également de vous lancer sur iOS ?

Oui, la base de tous les moteurs utilisés dans Affinity a été conçue pour iOS, donc ce n'est qu'une question de temps avant de voir les produits Affinity sur iPad.

Avec la suite Affinity complète, vous allez concurrencer directement la Creative Suite d'Adobe. Pensez-vous que le trio Photoshop/Illustrator/InDesign manque désormais de pertinence ?

Nous pensons simplement que nous pouvons créer quelque chose de meilleur pour la majorité des créatifs professionnels, que n'importe quoi d'autre qui existe déjà. Les avantages de nos produits parlent pour eux : meilleures performances, plus grande précision, intégration complète avec les formats de fichiers. Nous voyons déjà beaucoup d'utilisateurs d'Illustrator passer à Affinity Designer, donc je pense que que les créatifs sont prêts à adopter de nouveaux outils s'ils améliorent leur manière de travailler.

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52 Commentaires Signaler un abus dans les commentaires

avatar John Maynard Keynes 17/11/2014 - 17:47 (edité)

Heureusement que le tire est entre guillemet :-)

Il faut prendre avec beaucoup de circonspection ce type de déclaration tenant du plaidoyer pro-domo.

Aucune étude ne montre l'effondrement des PDM du produit Adobe que pourrait faire imaginer le titre ;-)

avatar Prositt Luckner 17/11/2014 - 17:55

Ça y est, ça commence...

avatar John Maynard Keynes 17/11/2014 - 18:03

Qu'est ce qui te pose pb ?

Mon propos serait faux ?



avatar Prositt Luckner 17/11/2014 - 18:18

Au contraire, Cher Maître, cela est parfaitement exact, comme toujours.
C'est la leçon de bon sens que je reçois à chacun de vos propos, qui commence... :))

avatar John Maynard Keynes 17/11/2014 - 18:42

@Prositt Luckner

Désolé pour la nuisance, mais si tu parcours régulièrement les commentaire, tu constateras hélas que le rappel des évidences n'est pas inutile pour tout le monde ;-)

avatar oomu 17/11/2014 - 19:03

Avouez, cependant, qu'une concurrence ambitieuse (dans les propos, et au moins dans leur première version) fait plaisir à voir, en cette période de disette freemium et de Grands Anciens à abonnements.

-
et puis "beaucoup", moi dés que ça dépasse ce que ma tête peut comprendre (quelques milliers), ça fait "beaucoup" :) Plus sérieusement, faut voir ça comme une déclaration que leur produit démarre bien.

avatar John Maynard Keynes 17/11/2014 - 19:34 (edité)

@oomu

Toujours intéressant de voir se développer de nouvelles offre mais de la à en faire des concurrents sérieux d'Adobe il y a hélas un pas, très difficile de lutter contre des normes de faits ne serait-ce qu'à cause de l'aversion au changement de bien des utilisateurs ...

Je suis assez fan du très fin positionnement de Pixelmator qui ne se place pas frontalement en concurrent de PS mais en alternative sur ce que n'adresse pas PS ou PSE.

Faire son beurre sur le segment des logiciel "Digital Media" est aujourd'hui assez compliqué même pour les majors du secteurs et les success story se font bien rare sur ce segment :-(

Bref je leur souhaite bien évidement les meilleurs vents possible, dans la difficile tache qu'ils se donnent.



avatar occam 17/11/2014 - 20:29 (edité)

Vous vous souvenez sans doute de l'adage de Steve Jobs lors de la présentation d'iPhone:
Prendre ne serait-ce que 1% du marché de la téléphonie mobile, c'est déjà énorme.

Si Affinity ne grignote au départ que 1% du marché des outils de dessin sur Mac, ils auront déjà de quoi vivre.

Ensuite, Affinity et iDraw ne se placent pas "frontalement" face à Illustrator, du fait qu'Adobe a décidé de se retirer du marché des licences perpétuelles. Donc, les utilisateurs actuels ou potentiels qui ne peuvent ou ne veulent se résigner au modèle d'abonnement CC sont ipso facto délaissés par Adobe, et deviennent par défaut des clients en puissance pour tout logiciel de dessin sur Mac à peu près correct.

Dès que la case "abonnement" est considérée comme rédhibitoire, Illustrator CC s'auto-élimine de l'équation.

avatar John Maynard Keynes 17/11/2014 - 20:50

@occam

Il ne faut pas prendre tous les propos de Jobs pour argent comptant, un iPhone captant 1% du marché serait mort et enterré depuis longtemps.

Il n'est pas simple de développer un business de niche sauf à trouver une très bonne niche, la majorité des produits "alternatifs" aux offres d'adobe vivotent plus ou moins bien.

Les position marginale sont très difficile à tenir sur la durée.

Pour le reste se faire du fric avec les réfractaires à la CC est bien moins facile qu'on ne le crois, ce n'est pas pour rien que les majors du secteur migrent vers un modèle sur abonnement ;-)

Il n'y a pas eu depuis la CC de vague de fond sérieuse profitant aux alternatives professionnelles.

avatar trolloloI 17/11/2014 - 22:03

@John Maynard Keynes
"Il ne faut pas prendre tous les propos de Jobs pour argent comptant, un iPhone captant 1% du marché serait mort et enterré depuis longtemps."

C'clair, c'est du pur BS de marketeux pour faire glousser les fans, qu'il a laché le jobs. S'il avait réellement voulu se contenter des pdm qu'aurait obtenu de lui même l'iphone, yaurait pas eu de contrats avec les opérateurs pour pousser à la ventes des smartphones d'apple.

avatar Un Type Vrai 18/11/2014 - 09:37 (edité)

Hors contexte, c'est facile de retourner...

Mais en 2007, qu'un Smartphone fasse 1% des ventes de téléphones mobiles, c'était une sacré ambition ! Et l'iPhone a rapidement fait passer les "feature phone" pour des gadgets inutilisables, donc les smartphones ont ensuite pris plus de part de marché.

Mais les propos de Steve Jobs étaient bien dans le contexte une ambition et non pas un pis aller.

avatar John Maynard Keynes 18/11/2014 - 17:37 (edité)

@Un Type Vrai

Mais les propos de Steve Jobs étaient bien dans le contexte une ambition et non pas un pis aller.

Non juste de la com, à ce niveau là ce n'était pas viable et ne justifiait nullement les investissements ;-)

avatar jeanba3000 17/11/2014 - 22:52 (edité)

Tout à fait d'accord John, même si ce petit courant d'air frais n'est pas désagréable.

La concurrence a toujours du bon, mais il sera difficile de déloger « l'ogre de San Jose ». ;-)

avatar John Maynard Keynes 17/11/2014 - 23:55

@jeanba3000

C'est assez désolant mais il est des positions dominantes qui sont quasi-imprenable et il est, à mon sens, faux de croire que ce n'est que le fait de la force des majors.

Le poids des habitudes, l'aversion au changement, la peur de perdre de la maitrise et de remettre en question des acquis ... participent largement du statu-quo.

Les logiciels Digital Media reposent souvent sur des paradigmes et des visons très datées aujourd'hui, mais ces paradigme ont forgée des standard d'usage, de méthode de travail, de regard sur le matériaux digital et d'interaction avec celui-ci qu'il est quasi impossible de remettre en question.

Tous les produits se voulant des alternatives ne changent en général que marginalement les approches définies par les outils d'Adobe qui semble aujourd'hui à beaucoup des normes évidente qui ne doivent surtout pas changer.

De mon point de vue, un logiciel moderne remettant, par exemple, à plat le rapport aux travail des images numérique avec des approche infiniment plus moderne que celle de PS qui en grande part sont issu des années 80/90 aurait le plus grand mal à se faire une place.

C'est un des grand paradoxe des utilisateurs, ils réclament des innovations et se plaignent qu'il n'y en est pas assez et hurle quand de réel changement en profondeur intervienne.

L'utilisateur une des grandes entraves actuelle dans le domaine des logiciels et dans la grande stagnation de biens des outils.

Il est déjà très difficile de faire passer des bonnes pratiques, de faire adopter des workflow performant et productif, de défendre des méthodologie de travail ... en restant dans le même environnement logiciel dans les industries Digital Media ... alors pour ce qui est d'adopter de tout nouveau outils en lieu et place de ce qui est connu et maitrisé ...

avatar jeanba3000 18/11/2014 - 00:38

Tu as tout à fait raison, la position dominante d'Adobe est bien entretenue par le poids des petites habitudes, de la logique d'investissement des pros (ça parait toujours coûter moins cher de ne pas remettre en question ses méthodes de travail), de l'effet de masse des utilisateurs, effet favorisé par le piratage dont Adobe a bénéficié pour éliminer la concurrence (LivePicture & co…)…

avatar Hasgarn 18/11/2014 - 10:28 (edité)

Comme tu as raison. Le pire, c'est que souvent l'utilisateur n'est qu'un simple utilisateur justement et que ses habitudes sont très lié à une méconnaissance des nouveautés. POur avoir bossé dans une grosse boite de pub nantaise (avec des gros gros clients), j'ai parfois eu l'impression de faire un bon de 10 ans en arrière avec pourtant une CS5 entre les mains.

Il y a beaucoup d'utilisateurs qui se pensent très savant, alors qu'ils se reposent sur des acquis non remis en question depuis des lustres.

Je ne comprends pas qu'on puisse encore utiliser le format EPS, par exemple. Il a ses avantages, mais une belle batterie d'inconvénient. Et cette idée que plus le fichier est léger, plus l'ordinateur va vite ^^'

avatar izoong 18/11/2014 - 12:54

Ton discours serait sans appel si tu prenais en compte les nouvelles générations qui n'ont aucun a priori. Faut arrêter les discours de vieux croulants.

avatar Hasgarn 18/11/2014 - 14:57

Ces générations sont très influencées.

avatar John Maynard Keynes 18/11/2014 - 17:41

@izoong

Ton discours serait sans appel si tu prenais en compte les nouvelles générations qui n'ont aucun a priori.

Dans tes rêves peut être :-)

Les générations montantes sont tout autant formatés, la génération spontanée hors sol n'existe pas ;-)

Je peux te dire d'expérience que les phénomènes que j'évoque sont trans-générationels et que les fixations sur l'outil arrivent très très vite.

Faut arrêter les discours de vieux croulants.

Tu sais l'âge ne fait rien à l'affaire :-)

avatar jeanba3000 19/11/2014 - 10:37

Les générations montantes ont été « contaminées » par Adobe grâce au piratage, mais il ne faut pas oublier le poids des métiers, car si ta génération montante veut trouver du taf dans une boite, il lui sera sans doute demandé si elle maitrise les logiciels en vigueur, pas si elle en connait d'autres, ou alors à la marge en complément.

avatar kac 19/11/2014 - 13:55

@Mickaël Bazoge aime trop les superlatifs dans ses titres !

avatar valentinchrt 17/11/2014 - 17:54 via iGeneration pour iOS

Comme beaucoup d'UI designer passent sous Sketch pour créer leurs interfaces.

Le problème avec Adobe, ce sont des logiciels incontournables qu'on a appris à maîtriser. Mais faut avouer qu'en terme d'ergonomie par exemple, ça peut être parfois compliquer.

Pour ma part, je continue d'utiliser PS et Illustrator mais plus pour les interfaces !

avatar Doctomac 17/11/2014 - 17:55

Cela fait plaisir de voir l'émergence de ce types de logiciels qui certes ne sont pas encore comparables en terme de fonctionnalité aux historiques logiciels d'Adobe mais ces softs sont modernes et pleinement intégrés aux technos et interface d'OS X. Tout ce que n'est pas les logiciels d'Adobe.

avatar RBC 17/11/2014 - 17:59 (edité)

Bravo à eux en tout cas et bon courage pour la suite.

avatar aleios 17/11/2014 - 18:00 (edité)

Ne pas oublier la myriade de plug-ins développés pour les différents logiciels Adobe...
Le changement devient quasi impossible pour les utilisateurs ayant besoins de ces fonctionnalités.

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