Autodesk se rapproche du système de « location » de logiciels d’Adobe

François Tsunamida |

Autodesk (AutoCAD, 3ds Max, Maya, Alias, Smoke…) a annoncé à des analystes que la société pensait sérieusement ne plus proposer de « vente » de logiciels (les « licences perpétuelles »), mais uniquement des « locations » (système d’abonnement).

L’éditeur de logiciels compte imposer à ses clients le modèle économique de « location » de licences, initié par Adobe il y a quelques années et repris par Microsoft avec Office. Celui-ci permet un accès moins coûteux aux logiciels (en façade du moins), car le prix de l’abonnement mensuel de ces logiciels professionnels n’est pas très élevé, donc plus facilement envisageable pour un étudiant par exemple. Le système apporte aussi plus de flexibilité pour la gestion des abonnements par les entreprises clientes, car certains éditeurs permettent de s’abonner sans engagement. Pour les éditeurs, l’intérêt est de disposer de revenus plus réguliers et étendus dans le temps. Par contre, le système d’abonnement est généralement plus coûteux que l’achat d’un logiciel pour peu que l’utilisateur se serve du logiciel pendant plusieurs années.

Selon le PDG Carl Bass, la hausse du chiffre d’affaires au deuxième semestre 2014 qui s’est terminé fin juillet (+13 % de hausse avec un chiffre d'affaires de 480 millions $) s’explique par la fin du système classique de mise à jour l’année prochaine (achat d’une nouvelle licence perpétuelle, proposée avec une remise aux possesseurs des versions précédentes du logiciel). Celui-ci sera remplacé par un système de mises à jour par abonnement mensuel ou annuel (ou bien par l’achat d’une licence perpétuelle sans remise). Le résultat net (23,6 millions d’euros pour ce dernier trimestre) est en baisse par rapport aux résultats de l’année précédente pour la même période (46,5 millions d’euros). Les entreprises utilisant les outils d’Autodesk semblent avoir anticipé ce changement imposé par l’éditeur et les abonnements se sont multipliés, d’où un CA en augmentation. Depuis un an, l’éditeur annonce en effet qu’il cessera de proposer le système traditionnel de mises à jour dès 2015.

Si les clients ne veulent pas passer par les fourches caudines de l’abonnement aux logiciels d’Autodesk, il ne leur restera que la possibilité d’acheter une licence perpétuelle. Ils pourront s’en servir sans limitation de durée, mais le logiciel ne sera plus mis à jour. Il n’y aura plus de corrections de bugs, et plus de nouvelles fonctions contrairement à la version proposée aux clients ayant souscrit à un abonnement. Et au bout de quelques années, si les nouvelles fonctions de la version en « location » tentent trop l’utilisateur, ou si la version qu’il a achetée ne fonctionne plus sur le système d’exploitation de son ordinateur, il n’aura d’autre choix que de racheter une nouvelle licence perpétuelle de son logiciel, toujours sans mises à jour. Ou partir chez un éditeur concurrent…

A un analyste qui demandait si Autodesk comptait « mettre fin aux licences perpétuelles » (les « achats » classiques de logiciel), le PDG a répondu que l’éditeur l’avait envisagé, y réfléchissait sérieusement et aurait des nouvelles à annoncer début octobre, lors de la réunion des actionnaires de la société. Il a notamment précisé qu’il serait surpris si dans trois ans, on utilisait encore le système des licences perpétuelles. Autrement dit, il ne croit pas que les éditeurs continueront à vendre leurs logiciels, et ne les proposeront plus que sous la forme de « location» avec un système d’abonnement au mois ou à l’année.


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avatar JLG47_old | 

L'achat de logiciel reste ambigu.
En effet, c'est le droit d'usage que l'on achète, pas l'application. Or dans ce cas, rien n'oblige l'auteur de vous assurer les mises à jour, même pour contrer un dysfonctionnement.
La location, qui est plutôt un droit d'usage, oblige l'auteur à maintenir son application et à en corriger les dysfonctionnements.
De nombreuses applications professionnelles sont passées à ce mode dans l'intérêt des utilisateurs.
Reste que, pour l'utilisateur occasionnel, l'idéal est en effet le droit d'usage sans obligation.
J'ai besoin d'un logiciel de dessin de bâtiment de temps en temps, l'acheter est déraisonnable, le louer en continu aussi. Mais payer l'usage le mois ou j'en ai besoin serait idéal.

avatar Nesus | 

@JLG01 :
Oblige en quoi ?
Ça t'oblige juste à payer tout les mois. C'est tout. L'éditeur ne te doit rien. Tu prends l'appli comme elle est. Après c'est à son bon vouloir. Regarde illustrator qui n'est plus mis à jour. Aucunes obligations. Ce système c'est juste l'arnaque absolue. Parce qu'il n'y a aucune contrepartie. Comme par hasard qui plus est, ce ne sont que les baron du secteur qui le pratique. Peu de concurrence donc peu de possibilité de faire autrement. C'est ignoble de forcer la main ainsi. J'espère qu'ils arrivent à bien dormir.

avatar nonoFB | 

Bonjour,
Je suis tout à fait d'accord, pour moi c'est le très mauvais système pour l'utilisateur. On a déjà vu le problème quand les serveurs sont en pannes, nous ne pouvons plus travailler. C'est arrivé chez Adobe, puis même sur iCloud, et aussi une panne du réseau internet. Au moins en local nous pouvons toujours travailler. Les sauvegardes sont en local. Enfin c'est mon opinion. Il devrait exister le choix de louer où d'acheter le logiciel.

avatar Fumée | 

[Modéré] incitation au piratage.

avatar jerome74 | 

Qu'on achète ou qu'on loue, rien n'oblige l'éditeur à corriger les bugs. Ça change rien.
Pouvoir louer, c'est bien pour l'utilisateur occasionnel si et seulement si il n'y a pas d'engagement: on loue 1 mois ou 2 pour faire un projet, ça coûte moins cher que d'acheter.
Pour un usage régulier, pour l'utilisateur c'est une mauvaise affaire: le prix reste du même ordre, sauf que le jour où on veut arrêter de payer plein pot, on perd l'usage complet du logiciel. Si on l'a acheté, on garde toujours l'usage de la vieille version quand on veut reprendre un vieux projet.

avatar petergab | 

@Nesus
C'est une arnaque si le logiciel ne fonctionne pas correctement, n'est pas mis à jour.
Pour Adobe, le coût de la location est de moitié par rapport aux mises à jour payante (si on les fait toutes, cela va sans dire). Donc une entreprise préfère louer (étalement du règlement) que sortir des liquidités. D'autant que disposant d'un numéro de TVA, elle ne t'es pas débité, allégeant le coût direct.
Ça c'est une autre façon de voir la location...

avatar Ken-de-barbie | 

Ben Autocad, y vont continuer a garder leur bouse, Rhino et Solidworks (via parallel) font le job plus simplement et sans le cote usine a gaz.

Pour Adobe faut cesser avec les histoires de version , je connais des graphistes pro qui sont sous CS2 pour les extremes et CS5.5 pour la grande majorite , je suis passe sous CS6 (demo) je suis vite redescendu en 5.5 ...

avatar Fumée | 

Dreamweaver CC 2014 te change la vie comparé à Dreamweaver CS6. Impossible que je redescends maintenant.

avatar hawker | 

Ceux deux sociétés sont les plus mercantiles dans leur domaine et sont complètement a la solde de leurs actionnaires qui n'en n'ont strictement rien a faire que logiciels soit stables ou bien concus, il ne pensent qu'au CA et aux bénéfices nets et préfèrent embaucher une armée de markeuteux inutiles pour convaincre a out prix que leurs bouses sont bonnes plutôt que prendre des décisions réfléchies et construite d’après les retours clients, ...tout ça parce que le client qui les intéresse, c'est celui qu'ils n’ont pas encore et c'est tout...
J’espère profondément que ces deux sociétés tomberont un jour et bien bas, pour arrêter de pourrir la vie de leur clients, et que des compagnies qui respectent leurs propres produits et leurs clients prendront le pas sur les part de marché, les laissant bien cons avec leurs logiciels a la codebase de 15 ans d'age complémentent irrécupérable.

avatar Mark Twang | 

Je vois les choses de façon un peu plus nuancée : ce sont des logiciels professionnels, faits pour les professionnels. C'est le service qui coûte cher et oblige ces boîtes à passer au modèle de l'abonnement pour soutenir leur structure et le développement de leurs produits. L'investissement représenté par l'abonnement est raisonnable pour des pros en productivité qui ont besoin de support et de pérennité. Cela permet aussi de maintenir quelques emplois dans ces secteurs.

Aujourd'hui, les amateurs peuvent trouver d'excellents programmes libres dans tous les domaines, sans recourir au piratage qui est et reste un délit. Étant un adepte du logiciel libre, je vois au contraire la vague actuelle de passage à ce modèle économique professionnel "locatif" comme une occasion de repenser la distinction entre logiciels libres et logiciels propriétaires, non pas comme concurrents mais comme complémentaires. Dire que les logiciels libres sont adaptés en productivité me paraît un peu utopique. Crier qu'ils sont nuls et insuffisants pour des emplois basiques ou avancés est inexact.

Je précise que si j'ai délaissé Photoshop pour Gimp, Illustrator pour Inkscape et Office pour LibreOffice, qui me suffisent amplement, je ne compte pas délaisser Logic Pro X pour Ardour. Mais le créneau de Logic Pro X, comme celui de Final Cut, est unique. Ce sont des vitrines de luxe pour Apple et leur modèle ne peut pas être comparé à celui des produits de Microsoft, d'Adobe ou d'Autodesk qui ne sont pas adossés sur la vente de hardware.

avatar Mark Twang | 

Je pense qu'on devra très bientôt dresser un bilan sérieux et complet des différents modèles économiques du progiciel car les choses ont bien changé ces dernières années.

Si je prends le cas des développeurs indépendants, particulièrement présents sur les plateformes Apple, ils s'inscrivent entre ces deux grands modèles évoqués dans mon message précédent. Si Apple fait des démonstrations de force avec ses logiciels iWork, iLife et pro (Final Cut et Logic Pro), Apple n'a pas ENVIE de développer pour Apple : elle souhaite que ce soient des développeurs indépendants qui s'en chargent, en respectant un cahier des charges particulièrement chargé. Certes, développer pour les plateformes Apple est visiblement plutôt agréable (guidelines claires, IDE plutôt sympa et API nombreuses), certes l'App Store est censé faciliter l'accès aux applications et libérer les développeurs de la charge d'un serveur, mais combien de développeurs indépendants arrivent à vivre ou simplement à rentrer dans leurs frais avec le système des Stores, sa grille tarifaire plutôt basse et sa commission de 30% ? En définitive, combien de logiciels propriétaires modestes parviennent à assurer une certaine pérennité, gage de confiance pour les usagers ? L'épuisement de ce modèle dans un avenir proche ne risque-t-il pas de mettre un sérieux coup de frein à l'intérêt des plateformes Apple ? Ce n'est pas un troll, juste une question !

avatar hawker | 

Le modelè du logiciel est un des plus bénéficiaire qui puisse exister. Même si le développement coute cher, la distribution est quasi nulle niveau couts par rapport aux marchandises tangibles ou les marges sont ridicules a coté, et lorsqu'un logiciel se vend bcp comme ceux de Adobe et Autodesk, les marges sont juste énormes (si ils sont cotés au NASDAQ, c'est pas pour rien..), et les devs de ces produit sont loins (TRES LOINS) d’être un poids dans le budget de l'entreprise, alors l’argument des couts de développement..................
Le problème de ces entreprise, c'est qu'elle sont cotées en bourse, et que pour que les actionnaires soient contents, ils doivent augmenter les chiffres encore et toujours, même si il sont déjà très bons. A partir de la, tout part en sucette, parce qu'ils ont une pression des investisseurs sur les épaules qui les obligent trouver tous les moyens possible pour rassurer les marchés.
Voila la réalité peu luisante.

avatar Mark Twang | 

@hawker

"Le problème de ces entreprise, c'est qu'elle sont cotées en bourse"

Ça, je te rejoins.

avatar papalou | 

Sur le papier, le passage à l'abonnement, je trouve ça très bien. A plusieurs points de vue : comptabilité, souplesse, etc...
Dans la pratique, s'il faut être connecté à internet, c'est juste pas possible, pour des questions de sécurité des contenus produits et de contrats avec les clients qui ont les droits sur ces contenus.
Il faut avoir la possibilité de s'abonner sans que les machines de production soit connectées, en passant par une machine tierce qui récupère les licences du mois, qu'on met ensuite sur les postes de travail (via clé USB par exemple).

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