Acteur important des modèles à poids ouverts, Meta est-il finalement en train de réussir à se faire une vraie place dans l’IA grand public ? Il est encore trop tôt pour le dire, mais sa nouvelle application Muse réalise en tout cas un excellent démarrage en Amérique du Nord. Cette app, qui propose un agent IA, occupe actuellement la première place des téléchargements sur l’App Store et Google Play.

D’après Apptopia, qui suit les téléchargements d’applications, Muse a fait mieux que ChatGPT à ses débuts. En douze jours, l’application aurait totalisé 2,8 millions de téléchargements. La comparaison mérite toutefois d’être nuancée. Lors de son lancement, ChatGPT avait rencontré le succès grâce au bouche-à-oreille et largement dépassé les attentes d’OpenAI.
Muse profite de son côté d’une puissance de feu promotionnelle sans commune mesure, grâce aux autres applications de Meta déjà installées chez des milliards d’utilisateurs. Le groupe avait déjà utilisé Instagram pour pousser Threads et WhatsApp pour promouvoir Meta AI, entre autres.
Muse se distingue justement de Meta AI en permettant de créer des agents personnalisés capables d’aller effectuer des tâches sur le web et de se connecter à des services tiers, comme Gmail. Pour faire simple, c’est l’équivalent d’OpenClaw placé sous le contrôle de Meta. L’utilisation est gratuite dans certaines limites, avec des abonnements à 20 ou 100 $ par mois pour aller au-delà.
Malgré ce bon départ, Muse n’échappe pas aux polémiques. Amazon a déjà bloqué l’agent sur sa plateforme, l’empêchant d’effectuer des achats pour le compte de ses utilisateurs. Le géant du commerce avait déjà pris une mesure similaire à l’encontre de ChatGPT.

Plus embêtant, l’application Mac lancée la semaine dernière contenait une vulnérabilité zero-day qui permettait à un malandrin de prendre le contrôle de l’agent et donc d’agir sur l’ordinateur. Le chercheur Patrick Wardle à l’origine de la découverte recommandait le 21 septembre de ne pas installer l’application, jugeant qu’il était particulièrement facile de transformer Muse en une porte dérobée.
Le contraste est forcément gênant avec le discours de Meta sur la confidentialité et la sécurité de Muse au moment de son annonce. L’entreprise a corrigé la faille dans les heures qui ont suivi sa médiatisation et affirme que le risque réel restait limité, l’exploitation nécessitant un accès local à l’appareil de l’utilisateur, selon elle.
Meta n’a pour l’instant annoncé aucune date de lancement de Muse en Europe.
Meta se lance à son tour dans le vibe coding avec Muse Code, sa réponse à Claude Code ou Codex














