Quelques jours seulement après son ouverture, le grand procès qui oppose Meta à de nombreux États américains au sujet de l’addiction à ses plateformes est déjà terminé. Le propriétaire de Facebook et Instagram a signé un accord à l’amiable de 18 milliards de dollars (15,5 milliards d’euros) pour mettre un terme à cette affaire.

Meta s’en tire bien, puisque cette somme correspond à un mois de son chiffres d’affaires environ et que le groupe risquait une amende pouvant atteindre 200 milliards de dollars. En réglant le dossier aussi rapidement, Mark Zuckerberg évite aussi un grand déballage de documents internes ou de témoignages potentiellement compromettants, ainsi qu’une comparution personnelle probablement peu agréable. Signe que cet accord est une bonne issue pour Meta, son action a progressé de 2,7 % en Bourse en début de séance mercredi.
Le géant des réseaux sociaux était accusé par la quasi-totalité des États d’avoir menti sur la gestion des comptes des mineurs, en laissant notamment les moins de 13 ans s’inscrire, et d’avoir rendu Facebook et Instagram addictifs. Sans reconnaître officiellement ses fautes, Meta s’engage néanmoins à modifier ses plateformes pour les adolescents.
Parmi les mesures principales, une limite d’utilisation quotidienne de deux heures (cumulée entre les deux réseaux sociaux) sera instaurée et un mode nuit bloquera l’accès aux applications entre minuit et 6 heures du matin. De plus, le nombre de like et de réactions ne sera plus affiché, tandis que la lecture automatique des contenus sera désactivée. Mais ces nouveaux réglages par défaut pourront être modifiés avec l’accord d’un parent… ou en contournant son autorité.
Si Meta enlève un caillou de sa chaussure aux États-Unis, le groupe est encore loin d’en avoir terminé avec les accusations concernant les effets de ses plateformes sur la santé mentale. Dans le cadre du DSA, la Commission européenne lui a récemment demandé de désactiver par défaut en Europe certaines fonctionnalités jugées trop addictives, comme la lecture automatique des vidéos. À défaut, l’entreprise s’expose là aussi à une lourde amende. Pas sûr que l’entreprise ait vraiment retenu la leçon, puisqu’elle envisage de transformer encore un peu plus Facebook en TikTok.
Bruxelles accuse Facebook d’être trop addictif ? Meta accentue son virage vers TikTok













