La France devrait bientôt perdre l’une de ses exceptions : Google s’apprête à y activer les aperçus IA, ou « AI Overviews », ces résumés générés par Gemini qui s’affichent en tête des résultats de recherche. Ouest-France a rapporté l’information en premier et Les Échos a pu la confirmer de son côté. S’il n’a pas encore officialisé l’annonce, le géant de la recherche a bien envoyé dans la foulée une communication aux grands médias français pour tenter de les rassurer sur cette arrivée prochaine.
Les AI Overviews ont été lancés en 2024, à l’origine uniquement aux États-Unis avant une généralisation dans de nombreux pays dès le printemps 2025. La France faisait partie des rares exceptions et reste privée de la fonctionnalité depuis. En cause, les droits voisins de la presse, qui sont déjà un sujet épineux pour Google. Pour faire simple, plusieurs gros médias français ont réclamé une rémunération pour permettre à l’entreprise américaine d’afficher des liens vers leurs articles dans ses résultats de recherche. Avec un aperçu généré par une IA, la question financière se complique, puisque Gemini va lire et résumer directement les contenus.
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Pourquoi la France est-elle privée d’AI Overviews par Google ?
Pour rassurer les publications françaises, Google a envoyé une communication le 29 juin en faisant trois promesses. Tout d’abord, un éditeur pourra choisir de ne pas afficher ses contenus dans les nouvelles fonctionnalités IA, que ce soit le résumé qui s’affiche en haut des résultats ou le mode AI complet, qui permet d’aller plus loin en enchaînant les questions. Point important, l’entreprise promet que le choix de se retirer des réponses générées par Gemini n’aura aucun impact négatif sur la recherche traditionnelle et les paiements associés.
Ensuite, des statistiques seront fournies, pour permettre aux créateurs de sites de savoir combien de fois ils ont été mentionnés par AI Overviews. La firme de Mountain View vante l’intérêt de ses utilisateurs et met en avant la popularité historique de ses services. Sébastien Missofle, le directeur général de Google France, indiquait ainsi il y a quelques jours : « Le succès est réel, nous avons enregistré au premier trimestre 2026 le plus grand nombre de requêtes de l’histoire de Google ». En théorie, les sites français pourront le constater eux-mêmes, grâce à ces statistiques.
Enfin, l’entreprise maintiendra la rémunération des sites web, via le même principe du droit voisin. Il y a actuellement 450 éditeurs de contenus qui bénéficient de versements et ce sera encore le cas pour les contenus qui sont utilisés par les aperçus IA ou le mode IA. Les contrats devront être mis à jour et les sommes versées tiendront compte du simple survol d’un lien cité par l’IA. Ce survol affiche un pop-up avec d’autres informations fournies par la source au lieu d’ouvrir directement l’URL. C’est un des reproches des acteurs français au système, d’ailleurs : ils ne savent pas comment les statistiques seront prises en compte exactement et en particulier, quels liens parmi tous ceux qui servent de source à une réponse IA seront rémunérés.
Derrière les discours rassurants de Google, la crainte d’une baisse de trafic est bien réelle dans la presse française. Il faut dire que l’entreprise américaine a bouleversé son site en un temps record, avec une telle mise en avant des textes générés par Gemini que l’on ne voit même plus la liste de liens sur mobile. Pour un grand nombre d’internautes, les résumés seront jugés suffisants et ils n’ouvriront plus les sites qui ont permis de les générer.
Au-delà des questions financières, il faut aussi noter que la fonctionnalité n’a pas très bonne presse. Vous vous souvenez peut-être des premiers pas compliqués, à base notamment de pizzas à la colle, mais cette réputation s’est maintenue jusqu’à récemment. Dès que l’on sort de demandes simples et bien connues, on tombe vite sur des erreurs plus ou moins faciles à repérer. Toutes les IA génératives peuvent halluciner, c’est leur fonctionnement basé sur des prédictions de texte qui provoque ces phénomènes. L’effet est néanmoins bien différent sur un moteur de recherche réputé depuis sa création pour sa fiabilité.
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Les internautes français devraient rapidement croiser ces résumés par IA concoctés par Google et pourront alors se faire leur avis. D’ici là, les plus curieux peuvent activer un VPN dans un autre pays, car cela suffit à basculer dans la nouvelle ère du service.













