Apple cherche de nouvelles sources pour alimenter Siri. Selon le Wall Street Journal, l’entreprise a approché plusieurs éditeurs de presse afin de négocier l’accès à leurs contenus. L’objectif serait notamment de permettre à son nouvel assistant de répondre à des questions portant sur l’actualité et de fournir des informations récentes.

Les rapports entre les géants de la tech et les groupes de presse ont longtemps été tendus, et le sont d'autant plus depuis l’essor de l'IA générative. De nombreux modèles ont été entraînés à partir d’immenses quantités de données récupérées sur le web, et plusieurs éditeurs contestent l’utilisation de leurs articles sans autorisation ou rémunération. Certains médias comme Le Monde ou de grands groupes comme Condé Nast (Vogue, The New Yorker, Wired, Vanity Fair) ont préféré conclure des accords avec OpenAI, tandis que d’autres groupes de presse ont choisi la voie judiciaire.
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Apple doit donc avancer dans un contexte juridique et commercial compliqué. D’après le Wall Street Journal, Cupertino proposerait toutefois un modèle assez différent de celui privilégié jusque-là par une partie de ses concurrents. Les accords envisagés seraient pluriannuels et reposeraient sur une rémunération variable : un éditeur toucherait de l’argent lorsque son contenu est effectivement utilisé. Apple aurait évoqué un budget potentiel à neuf chiffres pour financer ces paiements, soit au minimum une centaine de millions de dollars.
La formule tranche avec les accords de licence les plus courants entre entreprises d’IA et groupes de presse, qui prévoient généralement une somme garantie en échange d’un accès au catalogue d’un éditeur. Apple semble donc privilégier une logique de paiement à l’usage. Le journal ne précise toutefois ni la liste des groupes approchés ni la manière dont chaque utilisation serait comptabilisée et rémunérée. Apple n’en serait pas à son premier accord de ce type avec des éditeurs : selon le Wall Street Journal, l’entreprise a déjà payé pour accéder à certains contenus, avec dans certains cas des droits permettant l’entraînement de modèles d’IA.
La Pomme connaît par ailleurs bien le secteur de la presse avec Apple News+, lancé en 2019 et toujours proposé aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et en Australie. C'est un service qui n’est pas disponible en France et dans le cadre duquel la société travaille avec de nombreux éditeurs qu’elle rémunère. Les revenus peuvent être significatifs pour certains partenaires, ce qui donne à Apple une force de frappe non négligeable dans ce secteur. En France, la disparition du widget News d’iOS en 2024 avait d’ailleurs provoqué un petit séisme pour certains sites : si Apple ne rémunérait pas directement les éditeurs, à notre connaissance, le trafic généré par ce widget pouvait être très important et donc particulièrement rémunérateur pour les médias mis en avant.
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Ces nouvelles discussions interviennent alors que les éditeurs s’inquiètent de plus en plus de voir les moteurs de recherche et assistants dopés à l’IA répondre directement aux internautes, au risque de réduire le trafic envoyé vers les sites qui produisent l’information. En France, les questions liées aux droits voisins et à la rémunération des éditeurs ont d’ailleurs longtemps compliqué le déploiement des Aperçus IA de Google, qui s’appuient sur des contenus issus du web pour générer leurs réponses.













