La position d'Arm dans le monde des processeurs est un peu particulière : depuis ses débuts, la société a choisi de ne pas produire ses processeurs. Pendant plus de 35 ans, la société s'est contentée de développer des processeurs presque sur le papier, avant de licencier ses composants à d'autres sociétés (Apple, Samsung, Google, Amazon, Qualcomm, etc.), qui s'occupaient de la production et de la vente (avec parfois d'autres intermédiaires, comme les fondeurs). L'AGI, un système sur puce pensé pour Meta, est donc une petite révolution : il a été produit par Arm directement.

Arm va concevoir des puces complètes pour ses clients, un changement de paradigme complet
Les rumeurs courraient depuis plus de trois ans, Meta avait été considéré comme le client d'Arm il y un environ un an et le système sur puce a donc (enfin) été annoncé.
Un système sur puce pour l'IA
C'est un système sur puce assez classique pour le monde des serveurs, dans la pratique. Il intègre jusqu'à 136 cœurs Arm Neoverse V3, capables de fonctionner à 3,7 GHz et équipés de 2 Mo de cache (par cœur). Il est basé sur deux chiplets gravés en 3 nm par TSMC, et propose un bus mémoire assez large (douze canaux en DDR5, soit 768 bits) avec de la DDR5-8800, pour une bande passante totale de 845 Go/s. La consommation d'une puce est de 300 W, ce qui est correct compte tenu du nombre de cœurs.

Dans un sens, c'est une puce qui aurait pu être conçue et utilisée par Google, Amazon ou même Nvidia, mais Arm, ici, supprime un intermédiaire. La société a d'ailleurs annoncé des partenariats avec des fabricants de serveurs pour des armoires clés en main. Le modèle de référence permet l'installation de 8 160 cœurs dans une armoire classique (36 kW) avec trente serveurs 1U équipés chacun de deux puces. Supermicro a même des versions refroidies avec du liquide qui contiennent 336 puces (45 696 cœurs)… pour une consommation de 200 000 W.

La société précise bien évidemment que l'annonce de ses propres processeurs ne change rien au développement des cœurs Neoverse et à la possibilité d'obtenir une licence, même si l'AGI est clairement en concurrence directe avec les systèmes sur puce de certains de ses clients, comme les Graviton d'Amazon.











