Si vous avez eu un PC dans les années 90 ou 2000, vous vous souvenez peut-être d'une opération qui devait être effectuée de façon régulière, la défragmentation. Et pour les nostalgiques de cette époque heureusement révolue, un site vous permet de rafraîchir vos souvenirs : Defrag98.

Il est utile de rappeler la raison d'être de la défragmentation. Dans un périphérique de stockage, les données sont organisées en blocs (les clusters) qui ont une taille fixe et qui sont consécutifs. Prenons un exemple simple et théorique. Si vous enregistrez trois fichiers qui nécessitent dix clusters chacun, ils vont donc être placés l'un à la suite de l'autre et prendre trente blocs consécutifs. Mais si, suite à une modification, le second fichier nécessite un peu plus d'espace (par exemple onze clusters), le bloc en question va être placé derrière les autres, ce qui va fragmenter le fichier en deux zones. Si ensuite vous modifiez le premier fichier pour réduire sa taille, il y aura peut-être un bloc vide, et si vous ajoutez des données dans le troisième, elles seront en dixième position (dans le bloc libéré). Vous avez compris l'idée, la fragmentation arrive très rapidement.
Le problème de cette fragmentation est lié aux disques durs de l'époque : le temps d'accès d'un disque dur, qui est composé de disques qui tournent, est variable et assez long dans l'absolu (de l'ordre de la dizaine de millisecondes). La tête de lecture peut accéder rapidement à des clusters qui se suivent d'un point de vue physique, mais elle induit une attente pour un cluster qui se trouve sur une autre partie du disque. Cette attente, dans les faits, va être un bruit de grattement et des performances réduites pour l'accès aux fichiers.

Pour reprendre notre exemple simple, la défragmentation consiste donc à déplacer les données pour qu'elles soient placées consécutivement. Dans notre cas, il faut donc déplacer les dix clusters du second fichier à un autre endroit du disque, réorganiser les clusters du troisième fichier pour qu'il prenne la place du second, puis réécrire le second à la troisième position, pour que son onzième cluster soit placé derrière les dix premiers. Maintenant, il faut évidemment comprendre que vous avez plus que trois fichiers sur un disque dur et probablement énormément de fragments. Donc la défragmentation est une tâche longue, qui va souvent nécessiter de nombreux allers-retours sur le disque dur pour réorganiser les données et gagner (un peu) en performances… jusqu'à la prochaine fois.
La défragmentation n'a plus trop de raisons d'êtres
En 2026, la défragmentation est globalement du passé. La première raison, c'est que les systèmes de fichiers un tant soit peu modernes (pas la FAT32 des années 90, donc) sont pensés pour limiter la fragmentation, avec de nombreuses méthodes de réservation d'espace, notamment. La seconde, c'est que les systèmes d'exploitation modernes défragmentent préventivement au démarrage et lors de certaines actions, ce qui évite de perdre parfois plusieurs heures pour cette tâche : c'est effectué au fil de l'eau.
Enfin, surtout, les SSD ne sont pas réellement touchés par la fragmentation, et elle est par ailleurs contre-productive dans certains cas. Dans un SSD, le temps d'accès est globalement constant et faible et n'est pas aussi variable qu'avec un disque dur. De plus, la structure des données au niveau logiciel (le système de fichiers) n'est pas identique à la structure au niveau matériel (dans les puces de mémoire flash). Et comme les disques durs sont devenus très rares pour le disque système, la défragmentation est globalement inutile. Elle peut toujours être utile dans certains disques durs externes sur de vieux systèmes de fichiers, mais un disque dur qui sert pour stocker des données froides est normalement moins fragmenté que le volume système, et les solutions modernes, nous l'avons vu, réduisent largement la fragmentation… et donc le besoin de défragmenter.
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