Si vous avez déjà eu besoin d'acheter un PC à bas prix (vers 450 à 500 € dans le domaine des PC portables), vous comprenez probablement que c'est un marché extrêmement compliqué. C'est en effet un marché de masse — une partie significative des utilisateurs n'a pas besoin ou envie d'un ordinateur plus onéreux — mais aussi un marché de compromis. Pour atteindre 500 €, les fabricants doivent malheureusement faire des choix : il est souvent impossible d'avoir un processeur haut de gamme, assez de mémoire vive, assez d'espace de stockage, un écran valable et une construction solide pour ce prix. Les compromis dépendent des marques (et des besoins des utilisateurs) et ils sont majoritairement présents. Mais selon Gartner, c'est aussi un marché qui risque de disparaître d'ici 2028.

Le rapport date de fin février, mais le constat n'a pas bougé depuis : la RAMpocalypse devrait faire augmenter le prix des PC portables d'environ 17 % en 2026 (par rapport à 2025), car la RAM et la mémoire flash — pour le SSD — représentent une part significative du prix d'un PC portable. Et selon Gartner, cette augmentation du prix de la mémoire — qui devrait continuer en 2027 — pourrait faire disparaître le segment des PC portables à moins de 500 $ en 2028. Rien qu'en 2026, les deux mémoires (flash et vive) représentent presque un quart du prix total des PC (23 %), contre environ un sixième en 2025 (16 %).

Pour le comprendre, il suffit de revenir aux compromis. Un PC vers 500 € est normalement un PC acceptable. Il n'a pas le meilleur processeur, probablement pas de carte graphique dédiée, mais il ne souffre pas non plus de gros défauts structurels. Vous aurez généralement un processeur d'entrée de gamme valable (Ryzen 3, Core (i)3), assez de RAM et de stockage, un écran 1080p en dalle IPS et un boîtier en plastique mais solide, avec une batterie suffisante pour quelques heures de travail. Mais c'est un équilibre fragile : un fabricant ne peut pas réduire réellement la quantité de RAM, car les besoins modernes sont tout de même bien présents, et descendre le stockage à 128 Go (ou même 256 Go dans le monde PC) n'est pas envisageable. Les seuls leviers viennent du processeur (et Intel a annoncé des hausses de prix), de la qualité de fabrication et de l'écran… ou du prix.
Les choix disponibles rendent l'équation presque impossible, car dans tous les cas, le client est perdant et un PC qui était acceptable avec des compromis justifiables devient d'un coup un appareil avec des défauts. Même en entrée de gamme, il est compliqué de justifier une dalle TN avec des angles de vue dignes des années 2000, un processeur d'entrée de gamme qui toussote quand Windows effectue ses mises à jour ou un SSD qui nécessite de faire le ménage pour les récupérer. Et c'est tout le problème : le point d'équilibre pour un PC acceptable va monter, inévitablement, tout du moins c'est ce que prévoit Gartner.

Et au-delà du fait que c'est un problème pour les clients de ce genre de PC, les fabricants vont aussi se retrouver avec une concurrence qu'ils n'imaginaient pas forcément il y a six mois : le MacBook Neo. Car si le Mac portable n'est pas en concurrence totalement frontale avec les PC vendus entre 450 et 500 € actuellement, la proposition d'Apple est nettement plus solide avec un processeur très correct, une finition bien meilleure que les PC d'entrée de gamme et un écran de bonne qualité. Les 8 Go de RAM (et surtout les 256 Go de stockage) sont un peu en retrait, mais si le prix moyen des PC s'approche des 700 € du MacBook Neo, de nombreux utilisateurs pourraient se tourner vers Apple.
Le MacBook Neo est un succès et c'est presque un problème pour Apple











