Il y a un côté très japonais dans les décisions de Sony. Ce n’est pas un hasard, l’entreprise étant japonaise. Mais à peine la décision d’abandonner le format physique pour les jeux PlayStation, une nouvelle information a été partagée par rien moins que le patron de la dernière usine de fabrication de disques appartenant entièrement à Sony : l’usine commence dès à présent sa reconversion, comme le rapporte The Verge.

Pendant des années, Sony a été associée à la galette de 12 cm que tout le monde connaît depuis maintenant plus de 40 ans. Depuis le premier CD, pour passer ensuite au DVD, et finalement au Blu-Ray, à chaque fois l’entreprise de Minato a toujours été là pour promouvoir et aider à grandir son format fétiche.
Au fil des années, le Blu-Ray marquant de plus en plus le pas face aux formats dématérialisés, Sony a reconverti une bonne partie de ses usines, jusqu’à n’en garder qu’une : celle de Thalgau, en Autriche. Et alors que Sony a décidé de passer la PlayStation entièrement en ligne, Dietmar Tanzer, patron de l’usine, a annoncé à l’ORF Salzburg que ce dernier vestige historique commencera dès à présent sa reconversion en lentilles dédiées à la micro-optique dans les semaines à venir. Les 300 employés actuels de l’usine seront gardés, et entameront leur reconversion au rythme des chaînes de production.

La transition ne se fera pas en un claquement de doigts, et l’usine continuera de produire des galettes emplies de données jusqu’en 2028, date de fin de commercialisation des jeux au format optique décidée par Sony, mais la voilure sera réduite petit à petit, jusqu’à ne représenter que 10 % des 600 000 disques par jour actuellement produits. L’année 2028 marquera la fin de la transition, emportant avec elle une histoire de plus de 40 ans commencée le 17 août 1982 avec le premier CD.
Si l’entreprise produit déjà des lentilles optiques depuis 2024 dans cette usine, cette annonce marque la concrétisation de la volonté de Sony de tourner définitivement la page du format physique qui est passé au fil du temps d’une capacité de 650 Mo jusqu’au 50 Go des Blu-Ray actuels. Certes, le format continuera d’exister encore pendant quelques années malgré le départ du dernier membre du duo ayant créé le format numérique optique bien connu, mais c’est sûrement, depuis les premiers prémices de la fin de règne du support physique, l’un des plus gros symboles de sa chute : seuls quelques sous-traitants continueront, sans ses membres fondateurs.

Le CD audio voit venir une modeste résurgence, sur la vague portée par le vinyle qui cartonne depuis maintenant plusieurs années, mais son heure de gloire est maintenant passée, et avec elle tous ses dérivés inventés au fil des ans. Pour le meilleur, ou pour le pire ? Chacun se fera son idée. Mais pour sûr, une page de l’histoire des formats se tourne avec la reconversion amorcée de la dernière usine de disques optiques de Sony.













