Depuis maintenant plusieurs semaines, la loi sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans refait parler d’elle : bonne idée, mauvaise idée, inapplicable… chacun a son avis sur la question. Mais quelques petits malins ont décidé de prendre le gouvernement de vitesse, en créant le service France-Majorité.

Comme son nom l’indique le site permet, moyennant rémunération, d’obtenir un certificat de majorité nécessaire pour certains sites (que ce soit les réseaux sociaux ou les fournisseurs de contenu X. Non, pas le réseau de Musk, l’autre X), sans avoir à communiquer son identité, ni même à prouver sa majorité. Le site indique même qu’il n’est pas nécessaire d’être majeur.
Majorité numérique à 15 ans : fin de la récré pour les réseaux sociaux
Mais comment diable fonctionne-t-il ? Il semblerait que nos chers législateurs aient laissé passer une faille béante dans leur texte, comme l’indique la FAQ du site :
Est-ce légal ?
Oui. La loi impose de vérifier qu’une personne majeure est derrière l’écran : elle ne précise pas laquelle. Aucun texte n’interdit de se faire assister par un prestataire de confiance, ni de lui confier la création d’un compte — et ce qui n’est pas interdit est, par définition, légal. Nos juristes sont formels : ils n’ont rien trouvé.
Le service déroule alors ses offres, allant de 5 € pour un seul site, 20 € pour 5 sites, et jusqu’à 50 € pour 20 sites. Pour ces tarifs, chaque site recevra un certificat permettant de vous authentifier sans avoir à donner votre identité réelle, et encore moins votre âge. Qui plus est, le site se veut écologique : pour 5 € dépensé, un arbre sera planté pour compenser le bilan carbone des serveurs.
L’idée paraît étrangement simple, et la faille bien trop grosse pour être réelle… et en effet, il est temps de casser les espoirs des mineurs qui nous lisent, ou des majeurs en quête d’anonymat : le site n’est qu’une vaste blague, comme le révèle le dernier paragraphe du dossier presse.
Ce site est une œuvre satirique. Il ne propose aucun service, ne collecte aucune donnée et n’en a jamais collecté.
En revanche, comme toute bonne satire, l’idée est de faire réfléchir. Et pour ce faire, la partie « Dossier de presse » regorge d’exemples, de chiffres et de réalisme, grâce à l’Australie et à la Grande-Bretagne qui ont déjà tenté cette limitation d’internet pour les mineurs. Le constat est sans appel : dans ces deux pays, ça n’a pas fonctionné. Alors pourquoi l’histoire serait différente en France ?
Si chacun se fera son idée, cette page n’est pas sans utilité, tant les sources utilisées sont variées et les exemples précis. En attendant qu’un petit malin propose à son tour ce type de service, mais réellement cette fois. Après tout, tout est trouvable sur Internet…













