L’architecture Apple Silicon va-t-elle enfin avoir une concurrence digne de ce nom ? Nvidia semble avoir frappé un grand coup à l'occasion du Computex.
Un monstre d'efficacité énergétique (ou presque)
Mark Aevermann, directeur de la gestion des produits chez Nvidia, n'a pas fait dans la demi-mesure en présentant le RTX Spark, qu'il qualifie de « puce PC la plus efficace jamais conçue ». Il va falloir le croire sur parole dans un premier temps, le caméléon s'étant montré particulièrement avare en données chiffrées. Pour faire court sur les fondations techniques, le fondeur recycle l'impressionnante puce GB10 du DGX Spark de l'année dernière pour la décliner en toute une famille de processeurs. Le fleuron de cette nouvelle gamme embarque 20 cœurs CPU, 6 144 cœurs GPU et pas moins de 128 Go de mémoire LPDDR5X.
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Sur le papier, les promesses sont au rendez-vous. Nvidia assure qu'une machine équipée de ce silicium peut calculer une scène 3D de 90 Go, monter une vidéo en 12K ou faire tourner le très gourmand Indiana Jones et le Cercle Ancien à 100 images par seconde en 1440p. Le tout, sans être branchée sur le secteur, dans le châssis d'un portable affichant à peine 14 millimètres d'épaisseur.
L’offensive par le haut de gamme
Ce qui est peut-être surprenant dans la stratégie de Nvidia, c’est le choix d'attaquer ce nouveau marché frontalement par le haut de gamme. Que Cupertino se rassure, des déclinaisons plus modestes et plus accessibles arriveront dans un second temps, avec un ticket d'entrée débutant à 16 Go de RAM. Tôt ou tard, Nvidia compte bien venir piétiner les plates-bandes du MacBook Neo.
Mais ce qui frappe le plus dans cette affaire, c’est que l'arrivée du poids lourd des cartes graphiques a d'ores et déjà convaincu l'industrie logicielle de prendre le train en marche. Nvidia souligne fièrement que de nombreux ténors tournent déjà nativement sur l'architecture ARM, à l'image de Blender, DaVinci Resolve, Cinema4D, CapCut ou encore la suite Affinity. Si le constructeur promet que tout sera prêt pour le lancement de ces machines cet automne, le cas d'Adobe est particulièrement révélateur. Premiere va en effet bénéficier d'un tout nouveau pipeline vidéo pensé spécifiquement pour exploiter les 128 Go de mémoire unifiée du Spark. Quant à Photoshop, son traitement accéléré par le GPU va passer d'un timide 5 % à une prise en charge totale, le tout épaulé par des agents d'intelligence artificielle dédiés à la transformation des images.
Les éditeurs et les studios répondent présent
L'effort de guerre touche également le monde vidéoludique. Même les jeux lourdement protégés par des systèmes anti-triche, qui snobaient allègrement Linux ou le Steam Deck jusqu'ici, s'ouvrent désormais à Windows sur ARM. Microsoft confirme que Riot Games porte actuellement League of Legends et Valorant sur cette architecture. L'éditeur Krafton fait de même avec PUBG, tandis que Nvidia travaille main dans la main avec les développeurs de solutions comme Easy Anti-Cheat, BattlEye ou Denuvo.
Les premiers PC portables armés de la puce RTX Spark débarqueront cet automne chez les suspects habituels : Asus, Dell, HP, Lenovo, Microsoft et MSI. Des machines qui, selon le fondeur, pourront encaisser une journée entière de travail sans jamais avoir à croiser l'ombre d'un chargeur. Et ce n'est qu'un début. Mark Aevermann assure que ses partenaires planchent actuellement sur plus de trente modèles d'ordinateurs portables et une dizaine de PC de bureau, avec de nouveaux acteurs comme Acer ou Gigabyte dans la boucle.
Le chant du cygne pour le x86 ?
Cette nouvelle famille de produits a vocation à inonder toutes les gammes de prix pour s'accaparer un marché que Nvidia juge particulièrement vaste. Au final, ces annonces ont tout d'une très mauvaise nouvelle pour la bonne vieille architecture x86. Six ans après le bouleversement initié par l’Apple Silicon, le monde d'en face semble enfin avoir trouvé son chef d'orchestre pour lancer la grande transition des PC vers l'architecture ARM.













