Si la star du Computex dans le domaine des processeurs ARM est sans conteste la nouvelle gamme de Nvidia, Qualcomm, le fabricant historique des PC ARM, n'est pas en reste. La société a annoncé récemment le Snapdragon C, qui doit permettre de fabriquer des PC « à partir de 300 $ ». Mais au-delà de ce prix, il y a avait une inconnue que le Computex permet de dévoiler un peu : ce que contient le système sur puce Snapdragon C.

Rappelons d'abord un point : quand un fabricant annonce des PC « à partir de 300 $ », il ne faut pas partir du principe que vous allez trouver des PC à 300 € dans les étals. Le « à partir » est important, d'abord, et les fabricants tendent généralement à ne pas rester sur la configuration de base et à proposer quelque chose d'un peu mieux que le minimum, ne serait-ce que parce que la qualité d'un PC à bas prix est médiocre. Le second point, c'est que les 300 $ annoncés veulent souvent dire plutôt 360 € dans les faits. Les prix annoncés aux États-Unis sont systématiquement hors taxes, étant donné que la TVA varie selon les états. De plus, dans la majorité des cas, les fabricants appliquent la règle de 1 $ pour 1 €, même si, au cours actuel, 300 $ (H.T.) font environ 310 € avec la TVA française.
Des PC portables ARM à 300 $ pour concurrencer le MacBook Neo ?
Un manque évident de performances
Le second point, c'est que Qualcomm ne communique pas sur le type de cœurs (ni sur le GPU) de son système sur puce, et probablement pour une bonne raison : des performances en retrait. La marque a indiqué que les cœurs ne sont pas de type Oryon (ceux intégrés dans les puces Snapdragon X) mais bien de type Kryo, la dénomination choisie par Qualcomm pour ses cœurs Cortex à peine modifiés.

Les cœurs Kryo sont significativement moins performants que les cœurs Oryon, même en supposant que Qualcomm utilise la dernière génération, vue dans les Snapdragon 8s Gen 4 et basée sur le Cortex X4 d'Arm. Mais dans les faits, Tom's Hardware a pu prendre en main rapidement un PC portable Acer au Computex, et le système indique que le système sur puce est un Snapdragon 8c Gen 3. Nous pouvons donc supposer que Qualcomm recycle probablement le Snapdragon 8cx Gen 3, une puce qui date de début 2022 et qui était déjà notoirement lente. Elle est basée sur des cœurs Cortex X1 et A78, deux anciens cœurs de chez Arm.

La fréquence maximale annoncée par Windows est de 3 GHz, ce qui reste assez faible en 2026, et le PC portable Acer pris en main dispose d'un ventilateur, ce qui est surprenant compte tenu de la puce et du positionnement. Rappelons que le MacBook Neo, la cible plus ou moins mise en avant de ces PC, est refroidi passivement et dispose d'un système sur puce équivalent à une puce M4, mais avec moins de cœurs.
Les défauts des PC ARM restent bien présents
Si les applications nativement compatibles avec les puces ARM deviennent assez courantes sous Windows 11, il faut tout de même généralement oublier les jeux et rester sur des solutions très grand public pour les applications classiques. Si vous aimez les navigateurs populaires (Chrome, Firefox, Edge, etc.), tout ira bien… alors que les solutions plus confidentielles reposent sur une émulation peu performante, qui va grever (très) largement les résultats. Mais même au-delà de ce point, un PC sous les 400 € est généralement assez lent au départ et se tourner vers une solution à base d'ARM dans ce contexte n'est pas une idée brillante car l'émulation devient un réel problème. C'est le principal problème qui a plombé les PC de ce type entre 2018 et 2024, quand Qualcomm n'avait pas encore les puces Snapdragon X à son catalogue.
Et c'est un point qu'Apple a évité avec le MacBook Neo. D'abord parce que les performances sont correctes, ensuite parce que la transition des puces x86 aux puces ARM est globalement terminée en 2026. Et enfin, il faut bien l'avouer, parce que même si le MacBook Neo est le moins cher des Mac portables, il est nettement plus onéreux que les PC d'entrée de gamme.
De façon très concrète, et sauf si Qualcomm sort une très belle surprise de son chapeau, les PC à base de Snapdragon C seront comme tous les autres PC vendus sous les 400 € : des ordinateurs médiocres qui servent à attirer le chaland dans les supermarchés. Ils peuvent suffire pour les petits budgets ou des tâches très légères, mais le passage sur le jeu d'instructions ARM ne change pas fondamentalement la donne dans ce segment, et amène potentiellement plus de défauts que d'avantages face aux solutions d'AMD ou Intel. Ce qui n'est a priori pas le cas des solutions de Nvidia.
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