La Bourse est faite de cycles, et le vent souffle actuellement dans le dos d'Apple. En l'espace de deux à trois semaines, l'action du constructeur s'est adjugée une hausse d'un peu plus de 20 % pour s'établir à 334 $, touchant ainsi ses plus hauts historiques. Une dynamique étincelante qui permet à Cupertino de talonner à nouveau Nvidia au classement des plus grandes capitalisations mondiales. Les deux géants flirtent désormais avec la barre vertigineuse des 5 000 milliards de dollars de valorisation.
Comment expliquer un tel regain de forme ? C'est avant tout un phénomène de balancier. Alors que le doute s'installe depuis quelque temps sur les valorisations stratosphériques des entreprises strictement liées à l'intelligence artificielle, l'action AAPL fait de plus en plus office de valeur refuge. Les investisseurs ont d'ailleurs été rassurés par les récentes annonces de la Pomme dans ce domaine, avec l'intégration de Siri AI et d'Apple Intelligence.
Une résistance à toute épreuve face à la crise
Les signaux envoyés par les différents marchés où opère Apple sont tous au vert, offrant un environnement bien plus favorable que celui de la concurrence. Sur le front des ordinateurs, la Pomme est la seule société à afficher une croissance vraiment significative au deuxième trimestre. Du côté des smartphones, l'entreprise maintient fermement sa place de numéro un.
Ventes de PC : le MacBook Neo permet à Apple de nager à contre-courant
Dans une note récente, la banque d'investissement Citi estime d'ailleurs qu'Apple est la mieux armée pour traverser la crise qui secoue actuellement les fabricants d'appareils électroniques. Selon ses analystes, l'entreprise « continue de surperformer le marché global des smartphones grâce à des gains de parts de marché, une demande stimulée par le design de ses produits, et un positionnement solide sur le milieu de gamme via des promotions et des subventions. » Pour Citi, l'évidence est là : Apple « devrait continuer à gagner des parts de marché malgré le ralentissement du marché des terminaux. »
Hausse des prix et rumeurs de modèles pliables
Ce qui justifie également l'optimisme des marchés — et le relèvement de l'objectif de cours par Citi à 365 $ —, c'est la capacité d'Apple à imposer sa politique tarifaire pour protéger ses marges. La banque souligne que le constructeur a déjà procédé à des hausses de prix ciblées sur certains produits au beau milieu du trimestre pour compenser la flambée des coûts des composants.
L’iPhone prend une première hausse de tarifs au Japon
Si la grille tarifaire de l'iPhone n'a pas encore bougé, Citi s'attend à un coup de tournevis lors du traditionnel cycle de lancement de septembre. La banque anticipe des hausses de prix « qui cibleront probablement davantage les modèles haut de gamme, là où la demande est la plus résiliente. » Et, sans surprise pour ce qui s'annonce comme le produit de l'année, les analystes évoquent le lancement attendu d'un iPhone pliable pour le quatrième trimestre calendaire. Autant d'éléments qui consolident des prévisions de marges très confortables.
Apple Intelligence : un marathon plutôt qu'un sprint
Sur le front de l'IA, Citi juge qu'Apple Intelligence ne provoquera pas de supercycle de renouvellement dans l'immédiat. Le potentiel se situe plutôt sur le long terme : un Siri plus intelligent dopera l'engagement des utilisateurs, tirant mécaniquement vers le haut les revenus des Services.
Enfin, tous les regards se tournent vers le keynote de septembre. La banque y voit « un catalyseur important », un rendez-vous capable de rassurer Wall Street tout en relançant la dynamique des ventes matérielles.













