La saison des résultats financiers bat son plein, et les chiffres de Nvidia étaient évidemment très attendus, tant l'entreprise s'est imposée comme le principal moteur du boom de l’intelligence artificielle.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le concepteur de puces n’a pas déçu. La firme a généré un chiffre d’affaires de 81,6 milliards de dollars, marquant une hausse spectaculaire de 85 % sur un an, pour s'envoler vers un bénéfice net record de 58,3 milliards de dollars.
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Une rentabilité qui éclipse Cupertino
Comparaison n’est pas raison, mais le constat est sans appel : sur les trois premiers mois de l’année, Nvidia a gagné quasiment deux fois plus d’argent qu’Apple. Sur la même période, le bénéfice net de Cupertino s’établit en effet à 29,58 milliards de dollars.
Cette dynamique implacable explique sans mal la première place de Nvidia au palmarès des capitalisations boursières. Avec 5 400 milliards de dollars au compteur, l'entreprise relègue Apple assez loin derrière (4 400 milliards de dollars). Il faut bien admettre que les perspectives de croissance des deux géants n'ont, pour l'heure, plus grand-chose en commun.
Le syndrome de la valeur refuge
Pourtant, même si Nvidia est incontestablement au sommet de son art, son action devrait débuter dans le rouge à l'ouverture de Wall Street. Si le groupe dirigé par Jensen Huang prend un malin plaisir à pulvériser les prévisions trimestre après trimestre, certains doutent de sa capacité à entretenir cette cadence infernale à l’horizon 2027-2028. L’interrogation est d’autant plus légitime que le marché évolue : la demande se déporte de plus en plus vers les processeurs capables d'encaisser l'explosion à venir de l’IA agentique. Un domaine dans lequel Nvidia a beaucoup plus de concurrence.
Au fond, c'est surtout le regard des investisseurs vis-à-vis de Nvidia qui est en train de muter. Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. Comme le souligne Daniel Newman, directeur général du cabinet d'analyse The Futurum Group, la loi des grands nombres finit par s'appliquer. D'après lui, Nvidia commence curieusement à ressembler à un nouvel Apple sur les marchés : la société est en train de devenir une valeur refuge. Les profils en quête de rendements démesurés préfèrent désormais parier sur d'autres acteurs de l'écosystème IA offrant un potentiel de croissance boursière plus agressif. Une "banalisation" de l'action qui reste toute relative, sachant que le titre de Nvidia s’est tout de même apprécié de 70 % au cours des douze derniers mois.













