« Masterisé pour iTunes » : le symbole de la victoire d'iTunes sur le CD

Anthony Nelzin-Santos |
Alors que l'on parle depuis des années du projet d'Apple de lancer une boutique distribuant de la musique sans perte, la section «Masterisé pour iTunes» ne contient que de la musique compressée, au format AAC 256. La différence théorique est pourtant de taille : au lieu d'utiliser le master créé pour presser le CD, ces morceaux sont générés à partir du master original.

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De la musique compressée…
Si quelques studios enregistrent en 24 bits / 192 kHz, la plupart enregistrent en 24 bits / 96 kHz — si ces termes vous sont inconnus, nous vous invitons à lire notre article « Le son numérique : hertz, bits, et toute cette sorte de choses ». En stéréo, on atteint ainsi des débits de l'ordre de 4,6 Mbit/s (9,2 Mbit/s pour le 24 bits /192 kHz). Cette grande amplitude et ces débits énormes sont non seulement extrêmement fidèles, mais aussi bien souvent au-delà des facultés auditives humaines.

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L'oreille humaine captant les sons jusqu'à 20 kHz et le théorème de Nyquist-Shannon stipulant que la fréquence d'échantillonnage doit être égale à au moins deux fois la fréquence maximale du signal, on pourrait se contenter d'une fréquence d'échantillonnage de l'ordre 40 kHz. L'utilisation de 96 ou 192 kHz permet néanmoins de conserver les fréquences non harmoniques et offre aux ingénieurs du son une grande souplesse dans le traitement du son.

Les sources analogiques que sont le vinyle (disque microsillon) ou la cassette audio sont généralement considérées comme des sources de très haute qualité : l'information est stockée directement sur le médium, sans échantillonnage. Le support se dégradant dans le temps, cette qualité se dégrade aussi au fur et à mesure des écoutes.

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Image (cc) kitakitts


La musique stockée sur disque compact (CD), elle, passe par un échantillonnage et une quantification, selon les spécifications du standard Red Book. On obtient ainsi un média 16-bits / 44 kHz, plus que ce que l'oreille humaine peut capter, et avec l'avantage que la qualité ne se dégrade pas dans le temps : si le CD est abîmé, la musique n'est pas transmise.

Le CD ne contient cependant plus que 30,6 % de l'information comprise dans un master standard, ou 15 % de l'information comprise dans un master 24-bits /192 kHz : il offre des débits de l'ordre de 1,44 Mbit/s. À un temps où le support physique comptait encore, diverses sociétés ont tenté de créer des formats plus fidèles : le SACD et le DVD-A sont potentiellement capables de retranscrire toute la richesse du master, chacun avec un format numérique différent. Tous deux n'ont jamais connu le succès escompté (sauf si les intenses discussions qu'ils ont générées comptent)… Internet et le dématérialisé sont passés par là.

CD
Image (cc) Juehua Yin


La musique dématérialisée peut être stockée avec ou sans compression, avec ou sans perte. Le WAV de Microsoft ou l'AIFF et le CAF d'Apple sont le plus souvent utilisés comme des conteneurs de musique non compressée PCM qui est la traduction parfaite du CD, avec le même débit de 1,44 Mbit/s. Ils ont l'inconvénient d'être particulièrement lourds, autour de 700 Mo l'album, et d'être très peu pratiques, ces conteneurs gérant assez mal les métadonnées.

Les amateurs leur préfèrent donc souvent des formats de compression sans perte, comme le format propriétaire WMA ou les formats libres Apple Lossless (ALAC) et FLAC. Ceux-ci compressent l'information contenue dans un CD avec un taux de l'ordre de 40 à 60 % grâce à des algorithmes très perfectionnés. On pourrait trouver paradoxal de parler de compression et d'absence de pertes, mais c'est que ces algorithmes sont conçus pour retrouver, lors de la décompression à la lecture, l'information exacte contenue par un flux PCM non-compressé. Un fichier au format Apple Lossless contient donc toujours 30,6 % de l'information contenue dans un master standard (bien qu'au moins une étude très discutée prétende le contraire).

iPod
Image (cc) Kenn Wilson


Les formats les plus populaires restent cependant les formats de compression avec perte, comme le MP3 ou l'AAC. Le passage au dématérialisé a en effet eu lieu à une époque où le débit des connexions au réseau et la capacité des disques durs étaient trop faibles pour s'accommoder des fichiers sans perte. Il ne s'agit pas tant ici de compresser les données que de purement et simplement se débarrasser d'une partie de l'information : d'abord les fréquences les moins bien perçues, ensuite les sons les moins faciles à percevoir selon les principes de la psychoacoustique. Un fichier AAC 256 Kbit/s, le standard fourni par Apple dans l'iTunes Store (surnommé iTunes Plus), est ainsi très léger, mais il ne contient plus que 5,5 % de l'information contenue dans le master standard. Comme le disait Neil Young il y a quelques jours, la qualité a été sacrifiée sur l'autel de la praticité.

…mais conçue pour « bien » sonner
À chaque étape de cette chaîne, le travail de l'ingénieur du son est d'adapter le master aux différentes spécificités des formats de sortie et de s'en approcher au plus malgré les limites de chaque support. Diviser par 256 la finesse de l'échantillonnage entre le master et le CD (passage de 16 777 216 à 65 536 valeurs de 24 à 16 bits) a un impact direct sur la capacité du CD à retranscrire fidèlement toutes les fréquences. Les plus basses, qui ont une période plus longue, sont celles qui souffrent le plus. La compression en forme d'élagage du MP3 ou de l'AAC provoque un nouveau coup de rabot sur les basses, dénature les sons les plus cristallins, et si elle est trop forte, peut faire apparaître des distorsions parfois gênantes.

Au mixage pour le CD, de nombreux aspects du master sont modifiés, avec notamment un travail particulier sur les basses. La qualité des systèmes d'écoute s'étant elle-même progressivement dégradée avec le passage au numérique, les basses ressortent toujours plus et ont formé les oreilles de toute une génération. On mixe désormais non plus forcément pour le support, mais pour les habitudes de consommation, avec plus de graves donc. Or les fichiers MP3 et AAC sont créés à partir de ce mixage CD : le cercle vicieux continue, et les fabricants de matériels n'hésitent plus à ajouter un « coup de boost » dans les graves pour rendre la musique compressée plus dynamique… ou toujours plus infidèle selon les points de vue.

Echantillonnage

La section «Mastérisé pour iTunes» acte donc en quelque sorte de la victoire de l'iTunes Store, premier distributeur de musique dans le monde, sur le CD : le fichier dématérialisé n'est plus créé à partir du «master CD», mais à partir du «master original». Apple explique qu'il s'agit d'offrir «la musique telle que l'artiste et l'ingénieur du son l'a conçue», et c'est en effet l'ingénieur du son qui va réaliser le travail et fournir un fichier mixé pour compenser les défauts de l'AAC. Mais il s'agit aussi et surtout de fournir aux propriétaires des 250 millions d'appareils iOS mis en avant par Apple une musique taillée sur mesure pour leurs appareils et pour iTunes Match.

Après le vinyle et le CD, voici venue l'ère du «format iTunes», dont le son va former les oreilles d'une nouvelle génération.

Un petit test en aveugle conduit auprès des salariés de MacGeneration révèle qu'au-delà des chiffres, c'est bien la perception de la musique qui compte dans cette affaire. Pour ce test, nous avons utilisé le morceau I'm Gonna Sit Right Down and Write Myself a Letter que Paul McCartney a repris dans son Kisses on the Bottom : une version ALAC encodée par nos soins depuis le CD avec XLD ; une autre version AAC 256 encodée depuis le CD avec XLD et enfin une version AAC 256 «masterisée pour iTunes» (voir aussi les outils d'Apple). La version sans perte est évidemment et logiquement très loin au-dessus des versions AAC, y compris celle venue d'iTunes : tant pis pour le «rendu de très haute fidélité» promis par Apple, qui n'est rien d'autre que de la glose commerciale. Mais le débat ne porte pas sur ce point, puisqu'Apple ne propose pas de musique sans perte.

Beats

Les résultats à l'écoute comparée de la version AAC «maison» et de la version AAC «iTunes» sont néanmoins très intéressants : la version «maison» a été préférée par quatre personnes contre une, avec les mêmes arguments. La version iTunes serait «moins claire», «plus ronde», arguments qui ont justement séduit… la seule personne dont l'enfance a été bercée par autre chose que des CD, et donc avec une oreille qui n'a pas été formée à sa courbe particulière, plus éloignée du master que celle du vinyle.

La version masterisée pour iTunes, légèrement plus lourde, offre une image spatiale en effet un peu plus réduite, et l'on sent un travail particulier sur les basses et le médium, sans d'ailleurs toujours pouvoir mettre le doigt sur sa nature (l'ingénieur du son Vincent Meller donne quelques pistes sur Ars Technica). Évidemment, on ne saurait partir d'un test effectué par cinq personnes sur un morceau pour établir une conclusion définitive, puisque chaque morceau nécessite des ajustements spécifiques — mais on constate une vraie différence entre l'AAC issu du CD et l'AAC issu du master, dans le sens d'ailleurs voulu par Apple : fournir un fichier adapté aux faiblesses de l'AAC et aux forces d'iTunes, de l'iPod et de l'iPhone.

NDR : ce test a été conduit dans des conditions « normales » d'écoute pour chacun des participants (casque d'iPhone pour les uns, casques Bose, Sennheiser et Grado pour les autres, MacBook Air comme source), et ne se préoccupe pas de mesures scientifiques (qui ne mettraient de toute manière personne d'accord), mais bien de perception dans des conditions d'écoute familières, puisqu'Apple met l'accent sur cette dimension. Nous continuerons à mener ce test sur de nombreuses personnes avec leurs appareils préférés pour tenter de dégager une conclusion plus affirmée.

Un premier pas vers de la musique sans perte
Qu'importe, donc, de la qualité brute ? Pas nécessairement : si ce mastering spécifique est d'abord et avant tout une reconnaissance de la toute-puissance d'Apple et de ses appareils dans le monde de la musique, il fait progresser le débat. En comblant en partie les lacunes de la compression AAC et en repartant du master original, il ouvre la porte à une montée progressive en qualité dans l'iTunes Store.

Table de montage

Le programme «Masterisé pour iTunes» permet d'abord d'offrir le meilleur AAC 256 qu'il est possible d'obtenir, on l'aura compris. Il permet aussi et peut-être surtout à Apple de récupérer des majors, et de tous les labels qui auront les ressources de participer, les précieux masters 24-bits / 96 kHz, en lieu et place des fichiers 16-bits / 44 kHz soumis actuellement. Et des masters adaptés non plus aux caractéristiques du CD, mais à celles des formats numériques d'Apple.

«À mesure que la technologie avance et que la bande-passante, la capacité de stockage, l'autonomie et la puissance de traitement progressent, conserver les masters de la plus grande qualité possible dans notre système nous permettra de tirer parti des progrès futurs […] Ces masters sont importants, notamment si l'on considère la transition vers le nuage des appareils post-PC.»


Le message d'Apple est on ne peut plus clair : le programme «Masterisé pour iTunes» n'est qu'un premier pas. Il permet d'abord, on ne le redira sans doute jamais assez, de tailler la musique sur mesure pour iTunes sur Mac et PC, pour l'application Musique sur iPod, iPhone et iPad, et pour iTunes Match sur tous ces environnements. Il permet ensuite, dès que les réseaux mobiles et les capacités de stockage des appareils portables s'accommoderont d'albums pesant au moins 300 Mo, de passer à de la musique sans perte. Le passage récent du codec Apple Lossless sous le régime de la licence Apache n'est qu'un indice de plus : il permettra à Apple de maintenir la fiction de l'ouverture de son écosystème en retirant à ses concurrents l'excuse de l'incompatibilité avec le format qui deviendra le nouveau standard de facto.

iTunes

Il permet enfin d'imaginer un jour que l'iTunes Store distribuera directement les masters et donc la musique telle qu'elle a été imaginée par les artistes et les ingénieurs du son. Ce n'est pas forcément pour tout de suite : un album pèsera alors entre 4 et 8 Go — entre-temps, les plus passionnés pourront alors voir du côté de Qobuz, Linn ou HDTracks. Les appareils actuels devraient être en mesure de lire ces fichiers : bien que la plupart soient bridés à 16-bits, ils sont parfaitement compatibles avec les fichiers 24-bits.

Bref, Apple n'apporte pour le moment qu'une solution à un symptôme, mais pourrait régler le problème. Reste à savoir si elle le veut vraiment.
avatar mister zebra | 
Ouahhhhhh Ça c est de l article top ! J ai pas tout pigé mais je me coucherai moins bête !
avatar Anonyme (non vérifié) | 
SUPER article les gars !
avatar Pattedechat | 
Voilà une démarche qui va dans le bon sens. Il est vrai que le passage au numérique a été une vraie catastrophe en terme de qualité. Je trouve dommage que certaines personnes se contentent de fichiers de mauvaise qualité. Non, pouvoir apprécier des fichiers de bonne qualité n'est pas réservé à ceux qui ont une oreille bionique, ça demande une certaine "(ré)éducation". Mais en même temps, il ne faut pas attendre des miracles des enceintes de nos chers ordinateurs. Une bonne paire d'enceintes représente un cout, mais le plaisir d'écoute n'en est que meilleur.
avatar Anonyme (non vérifié) | 
Bonjour, Votre article est assez bien fait pour expliquer l'influence de la compression informatique des données audio et leur impact sur la qualité d'écoute. Cependant, vous occultez complètement ce qui dégrade le plus la musique : c'est la compression de dynamique (différence de niveau sonore entre le son le plus faible et le plus fort). Pour pouvoir écouter sa musique dans un endroit bruyant, les sons plus faibles sont remonté en intensité pour ne pas être perdus dans le bruit de fond. Cette compression est faite directement au mastering pour pouvoir faire passer correctement le son autant sur un baladeur audio qu'une chaine HIFI HDG. Hors, c'est cette compression qui est la plus destructrice. Un MP3 320 kbps venant d'un master sans compression de dynamique peut être parfois bien meilleur qu'un WAV 24/96 lossless qui a subit une trop forte compression de dynamique. En général, les masters les moins affectés sont ceux de la musique de jazz et la musique classique. 95% de la musique Pop/rock est volontairement dégradée en dynamique. Le débat de la compression informatique et ces nouveautés lossless ne sont qu'un voile de fumée marketing qui n'apporte rien de fondamental. C'est celà que Neil Young voulait dénoncer et le journaliste qui écrit l'article ne l'a pas compris..
avatar surfman06 | 
Merci, pour HD-Tracks, connaissais pas. Excellent article, étant audiophile "amateur" ce que j'apprecierai de la part d'apple, c'est d'ouvrir itunes a de nouveau format par exemple 'flac' ou de pouvoir envoyé de la musique tel que l'on a enregistré dans notre bibliothèque sans passer par un plugin qui coûte 300 euros ou qu'il débride leur boitier Airport, et leur Apple TV.
avatar cobra999 | 
Quand on grave un CD ( non en MP3 ) depuis iTunes c'est quoi alors le format ? merci.
avatar linky-monky | 
Très bon article ! @Pattedechat, totalement d'accord avec toi, j'ai toujours été un maniaque, durant ma période collège je me contentais de trier ma musique seulement sur les tags, puis un jour révélation sur la qualité et découverte de fichiers en 96 kbps,... Je n'ai pas les moyens actuellement pour une bibliothèque en FLAC, j'ai donc des fichiers en AAC 320 kbps directement encodés a partir des CD. Ca coute très très cher d'écouter de la musique en haute qualité, même en numérique, il faut compter le casque/enceintes, le DAC audio, trouver le bon logiciel d'écoute avec les bons réglages,... C'est un réel investissement que peu de personnes n'osent faire !
avatar Lemmings | 
1) concernant le vinyle vous dites : "Les sources analogiques que sont le vinyle (disque microsillon) ou la cassette audio sont généralement considérées comme des sources de très haute qualité" Oui pour la cassette, NON pour le vinyle. Je ne vais pas rentrer dans le détail mais la dynamique, le frottement de la tête sur le disque et la vitesse de rotation très faible en font un format déplorable question fidélité ! Et c'est un amateur de vinyle (+ de 3000 chez moi) qui le dis ! Le seul format analogique réellement fidèle, c'est la bande de studio, sur 8 pistes minimum. Le reste c'est du pipi de chat :D 2) Le truc théorique du "mastered for iTunes" est lui aussi totalement faux. Le mastering est une opération très complexe qui ne peut être automatisée. Dès lors, même en partant des éléments sources du studio (très bien), le processus peut très bien avoir un rendu pire que le mastering CD. 3) Votre test à l'aveugle est bien tenté, mais si vous partez du même CD importé passé à la moulinette des outils d'Apple vous ne partez plus du tout de la source de studio, donc cela fausse totalement la chose. Vous avez un "pseudo mastering" à partir d'un morceau déjà "masterisé"... En gros l'outil applique une equalisation et c'est tout... Vous pourriez très bien avoir le même résultat en lisant le CD avec un lecteur qui permet de jouer sur les fréquences d'EQ... Bref, au final ça donne un "label" qui n'apporte pas grand chose à l'utilisateur final et qui est parfaitement mensonger. Mais bon... :/
avatar Lemmings | 
@djdactylo : exact ! Très bien vu !
avatar mbee | 
Moi j'ai totalement abandonné iTunes et le CD pour Qobuz : -meilleure qualité (lossless, studio masters ou AAC 320) -moins cher qu'itunes -cloud via leurs appli Mac/iPhone http://www.diisign.com/2011/11/test-qobuz-le-site-de-telechargement-et-streaming-de-musique-ideal/
avatar Pattedechat | 
Oui c'est un investissement, mais qui dure des années !! On nous fait sans cesse la promotion d'écrans toujours plus grands, toujours plus beaux, mais le son est souvent mis de côté. Je pense sincèrement que l'investissement vaut le coup (sauf si c'est pour écouter René la taupe, là forcement....)
avatar linky-monky | 
@cobra999 Ca va dépendre de tes préférences d'importation iTunes
avatar Manueel | 
@Lemmings @ "Le seul format analogique réellement fidèle, c'est la bande de studio, sur 8 pistes minimum. " Etrange affirmation... Le 2 piste plein bande 1/4 pouce le 4 pistes 1/2 pouce le 8 pistes 1 pouce le 16 pistes 2 pouces sont de qualité équivalente Pourquoi écris-tu "8 pistes minimum" alors que la qualité est inversement proportionnelle au nombre de pistes ? (a largeur de bande constante)
avatar Anthony Nelzin-Santos | 
@djdactylo : complètement. Mais soit je m'arrêtais à un certain niveau, soit je continuais sur 20 pages :) @Lemmings : je crois que tu ne m'as compris sur les points 2) et 3). Apple fournit un outil qui permettrait d'automatiser la chose, mais il faut évidemment le faire morceau par morceau, c'est le boulot de l'ingénieur du son (lit le lien sur Ars que j'ai mis quelque part dans l'article, le type l'explique bien). Sur le test à l'aveugle, non plus : ma version vient du CD que l'on trouve dans le commerce, comme on a toujours fait un AAC chez Apple (un coup de Core Audio à partir de l'AIFF) — on est donc censé avoir un « mauvais » AAC créé à partir « du son CD » (moi je ne sais pas ce que ça veut dire, j'écoute du Lossless). Leur version est censée être masterisée différemment, pour combler les manques de l'AAC. L'idée était de montrer que nous étions (20 à 40 ans) formatés par la courbe du CD. Et on entend clairement une différence entre les deux AAC, c'est incontestable.
avatar EBLIS | 
Questions pour les connaisseurs : - n'y a-t-il pas une dégradation du son sur toute la chaîne d'écoute (comme la chaîne graphique dans le domaine de l'infographie ou les latences dans le gaming)? Allant du fichier, en passant par le lecteur (Pc, iPod, chaîne) et finalement les enceintes ou écouteurs? - autre question : lorsque je choisis un casque, j'essaye de le faire en présence d'une source genre cd. Parfois il n'y en a pas et je teste avec mon iPhone avec des fichiers moins compressés (car je n'ai pas encore de lecteur portable haut de gamme) qui n'est pas un très bon lecteur niveau rendu, mais qui permet de se rendre compte de la qualité générale d'un casque et du confort auditif: j'ai pu remarquer qu'à chaque fois les rendus qui me paraissaient les meilleurs, étaient ceux des casques proposant des fréquences de réponses plus larges, genre 5hz-35khz voire plus. La question est donc, pour le choix d'un casque ce critère des fréquences de réponses compte-t-il réellement ou est-ce un effet plus ou moins placebo. À partir de quelles fréquences de réponses notre audition se limite-t-elle sur un casque d'écoute? Le résultat final dépend-il de la largeur des fréquences ou de la qualité de construction du casque? Je pose cette question car je voudrais bien, une fois dans ma vie me payer un vrai casque hifi et je craque pour le Sony mdrz1000 euros en vaut il la peine? Merci pour vos réponses.
avatar mbee | 
Vraiment profiter du non compressé représente effectivement un investissement. Mais si on achète aujourd'hui sur iTunes des fichiers pourris, on va devoir repasser à la caisse le jour où on aura investi dans du bon matos (vous vous rappelez sûrement du coup du format iTunes plus : repayer pour passer de 128 à 256kbps, un scandale qui m'a longtemps fait préférer le CD). Autant acheter maintenant des fichiers de qualité, quitte à ne se servir que d'une copie compressée sur son iPod au début si manque de place. Qui peut le plus peut le moins.
avatar mbee | 
Vraiment profiter du non compressé représente effectivement un investissement. Mais si on achète aujourd'hui sur iTunes des fichiers pourris, on va devoir repasser à la caisse le jour où on aura investi dans du bon matos (vous vous rappelez sûrement du coup du format iTunes plus : repayer pour passer de 128 à 256kbps, un scandale qui m'a longtemps fait préférer le CD). Autant acheter maintenant des fichiers de qualité, quitte à ne se servir que d'une copie compressée sur son iPod au début si manque de place. Qui peut le plus peut le moins.
avatar bsvt | 
Cette obsession pour les fréquences inaudibles, disons au-delà du 20kHz, me fait bien marrer. On va parfois au-delà des 40kHz pour éviter le repliement spectral du bruit à hautes fréquences (et encore, ça se filtre), les snobs qui se vantent d'une "bonne oreille" n'en restent pas moins des charlatans. Ce sont les mêmes qui préfèrent les tubes aux amplificateurs opérationnels alors que les seconds sont objectivement loin devant les premiers en termes de perfection mathématique. Quant à cette fixation sur le numérique qui serait supérieur à l'analogique, j'hésite entre ignorance crasse et paranoïa.
avatar cobra999 | 
@ Linky-monky , ok merci , mais justement c'est là que je ne pige pas , par défaut j'ai laissé en AAC , hors j'ai gravé des CD que j'ai pu lire sur un vieux radio-CD Pannasonic qui n'a pas de lecture MP3, ni AAC ...donc je me dis que le AAC est retransformer en WMA . Parce qu'une chanson en AAc fait en moyenne 6 Mo hors un CD ça fait 700 Mo et je ne peux en mettre qu'une douzaine ( de chansons sur le CD ).
avatar Anonyme (non vérifié) | 
Un autre problème se pose, celui de l'audition des nouvelles générations qui est largement affectée par les passages en discothèque ou à l'écoute de leur balladeur préféré. Résultst : selon des études commencées en Suède, 25º/º de la population a une perte d'audition de 25º/º ou plus à 20 ans. La perte de l'audition est très sensible sur les fréquences supérieures à 10 KHz. Un autre problème également lors des tests humains si le passage d'une source à l'autre n'est pas instantané, l'apréciation sera faussée par les corrections effectuées par notre cerveau qui "corrigera" en fonction de nos préférences la source sonore.
avatar jujuv71 | 
Très bon article ! Ayant travaillé dans l'audio et étant passioné par le beau marériel Hi-End, je peux vous dire aussi que la chaine d'amplification (pré-ampli et ampli de puissance), ainsi que le lecteur CD et autre convertisseurs numériques ont une importance crucial dans la reproduction sonore... J'ai longtemps cru à la percée du SACD, qui est largement au-dessus du CD !!! Tout y est plus sculpté, plus détaillé, plus doux aussi. Je trouve que ce que fait iTunes n'est pas mal. Mais cela ne remplacera jamais un vrai bon CD.... Ou un vrai bon vieux Vynil.... Avec des amplificateurs à lampes, et des enceintes dignes de ce nom...
avatar Dorian Stoll | 
@cobra999 Il faut comprendre que le format CD est un format WAV. Le format WAV fera toujours 1411 kbps/s (16bit/44.1 kHz) Si tu achètes de la musique sur iTunes (de format AAC 256 kbps/s) et que tu le grave sur ton CD, tu auras sur ton CD le format WAV 1411 kbps/s (mais la qualité restera toujours en 256 kbps/s sur ton CD) donc ton CD qui sera en WAV, sera lu sur tous les lecteurs CD, mais tu n'auras pas la qualité CD, tu auras simplement la même qualité que iTunes. Le mieux est d'acheter de la musique haute fidélité sur Qobuz, ou alors d'acheter les CD, de les importer dans iTunes en format AIFF ou Apple Lossless Encoder, de completer les informations de chaque piste, mais au moins tu auras une bibliothèque de musique en haute fidélité sur iTunes.
avatar Anonyme (non vérifié) | 
"La version sans perte est évidemment et logiquement très loin au-dessus des versions AAC, y compris celle venue d'iTunes : tant pis pour le «rendu de très haute fidélité» promis par Apple, qui n'est rien d'autre que de la glose commerciale." je pense que cette phrase résume bien tout l'article..après on peut s'amuser à comparer les version compressées avec pertes (AAC et AAC+)..mais dans quel intérêt ? le test réalisé montre que la version sans perte est supérieure (malgré l'utilisation du master pour le AAC+), une vraie avancée aurait été qu'Apple fasse le grand saut et propose enfin de la musique dans un format compressé sans perte.
avatar ZaraA | 
Ca va dans le bon sens, en effet. Mais est ce que itunes match permet d'avoir les fichiers "maestered itunes" si l'on possède déjà l'album ? Je n'ai rien trouvé de clair là dessus. Merci

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