Résultats financiers T4 2016 : Apple en termine avec son annus horribilis

Anthony Nelzin-Santos |

Apple clôt son année fiscale 2016 avec la première baisse de son chiffre d’affaires annuel en quinze ans. Ses résultats sont plombés par les fluctuations des devises et le ralentissement de l’économie chinoise, mais aussi par la stagnation de la gamme Mac et surtout le plafonnement des ventes d’iPhone.

Leur annonce a été avancée de deux jours, comme pour en finir au plus vite. Dans deux jours justement, Apple présentera de nouveaux Mac : avec l’iPhone 7 et l’Apple Watch Series 2, elle sera prête à ouvrir son année fiscale 2017 sur les fêtes de fin d’année. Et à oublier cet annus horribilis.

Les bureaux d’Apple à Results Way (Cupertino). Image Apple.
Les bureaux d’Apple à Results Way (Cupertino). Image Apple.

Chiffre d’affaires

Luca Maestri avait préparé les esprits à une nouvelle chute du chiffre d’affaires trimestriel de la firme de Cupertino. Le directeur financier d’Apple n’avait pas menti : à 46,85 milliards de dollars, le chiffre d’affaires baisse pour le troisième trimestre de rang, de 9 % cette fois.

Alors que les ventes d’iPhone 6s avaient plafonné à 75,9 millions d’exemplaires, le premier trimestre n’avait connu qu’une toute petite progression de 1,71 %. Ajoutez-y trois trimestres de baisse à deux chiffres, et Apple finit logiquement l’année sur une note négative.

Son revenu atteint « péniblement » 215,6 milliards de dollars, une baisse de 7,7 %, la première depuis 2001. Son chiffre d’affaires annuel atteignait alors 5,36 milliards de dollars — son bénéfice trimestriel atteint aujourd’hui 9 milliards de dollars, pour un total de 45,7 milliards de dollars sur l’année.

Autant dire qu’il n’y a donc pas péril en la demeure, même si cette baisse de 18,8 % est frappante. La forte croissance d’Apple en 2015 semblait avoir démenti la thèse de l’« atterrissage » de la société, mais cette année 2016 ressemble à un crash. Toutes les sociétés technologiques ont souffert de la conjoncture, mais aucune autant qu’Apple.

Ventes d’iPhone

Elle paye là sa « dépendance » à l’iPhone, qui représente les deux tiers de son activité, et dont les ventes ont baissé pour la première fois cette année. Cette baisse s’est poursuivie au quatrième trimestre, au cours duquel 45,513 millions d’iPhone ont trouvé preneur (–5,27 %). Une baisse ralentie par le lancement de l’iPhone 7, intervenu à la toute fin du trimestre, mais dont les effets ne se feront pas vraiment sentir avant le prochain trimestre.

Malgré un ralentissement sensible de ses ventes, Apple sera parvenue à vendre plus de 200 millions d’iPhone cette année, 211,9 millions pour être précis. Les pessimistes retiendront le chiffre de 8,4 %, comme le taux de la baisse des ventes, alors que les optimistes retiendront le chiffre d’un milliard, comme la barre symbolique — franchie ce trimestre — du nombre d’iPhone vendus depuis 2007.

Ventes d’iPad

Sans surprise, les ventes d’iPad baissent pour le onzième trimestre d’affilée, et peinent à atteindre les 9,3 millions d’unités. Il faut toutefois noter que le rythme de cette baisse ne cesse de réduire : 24,73 % au premier trimestre, 18,79 % au deuxième, 8,97 % au troisième, et seulement 6,23 % au quatrième.

Le pire semble être passé, à la faveur peut-être d’un plus grand nombre de renouvèlements, mais plus probablement d’un certain succès de l’iPad Pro, notamment dans le monde de l’entreprise. Son effet se voit notamment dans le panier, qui est passé de 433 à 459 dollars dans l’année. Au total, Apple a écoulé 45,6 millions de tablettes ces douze derniers mois (–16,9 %).

Ventes de Mac

Le Mac finit l’année comme il l’a commencé, c’est-à-dire dans le rouge. À deux jours d’un special event qui lui sera entièrement consacré, Apple reconnait à peine l’existence de sa gamme d’ordinateurs. Et pour cause : ses ventes baissent pour le quatrième trimestre consécutif, de 14,42 % cette fois, pour atteindre 4,9 millions d’unités.

La situation actuelle du Mac rappelle celle de 2013, où un manque patent de nouveautés s’était conjugué avec des turbulences économiques pour faire baisser les ventes de 9,78 %. Avec 18,5 millions d’unités vendues, elles baissent cette année de 10,2 %. Vite, une nouvelle gamme !

Services et autres produits

Aux antipodes du matériel, le logiciel et les services ont connu une très forte croissance cette année. Avant de promettre des revenus récurrents à long terme, ils permettent d’enchainer les bonnes nouvelles à court terme, comme cette hausse de 24,4 % de leur chiffre d’affaires. Les services, parmi lesquels iCloud et Apple Music, pèsent 24,4 milliards de dollars sur l’année, plus encore que le Mac.

La catégorie fourre-tout des « autres produits » a connu une année plus contrastée. Si Apple domine le marché des casques Bluetooth par l’entremise de sa filiale Beats, les ventes d’Apple TV n’ont pas décollé et celles d’iPod sont réduites à peau de chagrin, tandis que l’activité de l’Apple Watch varie considérablement selon les saisons. Reste qu’à 11,1 milliards de dollars sur l’année, cette ligne comptable gagne 10,6 %.

Pour le premier trimestre 2017

« Les résultats solides de notre trimestre de septembre concluent une année fiscale pleine de succès », assure Tim Coué. À défaut de pouvoir s’enthousiasmer des ventes d’iPhone et de Mac, le CEO d’Apple se dit ravi « par la dynamique de notre activité de services, qui a gagné 24 % pour établir un nouveau record », et se félicite du succès du lancement de l’iPhone 7 et de l’Apple Watch Series 2.

Des lancements qui, renforcés par une nouvelle gamme de Mac à la veille des fêtes, devraient permettre de redémarrer la machine Apple. Luca Maestri, le directeur financier de la société, table ainsi sur un chiffre d’affaires compris entre 76 et 78 milliards de dollars au T1 2017, contre 75,872 milliards au T1 2016.

Aller plus loin

En marge de ces résultats, notez ces quelques chiffres, donnés pêle-mêle :

  • la société a « rendu » 9,3 milliards de dollars aux actionnaires ce trimestre ;
  • son programme de rachat d’actions et de versement d’un dividende atteint ainsi 186 milliards de dollars ;
  • le 10 novembre prochain, elle versera d’ailleurs un dividende de 0,57 $ par action à tous les actionnaires de référence au 7 novembre ;
  • la marge nette d’Apple s’établit à 21,2 % sur l’année ;
  • les ventes à l’international représentent 64,5 % de son activité.

Les annonces effectuées à l’occasion de la conférence téléphonique qui a suivi l’annonce de ces résultats, sur MacGeneration et iGeneration :


avatar ecosmeri | 

Oaui faut relativiser. Chiffre d'affaire en baisse rien de choquant il ne peux pas faire que augmenter.

En tout cas cette annee et l'annee derniere je n'airai pas participer ou tres peu a meur chiffre d'affaire ( juste un iphone se cette année) et je vais continuer comme ca et me sortir tout doucement de la prison dorée d'apple pour le bien de mon portefeuille

avatar robrob | 

Je suis surpris par l'absence totale d'analyse sur la partie Autres produits et ce sur tous les sites qui evoquent les resultats.
Ca inclut quand meme LE nouveau produit d'Apple cense etre un relai de croissance et on voit une chute enorme par rapport a 2015 (previsible au vu des recentes analyses type IDC etc) mais surtout une augmentation tres faible par rapport au meme trimestre 2014.
Je sais pas si ca s'est deja vu sur un produit Apple aussi jeune une telle courbe de (non-)croissance.

avatar awk | 

@robrob

Qui a prétendu serait un relais de croissance imparable et impressionnant rapidement ?

avatar robrob | 

@awk
Pas moi en tout cas. Ou tu as vu que je disais que ca allait etre "imparable et impressionnant rapidement"?
Par contre ca ne suit pas la courbe de progression habituelle d'un nouveau produit Apple. Une telle decroissance au bout de 4-5 trimestres de ventes ca se voit pas frequemment.

avatar pol2095 | 

Il est tant que les solutions propriétaires comme celles d'Apple disparaissent, elles n'ont plus d'intérêts de nos jours, à l'exemple des serveurs.

avatar awk | 

@pol2095

Les solutions propriétaire dominé pourtant encore largement les marchés en 2016

avatar Mr Bob | 

"– Hey, on met quoi comme image d'illustration pour l'article ?
– Bah, la même que d'habitude ! L'image du mec en chemise turquoise qui monte des marchés sur le campus de Cupertino !
– Mais oui, j'suis con…"

avatar Anthony Nelzin-Santos | 
@Mr Bob : je prends des cachets, maintenant, pour m'éviter de parler à mon autre moi.
avatar webHAL1 | 

Au-delà de ce qui saute aux yeux immédiatement (les chiffres sont en baisse et, non, Apple ne va pas mourir demain, merci pour elle), je trouve intéressant de noter deux points en particulier :
1. L'iPad : le modèle "Pro" n'a clairement pas réussi à freiner la chute des ventes et on ne peut que constater que la Pomme ne parvient pas à convaincre de la pertinence de son approche "la tablette qui peut remplacer votre micro-ordinateur". Contrairement aux Mac par exemple qui ont été manifestement délaissés par Apple ces derniers trimestres (années ?), l'iPad lui a eu droit à davantage d'attention et les déclarations de Tim Cook laissaient entendre que la tablette allait rebondir. Or, les chiffres ne reflètent pas
2. L'Apple Watch : On ne peut pas vraiment dire que la montre connectée d'Apple ait fait décoller la catégorie "Autres produits"... Si on voit le verre à moitié plein, on peut se réjouir que la Pomme domine ce marché ; si on le voit à moitié vide, on est au regret de constaté qu'il n'y a pas là (pour l'instant ?) de relais de croissance avéré et que la tocante est davantage à classer dans les "hobby" de la société (tout comme l'Apple TV) que comme un appareil "que tous les possesseurs d'iPhone voudront avoir".

Cordialement,

HAL1

avatar marc_os | 

« Son revenu atteint « péniblement » 215,6 milliards de dollars »

Ah que c'est difficile d'utiliser les bons termes quand on n'a pas les compétences et qu'on ne veut pas les acquérir. Enfin je suppose que c'est la raison. Ou alors c'est pour varier les effets de style ?
Au début de l'article je me suis dit, « tiens, ils ont enfin compris chez macg que "revenue" = "chiffre d'affaire" et que "profit" = "bénéfices" ».
Mais non, quelques lignes plus loin, on retrouve ce foutu mot de "revenu" employé encore une fois comme synonyme de "chiffre d'affaires". Tsss.

Revenu : Ce qui est perçu, en nature ou en monnaie, par quelqu'un ou une collectivité comme fruit d'un capital placé (intérêt sur un capital prêté, dividende sur un capital engagé), ou comme la rémunération d'une activité (profit) ou d'un travail (salaire).

avatar awk | 

@marc_os

Pour un agent économique tel une entreprise le revenus désigne en français un solde intermédiaire des comptes d'exploitation : le résultats d'exploitation qui n'est pas le bénéficie,

Ceci dit, l'usage du terme pour désigner le CA d'une entreprise par analogie ave les entrés d'argent d'une personne physique est largement répandu et ne prête pas à confusion.

L'histoire des langues nous apprend que les usages des mots dans divers contextes ne sont pas figé et qu'ils évoluent dans le temps.

Il n'y a pas de contresens aujourd'hui dans l'esprit du plus grand nombre à assimiler revenus d'une entreprise et CA.

Et il n'y a pas de quoi monter sur ces grands chevaux à constater cette évolution.

Le nombre de mots que nous utilisons dans un sens éloigné de leur acception d'origine est très important et ne pose aucun pb. Ce qui compte in-fine c'est le niveau de partage du sens des termes pour éviter l'ambiguïté du propos et ici il n'y en a pas ?

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