Steve Jobs : un film qui ne raconte pas la vie de Steve Jobs

Mickaël Bazoge |

S’il y a une chose que la postérité retiendra du premier film inspiré par la vie de Steve Jobs, c’est qu’Ashton Kutcher, l’interprète du fondateur d’Apple, partageait une certaine ressemblance avec son modèle. Pour le reste, le long-métrage de Joshua Michael Stern sorti en 2013 ne valait pas tripette. Qu’en est-il du Steve Jobs de 2016 ?

Premier constat : Michael Fassbender n’a aucun trait commun avec le personnage qu’il est censé incarner. C’est un mal pour un bien. Car le film n’a, lui non plus, pas grand-chose à voir avec Steve Jobs.

Parfait sur le papier

Le film partait pourtant bien (malgré l’incroyable pataquès de sa genèse) : au script, Aaron Sorkin, scénariste réputé et respecté (The Social Network, À la Maison-Blanche, The Newsroom…) ; à la réalisation, Danny Boyle, formidable dynamiteur d’images (Trainspotting, 28 Jours plus tard, Sunshine…). Et un casting plaqué or : Michael Fassbender dans le rôle-titre, Kate Winslet, Seth Rogen, Jeff Daniels et une ribambelle de seconds rôles.

Aaron Sorkin, qui n’aime rien tant qu’imaginer des films-concept, a échafaudé une structure intellectuellement très excitante, basée sur la biographie officielle sur Steve Jobs écrite par Walter Isaacson. Le film se décompose en trois actes se déroulant juste avant le lancement de nouveaux produits — le Macintosh en 1984, le Cube de NeXT en 1988, et l’iMac en 1998. Chaque séquence est filmée « en temps réel », entrecoupée de flash-back et de rappels historiques.

Andy Hertzfeld (Michael Stuhlbarg), Steve Jobs (Michael Fassbender) et Joanna Hoffman (Kate Winslet) — Cliquer pour agrandir

Le scénariste et le réalisateur ont choisi ces moments de tension extrême pour dessiner à gros traits le portrait d’un « chef d’orchestre », d’un père de famille, d’un parfait salaud. Surtout le salaud, en fait : le film est un portrait à charge contre Steve Jobs, qui renie sa fille Lisa, humilie son ex, maltraite les personnes avec qui il est censé travailler, se fiche bien de l’opinion de ses rares amis… L’obsession de la «  fermeture  », du jardin fermé, est aussi très présente tout au long du film, et cela commence dès le garage familial avec une engueulade avec Wozniak qui infuse durant les trois séquences.

Le message est martelé durant les deux heures du film : si vous n’aviez pas une bonne image de Steve Jobs avant de voir le métrage, vous sortirez réconforté dans votre opinion. Certes, Steve Jobs n’était pas un ange, loin de là. Les exemples sont innombrables des mauvaises manières avec lesquelles il traitait ses collègues de travail et sa famille. Mais si la part d’ombre est bien représentée, la part lumineuse du personnage n’est à peu près jamais dévoilée, si ce n’est peut-être sur la fin, quand un Steve Jobs enfin assagi brise l’armure. Or, les deux sont indispensables pour expliquer les échecs, mais aussi les réussites du personnage.

Steve Wozniak (Seth Rogen) — Cliquer pour agrandir

La licence créative du film, revendiquée par les deux auteurs, s’exprime également au travers du récit des coulisses de ces trois keynotes. Pour respecter le matériau de base de Sorkin, il a fallu compacter un maximum d’éléments dans chacune des séquences, multipliant ainsi des péripéties qui se sont déroulées ailleurs, dans un autre temps, avec d’autres protagonistes.

Certes, on comprend qu’il fallait éviter l’écueil du biopic classique qui se contente de dérouler l’historique d’un personnage (une tarte à la crème dans laquelle est tombé le premier film), mais le résultat ici n’est pas plus réussi. L’espace est saturé d’informations, dans les conversations — un signe distinctif du travail de Sorkin — comme dans les décors (Danny Boyle signe à ce sujet quelques morceaux de bravoure intéressants, mais gare à la gueule de bois).

Fil rouge ou grosse ficelle ?

Ceux qui ne connaissent pas l’histoire d’Apple et de Steve Jobs risquent d’être largués. Des rappels historiques s’ajoutent aux séquences à proprement parler, qui tentent de résumer en quelques phrases le contexte de chaque époque, ce que devient l’entreprise et son fondateur. Des fils rouges sont tissés entre les trois parties, comme des points de repère afin de ne pas complètement perdre le spectateur, mais tout cela apparaît par moment bien artificiel.

Lisa Brennan (Perla Haney-Jardine) — Cliquer pour agrandir

Malheureusement, ceux qui connaissent l’histoire d’Apple et de Steve Jobs seront tout aussi déboussolés. Car comme on l’a dit, le film prend de grandes libertés avec les faits, les personnes, leurs relations. Joanna Hoffman, la « femme de travail » de Steve Jobs, faisait bien partie de l’équipe originale du Macintosh et partie intégrante de l’aventure NeXT. Elle prend sa retraite en 1995 : il est donc improbable qu’elle ait participé au lancement de l’iMac trois ans plus tard. Pourtant, elle est bien présente dans les trois séquences du film…

Cette bobine ne raconte pas l’histoire de Steve Jobs, ni d’Apple, ni d’aucun autre personnage qui y apparaît ; ou alors, à la marge. Il aurait tout aussi bien pu s’appeler "Bill Gates" ou "Gilles Tartempion" — pour tout dire, le film aurait même dû faire complètement abstraction de son inspiration, pour son propre bien. Le voir avec l’espoir d’en savoir un peu plus sur Steve Jobs ou Apple n’est pas une bonne idée.

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C’est bien dommage, car Steve Jobs n’a pas que des défauts. Malgré les trois huis clos alignés les uns derrière les autres, on n’a jamais l’impression d’être au théâtre : la caméra virevolte, le montage est nerveux, le découpage est brillant — nonobstant le trop-plein d’informations, mais on ne pouvait pas s’attendre à moins venant du principal promoteur des « dialogues débit mitraillette » qu’est Aaron Sorkin.

La reconstitution des trois époques est particulièrement réussie, qu’il s’agisse des décors, des vêtements, des coupes de cheveux, et du matériel informatique bien sûr ! Danny Boyle se paie même la coquetterie de filmer les séquences dans trois formats différents, qui correspondent aux époques : 16 mm, 35 mm et en numérique.

Danny Boyle et Aaron Sorkin — Cliquer pour agrandir

Le casting reflète le soin dans les détails de la reconstitution. Michael Fassbender ne ressemble peut-être pas au personnage qu’il incarne, mais il est plus que convaincant dans son rôle. Hautain, cassant, tour à tour excité et froid comme un glaçon, c’est un acteur de grand talent qui porte le film sur ses épaules — il est de pratiquement tous les plans, une performance pour laquelle il mérite sa nomination aux Oscars.

Kate Winslet compose un personnage de Joanna Hoffman qui arrive à s’imposer face à l’ogre Jobs (en cela, le script respecte le matériau d’origine). Seth Rogen, loin de ses habituels rôles comiques, incarne un Steve Wozniak touchant et humble, à l’opposé du héros. Jeff Daniels joue la force tranquille dans le rôle de John Sculley ; la révélation du film est Michael Stuhlbarg, qui incarne Andy Hertzfeld avec non seulement beaucoup d’humour, mais aussi beaucoup d’humanité. Un vrai contrepoint au monstre qu’est le vrai/faux Steve Jobs dépeint dans ce film.

Qu’avez-vous pensé du film ? N’hésitez pas à tout nous dire dans ce sujet de nos forums !

Steve Jobs, un film de Danny Boyle. Sortie en France mercredi 3 février.


avatar christian899 | 

À tous les coups, les gars de l'équipe de Macg sont l'un en face de l'autre en ce moment et discutent du film sur ce fil....

avatar marc_os | 

Bref, aucun intérêt.

avatar aldomoco | 

.... je l'ai vu en vo : c'est une petite partie de la vie de Jobs regardée par le petit bout de la lorgnette, beaucoup de blablabla et très peu d'action. J'ai préféré nettement celui de 2013 !

avatar fif | 

"basée sur la biographie officielle sur Steve Jobs écrite par Walter Isaacson."

Tout est dit ! Je n'ai pas aimé le livre, je n'irai pas voir le film...

Je suggère de lire le bouquin "becoming Steve Jobs" écrit par un journaliste qui l'a côtoyé tout au long de sa carrière qui me semble beaucoup plus proche de la réalité que celle d'Isaacson....

http://www.amazon.fr/Becoming-Steve-Jobs-Brent-Schlender/dp/2501110129/ref=cm_cr_pr_product_sims?ie=UTF8

avatar Flash | 

Les critiques pro et les spectateurs l'ont trouvé excellent pourtant. Dès qu'on touche à votre gourou vous pétez un câble ici...

avatar cdp86 | 

@Flash :
C'est clair ahah

Je l'ai vu aujourd'hui et l'ai très bien aussi. Mise en scène, personnages, ambiance, tout est bien là !

Après je ne connais la vie de Steve par cœur donc pour ce qui est du vrai ou faux, cela n'a que peu d'importance pour moi.

avatar powergeek | 

Vu en avant première en Novembre. Une fois qu'on met de coté le manque de ressemblance physique de l'acteur on se laisse vite captiver par la tension du film. L'interprétation est excellente et pour tous les vieux de la vieille ici, on ne manquera pas d'avoir un petit coup de nostalgie sur cette époque. Le film se concentre sur les coulisses imaginaires de 3 keynotes. Ce n'est pas un documentaire historique. Je ne sais pas si les choses se sont réellement déroulées ainsi mais c'est très crédible.

avatar olekhnov | 

Ben pour ma part j'ai plutôt passé un bon moment en regardant ce film, même si je me suis demandé à quel public il pouvait s'adresser : comme dit précédemment, il a tout pour agacer les Apple-ophiles (beaucoup d'approximations et de libertés prises sur le vrai historique), et est trop elliptique pour ne pas perdre ceux qui ne connaissent pas grand chose à l'histoire du bonhomme.

Reste l'aspect psychologique des personnages et la flamboyance de la réalisation et de l'écriture. Sur le premier aspect, j'ai pour ma part trouvé le personnage de Jobs plutôt fin et ne tombant quasiment jamais dans le cliché du mec hystérique martyrisant ses équipes. Le côté obsessionnel sur des détails, la pression infligée à ses collègues, j'ai trouvé ça finement traité et bien vu. Agréablement surpris sur la relation avec sa fille, le Jobs de la deuxième partie m'a ému dans son attention auprès de cette petite gamine, ainsi que par la relation avec Andy (which one ?), illustrant parfaitement la relation passionnée amour/haine qu'il pouvait entretenir avec ses troupes.

Certes, d'autres aspects sont bien plus agaçant, j'ai trouvé le parallèle Sculley/père de substitution assez ridicule, Woz tristement raté, et la mère de Lisa caricaturale. Je trouve le concept "en coulisses" assez capillotracté (comment gérer autant de tractations à 1/2h de keynotes aussi exigeantes!). Je n'ai bien sûr rien appris sur Jobs, et l'alternance entre d'infimes détails très précis (l'anecdote du requin sur le slide présentant le Powerbook G3, ça m'a scié :) ) et des libertés prises largement (Joanna n'était plus là en 97, toute la "nouvelle" famille de Jobs est zappée...) a de quoi perdre et perturber. L'hypothèse "Steve a conçu NeXT dès 1988 comme une sorte de cheval de Troie pour revenir chez Apple" est osée.

Mais si on accepte de débrancher ses connaissances sur l'histoire d'Apple, et d'apprécier une oeuvre de fiction, je trouve la critique de MacG un peu sévère. A découvrir par soi même donc :)

avatar melaure | 

Je ne l'ai pas vu, mais s"il doit choquer des apple-ophile, ce sont les fanboys récents alors, car ceux qui ont suivi Apple depuis 1980 ne risquent pas d'être étonné dans un sens ou un autre, tellement l'histoire a été mouvementée !

avatar Lestat1886 | 

@Lestat1886 :
C'est pour ça que je me méfie des gars qui s'autoproclament gardiens du bon goût cinématographique ou culturel

avatar Sic transit | 

Critique intéressante de ce film par Hugues Dayez dans le podcast "5H Cinéma" du 03/02 (c'est le premier film abordé après les amabilités d'usage entre les deux compères) :
https://www.rtbf.be/radio/player/purefm?id=2080490&e=
ou
itpc://rss.rtbf.be/media/rss/audio/pu-5h_recent.xml

avatar TmrFromNO | 

"si vous n’aviez pas une bonne image de Steve Jobs avant de voir le métrage, vous sortirez réconforté dans votre opinion"

Je vais du coup aller le voir rien que pour haïr viscéralement ce type encore plus que je ne le hais actuellement.

avatar lmouillart | 

Rien à voir, j'ai récemment vu Abraham Lincoln (chasseur de vampires), je suis surpris que cet aspect de sa personnalité soit si méconnu.
Du coup le problème du film Steve Jobs, c'est son titre ? Steve Jobs - Sacré connard, aurait peut être mieux traduit le coté fiction de l'oeuvre ?

Sur ce je vais brûler mon Bluray de Barry Lyndon, je pensais que c'était une biographie.

avatar Lestat1886 | 

@lmouillart :
Haha pas mal :)

avatar debione | 

Si tu n'arrives pas é faire la différence entre utiliser un personnage historique mort depuis des lustres, dont les enfants sont aussi mort, et la volonté d'utiliser l'actualité pour vendre... Qu'est-ce que Lincoln à avoir là-dedans? Il est mort il y a 4 ans, et du coup ta comparaison est vachement pertinente?

Pour moi le problème ne se situe pas tant dans le fait qu'en plus d'être extrêmement prévisible dans le scénario, le rythme, que rien d'un tant soit peu original en terme de photo/montage ne ressort (ça à le goût, l'odeur et la qualité d'un téléfilm) ou qu'il raconte un point de vue qui fera vendre plutôt qu'une recherche de réalité, non non, c'est de le faire sur une personne fraichement morte juste parce que c'est vendeur...

Tiens, je me demande si il fera un film sur David Bowie ou il ne montrera que les années de débauche ou le verrait sniffer de la coke dans la première scène, se faire sodomiser dans la deuxième, faire de la coke dans la troisième, sodomiser un mec dans la quatrième... Le film, avec les mêmes canon qu'il applique à SJ ressemblerait à cela... Ce n'est pas que les gens ont mauvais goût (ça ça ne se discute pas), c'est qu'ils ne réfléchissent pas à l'ensemble... (que va penser un mec qui ne connait SJ que de nom, et qui se dit: "Oh chouette un film tiré d'une bio, je vais voir la vérité")

avatar 789qwe2 | 

Il faut aller le voir, compte tenu des critiques élogieuses et des nominations, c'est certainement un bon film. Comme le précise quelques commentaires, c'est du cinéma, du 7e art.

N'est pas critique de cinéma qui veut, c'est un métier, et ce n'est pas sur MacG que l'on pourra en lire une ; à moins qu'il y ait des cinéphiles cachés parmi les rédacteurs, chose qui, à la suite de la lecture de l'article sur le film, n'est absolument pas possible. Même que, tout le monde a le droit de donner son opinion, personnel et il faut bien dire qu'au coeur de la secte Mac ici, ce n'est forcément, pas vraiment objectif et donc futile.

Comme il n'y a pas de news sur Apple, nous, lecteurs, subissons du remplissage.
On en a un peu marre.

avatar K0rb3n_d4ll4s | 

Ça sort seulement maintenant en France?! la loose. Je l'ai vu début décembre...
Pas mal sans plus. Se regarde sans faire de corrélation avec Steve Jobs.
Tiens ça aurait pu s'appeler "Stéphane Travos" ou "Halt and Catch Fire - the movie".

avatar Sic transit | 

Y'a pas de "seulement maintenant" ni de "loose" qui tienne : la sortie d'un film sur un territoire donné est liée au calendrier des autres sorties cinéma sur ce territoire, et son distributeur tente de le positionner au mieux face à la concurrence des autres films, à la période de l'année (vacances, etc.), aux événements culturels du pays (genre Césars ou Cannes)… – Donc c'est normal (et très courant) qu'un film sorte à des dates différentes selon les pays, parfois avec plusieurs mois de décalage. Y'a que les gros blockbusters hollywoodiens qui sortent systématiquement à la même date partout…

avatar jb18v | 

Beaucoup apprécié le style et l'interprétation de Fassbender. On aime ou pas, un peu comme le sujet en fait :D

avatar Applesoft | 

Je ressors juste de la séance du film. Mon avis :

- en terme de réalisation : bof, passable, rien de particulier. Pas l'éclate pour la rétine. Franchement, ce n'est pas l'intérêt du film. Même chose pour la musique.

- le scénario : c'est une oeuvre qui part de la vie de Steve Jobs en se focalisant sur des points précis et des personnages précis. C'est évidemment ultra réducteur et ça sert à rien de se poser la question de savoir si le film retrace bien de Steve Jobs. Evidemment que non ! Disons que j'ai trouvé cela original, plutôt pas mal construit mais bon rien de transcendant non plus. Jobs est dépeint comme un super chef d'orchestre et toute la construction du film tourne autour de ça.
- les acteurs : bien mais sans plus, un peu déçu par Fassbender. Mention spéciale pour Seth Rogen, lui j'ai beaucoup aimé. Quant à Winslet, on se demande vraiment ce qu'elle fout là. Elle prend de la place et surtout elle sert à rien.
Bref, je trouve ce film loin d'être génial, et comme beaucoup de films actuels un peu prétentieux dans son scénario :) Or, "less is more" comme dirait un fanboy. Ce film brasse beaucoup de choses pour faire un peu "intello" selon moi, ça plait forcément aux journalistes des Inrocks car ça les rassure de pouvoir dire des choses (oui parce que toutes les symboliques psycho sont bien clignotantes), mais dans le fond, c'est pas percutant.

Ma scène préférée : l'explication finale entre Woz et Jobs vers la fin du film.

Je ne conseillerai pas trop ce film à un néophyte d'Apple. Si on connait pas l'histoire de la boîte, pas facile de suivre je pense. Et si on la connaît bien, on ne peut s'empêcher de voir partout la réécriture des faits. Ce film va faire un four : évident ... Encore moins vendeur que "The Social Network" qui était plus abordable pour tous les publics (qui n'est pas non plus un chef d'oeuvre...).

avatar fluxus | 

Post en 2 parties, ça va être long :
Bon , les gars de Macg, je vous aime bien mais là vous êtes completement à coté de la plaque.
Allez TOUS voir ce film.

Je viens de le voir aujourdhui, j'avais plutôt un bon à priori car Boyle+Sorkin+Fassbender , ça peut pas être completement mauvais.
Je me suis trompé, en fait c'est absolument Excellent, et probablement le meilleur film qu'on puisse sur Steve Jobs, car complétement à son image.

""si vous n’aviez pas une bonne image de Steve Jobs avant de voir le métrage, vous sortirez réconforté dans votre opinion"
Alors on n'a pas vu le même film. Je trouve que c'est exactement le CONTRAIRE : Si vous detestez Steve Jobs, n'allez pas voir ce film car vous risqueriez d'aimer le personnage en en sortant.

L'idée de base du film est en réalité génialissime : C'est finalement un type dont l'obsession est de créer des machines qui soient ce que lui n'arrive pas à être : conviviales, humaines, accueillantes. Elles sont l'idéal qu'il sait qu'il ne pourra pas atteindre , lui. Il vit par procuration à travers elles.

La thèse du film explique au contraire très bien la raison du succès d'Apple : Il y de l'humain dans la machine, machines crées par un type à qui tout le monde reproche de ne pas l'être ( humain ) , alors qu'en fait il est totalement conscient de ces failles qu'il se sent incapables de modifier, et une fragilité et des blessures profondes qu'il cache avec une surabondance de confiance en soi et d'arrogance.

C'est ce qui rend en réalité son personnage extrêmement touchant. Les personnages totalement parfaits, lisses, irréprochables, blanc comme neige ne nous touchent pas.
Le succès et la réussite de l'informatique grand public vue par Apple est en réalité entièrement due aux failles de son personnage. S'il avait été parfait, on n'aurait pas eu cette vision de
(mon post est trop long , la suite ici http://forums.macg.co/threads/steve-jobs-le-deuxieme-film-votre-avis.1277952/#post-12995627

avatar pat3 | 

@fluxus :
Au moins un qui a vraiment et qui dit clairement pourquoi. Perso, j'attendrai un dimanche pluvieux ou une nuit d'insomnie pour le télécharger et le regarder…

avatar Applesoft | 

@fluxus :

Oui tu as entièrement raison, c'est la "thèse" du film mais ça le rend pas pour autant génial pour moi car y'a beaucoup trop de choses autour. Dans mon cas, j'aurais fait le film sur cette "thèse" en me concentrant bien davantage sur la confrontation Woz (l'humain qui souhaite des machines "froides" d'ingénieur) / Jobs (l'inhumain qui voudrait des machines "humaines"). Et j'aurais bien plus élagué sur Sculley papa de substitution et Winslet compagne dans le professionnel. On mélange du mélo psycho + du débat philosophique sur l'informatique sans qu'ils interagissent astucieusement entre eux. C'est le problème du film pour moi, c'est ce qui est loupé, ça ne fait pas un "bloc" consistent, une oeuvre quoi.

Ensuite, je comprends pas pourquoi on s'obsède à ce point quant à savoir si Jobs était un good ou un bad guy. On s'en fout ! On peut admirer Jobs ou Céline pour leur simple talent et point barre.

avatar Shralldam | 

Moi j'irai sans doute le voir. Même s'il prend des libertés, c'est avant tout une adaptation et surtout une vision. C'est un biopic, pas un documentaire. De ce que j'ai pu voir dans la bande-annonce, Danny Boyle a fait un excellent travail cinématographique. Et Jobs était un tyran : ses réussites commerciales ne légitiment pas sa goujaterie. Que le film ait choisi d'insister sur ce point ne me choque pas.

avatar alan1bangkok | 

je suis un être simple, je préfère James Bond

avatar Pyjamane | 

Je n'ai pas (encore) vu le film, mais il est tiré du livre de Walter Isaacson que j'ai adoré, car passionnant et considéré comme sa biographe "officielle".

avatar sharky | 

Excellent ce film qui permet au contraire de recentrer les choses au sujet de SJ. Le côté positif du personnage on en a été gâvé ces 30 dernières années par ses apparitions publiques reprises encore et toujours pas les medias. Là on a l'occasion de découvrir la face privée et surtout professionnelle du côté de ses collaborateurs comme l'ont fait certaine des bios. Je comprends que cela choque le disciple qui a écrit cet article mais il est inutile de se voiler la face. En plus la réalisation est originale ce qui ne gâche rien.

avatar Jean-Jacques Cortes | 

Je n'irai voir ni l'un, ni l'autre. Le vrai, le seul et unique Steve Jobs, je l'ai vu à Paris en 2002 à la conférence pré-Apple Expo. C'était génial.

avatar Jean-Jacques Cortes | 

La critique venait de journaux contrôlés par le magnat Hearst qui se sentait visé par le film.

avatar killabling | 

Normal que les différents films soient des bouses....
y'a que les geeks et les fans qui peuvent croire que la vie de ce genre de bonhomme soit vraiment intéressante...!!!
vie pas intéressante=film pas intéressant
et vous pourrez en faire 50 de films sur la Vie du bOnhomme, sa sera tjrs pareil
.
P.S: Retournez a vos Marvel les Geeks et laissez les vrais films a histoires aux gens qui ont vraiment changé ce Monde.

avatar fluxus | 

"vie pas intéressante=film pas intéressant"

Euh... L'histoire du cinéma est remplie de films absolument passionants sur des gens très ordinaires, hein...

avatar killabling | 

bah vas y, dis.... heinn,sans éviter de me citer des bides bien sur

avatar fluxus | 

"sans éviter de me citer des bides bien sur"

Ca dépend de ta définition de "bide" .. sur quel plan ? Commercial ? Si c'est sur ce plan là, alors oui, Transformers est le meilleur film de tout les temps, et McDonald le meilleur restaurant du monde.

avatar Switcher | 

@ killabling

Quel mépris. Des gens et du cinéma. Combo.

Citez-nous 3 bons biopics de gens qui "ont changé le monde". Eclairez-nous de vos fulgurances.

avatar killabling | 

je méprise personne,je dis juste se qu'il en est....
Vous pensez vraiment que l'on pourrait faire de bons films sur steeve jobs ou encore bill gates, marc zukermachin bidule ??
et je ne dis pas qu'ils sont forcément mauvais mais sa n'a quand même rien de transcendant.

Sinon y'a eu Mandela, y'a eu jésus"lol" avant,gandhi...etc etc etc etc etc etc
voir ici: http://www.allocine.fr/film/meilleurs/genre-13027/

avatar Switcher | 

@ killabling

Si si, il faut assumer son mépris : " Retournez a vos Marvel les Geeks et laissez les vrais films a histoires aux gens qui ont vraiment changé ce Monde.", c'est du mépris pur jus... (et un poil hors-sujet : Marvel ?)

Pour les biopics, je vous demandais de citer des films (des bons, si possible), pas des personnalités, hein "lol"...

"vie pas intéressante=film pas intéressant"
La plupart des histoires au cinéma depuis 100 ans sont des portraits de gens "de peu" qui ne changent pas "le monde". On peut faire un bon film sur n'importe quelle histoire (vraie, fausse, romancée ou non) - ou un mauvais aussi.

avatar killabling | 

t' as pas été voir le lien dommage...
T'aurais vu qu'il y'a le film GANDHI sur la vie de ghandi,qu'il y'a eu un film sur l'histoire de Mandela ,bon allez je suis sympa je te laisse deviner le nom..!!!
etc etc etc etc etc etc etc etc et les autres pour jésus c'est la passion du Christ etc etc etc etc etc etc.....
Mais bon SJ,c'est ton idole donc je comprend...moi c'est jackie chan et rocko sifredi

avatar Switcher | 

SJ mon idole ? Faudra expliquer le raisonnement.

Une liste allociné ? Citer deux biopics de votre propre chef, des choses que vous aviez vues (puisque vous sembliez tellement au-dessus de la mêlée) était à ce point impossible ? Pas grave : une culture se travaille au quotidien.

Gandhi, Jesus, Mandela ? Le cinéma ne va pas aller bien loin s'il se limite à ce type d'icônes - vous voulez la ruine du secteur ou quoi ?

Il y a probablement un bon biopic à sortir de la vie de Jackie Chan. Pour Rocco (sans k), moins sûr personnellement, mais je pense que ça peut quand même décrocher l'avance sur recettes au CNC.

avatar killabling | 

wesh....
J'en ai quand même citer 2 avant d'aller voir sur allo machin.
Cependant,vu que parfois certains biopics ne portent pas le nom des intéressés donc pas évident de tout donner donc j'ai fait au plus simple. "ex:le discours d1 roi,nom du biopic sur le roi Georges 5 me semble".
Donc en conclusion, toutes les biographies ne sont pas adaptable au cinéma dans le sens ou elles doivent attirer l’intérêt du plus grand nombre et des critiques.

p.s: "Gandhi, Jesus, Mandela ? Le cinéma ne va pas aller bien loin s'il se limite à ce type d'icônes - vous voulez la ruine du secteur ou quoi ?"

tu disais sa pour déconner ? ils sont quand même vachement plus connu que SJ a travers le monde donc forcement plus d'entrées.. allez c'était sympa...!!! bye bye

avatar Switcher | 

C'était vraiment très intéressant.

avatar PowerGlove | 

Il est evident que ce n'est pas fait pour les fans d'apple.
Je pense exactement l'opposé de la critique qui est faite dans votre article.
La première bonne chose du film, c'est avoir réussi à faire du cinéma avec une histoire dont on se fous... la vie de Steeve jobs n'a aucun intérêt.... et pourtant le film lui arrive à être intéressant.
Il réussi a raconté autre chose que la vie du personnage. Enfin du vrai cinéma dans un biopic contrairement a la triste bouse qui l'a précédé "jobs".
La grande performance de Fassbender est d'avoir réussi a humaniser le personnage de Jobs. De le faire sortir de la mythologie, de lui donner corps. Il n'est pas un salaud, il est un humain qui essaye d'aller au bout d'une idée dont il est persuader qu'elle est la bonne.
Contrairement a votre critique, je pense que ce film n'aurait pu être bâti que a partir du mythe "Jobs" et c'est aussi sa grande qualité.
Pour finir le film n'est pas chef d'oeuvre, mais il est clairement au dessus de son dernier.

avatar Cool Active | 

Je suis allé le voir hier.

Résultat : un ennui profond, une envie de quitter la salle.

Le film prend beaucoup trop de liberté avec la réalité historique et si certains disent qu'il s'inspire du livre (superbe ce dernier), il ne s'en inspire que de très très loin.

Nous avons plutôt à faire ici à un espèce de hui-clos où différents intervenant apparaissent juste avant l'entrée en scène de Jobs lors de 3 keynotes. (Sculley, Wozniak, Lisa, ...).

Très lassant pas de surprise si ce n'est les libertés historiques, aucune kenotes en live si ce n'et les tappements des pieds du public...

Bref, un immense sentiment de frustration.

avatar Cool Active | 

Pour avoir vu les 2 films, je me demande ce qui fait que tout le monde trouve-t-il le premier "Jobs" pourri, a lors que son ambiance reflète assez bien les débuts du duo Wozniak-Jobs ?

C'est vrai que la 2ème partie (retour chez Apple et rencontre de J. Ive) du film était moins réussie.

avatar death_denied | 

Je ne supportais pas la mégalomanie et l'égocentrisme de Jobs. Et, pour ma part, au contraire, je trouve que le film est très gentil avec Jobs, il nous le fait paraître sympathique, malgré ces exécrables défauts (menteur, manipulateur, despote, égocentrique).
Je pense que le film dit des vérités qui baissent, comme sur le fait que Jobs voulait des produits fermés, contrairement à Woz (ce qui a faillit s'est retourné contre lui lors de la présentation du Macintosh en 84 lorsqu'ils n'arrivent pas à ouvrir le Mac).

avatar death_denied | 

En gros le film nous montre que Jobs prenait les clients pour des cons, voulait leur imposer sa vision, les emprisonner dans un produit et au final les prendre pour des vaches à lait. Et c'est comme ça que cela s'est passé et ça continue aujourd'hui.
Et malgré ça il y en a pour idolâtrer ce type et Apple. Des masochistes...

avatar magic.ludovic | 

Bon, perso ... j'ai vu le film ... mais j'ai pas tenu jusqu'à la fin ... Trop confus dans le scenario, si vous connaissez déjà l'histoire de SJ et Apple vous allez pouvoir "suivre" , pour les autres , accrochez vous !
Dans ce film on à l'impression que SJ ne faisait que faire des Keynote et rien d'autre ...
Bref, ne vous attardez pas sur ce film , passez votre chemin si votre temps est compté ...

avatar Palm49 | 

Bonjour,

Ma conclusion :
Le livre de Walter Isaacson est superbement bien écrit et retrace vraiment la vie de Steve Jobs.
J'ai pris beaucoup de plaisir à le lire.

J'avais vu le premier film qui était bien interprété, mais représentait 30 % de la réalité

J'ai vu le nouveau film hier, les acteurs sont performants, mais encore une fois par rapport au livre 60 % de la réalité.

Peut-être l'intégralité du livre avec un réalisateur comme Spielberg accompagné de Tom Hank ??

avatar SugarWater | 

Comme Bob Dylan, Steve jobs est un personnage créé de toute pièce et difficile à cerner car d'une extrême intelligence. Pour Dylan, un film télescopé a eu besoin de 5 facette différentes. Pour Jobs, il aura fallu 3 actes.
J'admire jobs et j'ai lu plusieurs bouquin sur lui. Pourtant, je ne trouve pas son portrait si sombre au contraire j'ai vu à quel point dans cette caricature il était différent et entier. Le passage avec la vision de Jobs et Woz sur qui a merdé sur Apple par rapport à l'Apple II est éblouissant. Ce n'est pas le naïf contre le connard. Ce sont juste deux visions du monde. Je n'ai pas trouvé jobs en connard de première, je l'ai trouvé enfin humain dans le réajustement nécessaire et marqué face au hagiographie. Je me suis dit, si différent qu'il est, si génie qu'il est c'est parfois un trou du cul mais c'est pour ça que c'est un être humain appréciable. Pas de longues tirades célèbres, pas de keynote mémorable à se mettre sous la dent mais du concentré de sa vie et ses tourments dans ces coulisses trip. Ce film, a l'époque du Apple lisse rend hommage à l'homme, ne serait ce qu'en remplissant un salle un vendredi soir à 22h alors que non soustitré et cryptique. Chapeau!

avatar SugarWater | 

Non doublé en français je veux dire

avatar Boboss29 | 

Je viens de le voir à l'instant... Heu plutôt mitigé. L'acteur principal est très bon, les intervenants aussi mais les dialogues sonnent faux. Il y a un paquet d'informations, de détails, d'anecdotes qui nous arrivent sans liens. Ceux qui ne connaissent pas l'histoire d'Apple et de Jobs seront perdu, trouveront le personnage détestable. Et ceux qui comme moi ont lu quelques biographies souligneront les erreurs nombreuses. Comme le passage où Jobs dit qu'il a pleuré lors de son éviction d'Apple et affirme qu'il ne pleure jamais . Alors qu'à priori il était très émotif et fondait en larmes facilement. On ne voit pas vraiment de colère alors qu'il était connu pour être très colérique.On ne voit pas la genèse du Mac (visite chez xerox, flop du Lisa, complexité des autres machines concurrentes, IBM) qui permettent de comprendre la révolution qui était en marche à l'époque. Là on voit un commercial froid, tyrannique qui règle ses problèmes familiaux 5 minutes avant chaque keynote (complètement pas crédible)... Les jeunes utilisateurs de produits Apple ne savent sûrement pas qui était Steve Jobs et ce film est loin de lui rendre hommage, car on ne sait au final pas vraiment ce qu'il a vraiment fait. Il le dépeint comme un escroc, un usurpateur, un bonimenteur qui n'aurait eu de cesse que de berner sa clientèle... Bref un film qui ne flatte pas l'homme alors qu'il y a certes des côtés négatifs à souligner mais aussi des prises de risques et une visions qui justement en font une personne d'exception, et ça le film ne le montre absolument pas. Et les scènes avec Lisa sont d'une mièvrerie extrême et semblent être le coeur du film...

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