Depuis les championnats du monde de Berlin en 2009, les 9 secondes et 58 centièmes établies par Usain Bolt sur la distance reine de l’athlétisme semblaient solidement installées au sommet. Dix-sept ans plus tard, le chronomètre s’est arrêté sur 9 secondes et 39 centièmes. Mais ce n’est pas un homme qui a franchi la ligne d’arrivée.
Un smartphone dans les starting-blocks
Ce temps a été réalisé par un robot humanoïde de la société pékinoise X‑Humanoid lors des Jeux mondiaux des robots humanoïdes. Les compétitions de ce genre connaissent un engouement prononcé en Chine, au point de pousser des acteurs de l’électronique grand public à s’y investir sérieusement.
Cette nouvelle marque pourrait d’ailleurs ne pas tenir très longtemps. En dehors de la compétition, « Lightning », un robot développé par le constructeur de smartphones Honor, a déjà avalé les 100 mètres en 9 secondes et 32 centièmes, avec une pointe de vitesse annoncée à 14,5 mètres par seconde.
La comparaison avec Usain Bolt doit naturellement être prise pour ce qu’elle est : un spectaculaire rapprochement de chronomètres entre deux catégories qui n’ont pas grand-chose en commun. Les machines ne risquent donc pas encore de venir chambouler les tablettes de World Athletics.
Une évolution au pas de course
Les progrès dans ce domaine affichent malgré tout une cadence soutenue. Lightning n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai. En avril dernier, le robot avait déjà remporté la catégorie autonome du semi-marathon de Pékin, en bouclant les 21 kilomètres du parcours en 50 minutes et 26 secondes.
Une autre machine d’Honor, pilotée à distance, avait franchi la ligne encore plus rapidement en 48 minutes et 19 secondes. Le règlement lui avait toutefois appliqué une pénalité, permettant à Lightning de décrocher la victoire grâce à son système de navigation autonome.
Pour préparer le passage du fond au sprint, les ingénieurs d’Honor sont intervenus directement sur l’architecture de la machine. Ses jambes ont été allongées de dix centimètres, portant leur longueur à 1,05 mètre afin d’augmenter l’amplitude de ses foulées. Les articulations ont également été renforcées pour encaisser les efforts propres à cette nouvelle spécialité.
Le mur du freinage
La vitesse de développement de la robotique bipède offre un contraste saisissant avec ses débuts plus laborieux. En 2021, Cassie, un robot constitué essentiellement d’une paire de jambes, avait parcouru cinq kilomètres en 53 minutes et 3 secondes. Son chronomètre comprenait environ six minutes trente d’interruption après deux chutes, dont l’une provoquée par la surchauffe de son ordinateur embarqué.
Pour la première fois, un robot bipède a réussi à courir sur 5 kilomètres d'une seule traite
Cinq ans plus tard, les machines les plus spécialisées sont capables d’évoluer à des vitesses jusque-là réservées aux meilleurs athlètes. Il leur reste néanmoins à apprendre à gérer proprement toute cette énergie. Plusieurs essais organisés autour des Jeux de Pékin se sont terminés contre des barrières ou des protections, certains robots éprouvant les plus grandes difficultés à ralentir après la ligne.
À propos d’exercice physique, n’oubliez pas qu’Apple vous invite aujourd’hui à relever le défi des parcs nationaux. Pas de panique : le seul chrono qui compte, c’est la durée de l’activité, soit 20 minutes.













