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Palm retrouve son ADN


Jon Rubinstein a quitté discrètement Apple en 2006. Maillon essentiel dans l’organigramme de la société californienne, il avait supervisé pendant des années la division Macintosh hardware, avant de s'occuper brièvement de la division iPod.

On dit que son départ fut lié à la volonté d’Apple d’utiliser des processeurs Intel (lire : Pourquoi Rubinstein a quitté Apple) ; Rubinstein a toujours été un défenseur de l’architecture PowerPC.

Comme il l’expliquait lors du keynote de Palm au CES, il pensait bien, après avoir quitté Apple, profiter de la vie au bord d’une plage, mais c’était sans compter le coup de fil de Fred Anderson, l’ancien directeur financier d’Apple, qui avait pour lui une opportunité « extraordinaire » : raviver l’esprit d’innovation au sein de Palm.

Palm : dans la même situation qu'Apple en 1997 ?

Lorsqu’il arrive en juin 2007 en tant que président exécutif, Palm est dans une situation assez similaire à celle qu’Apple a connue avant la fin des années 90. Société star des années 90 avec son Palm Pilot qui avait raflé la mise sur le marché des PDA à un certain Newton, elle ne parvient plus à se réinventer et à se doter d’un système d’exploitation moderne. En 2006, Palm, pour ne pas perdre pied sur certains marchés, vendit en quelque sorte son âme au diable en commercialisant un smartphone équipé de Windows Mobile, l'OS du grand rival de l’époque.

Lors de son arrivée, tout comme Steve Jobs en son temps qui arrêta la division du Newton, Jon Rubinstein commença par faire le ménage. Il fit annuler le développement du Foleo - un ultraportable présenté comme le meilleur compagnon du Treo - alors que celui-ci avait été annoncé au grand public et était proche d’être commercialisé. Le nouvel objectif était de se focaliser sur le coeur de métier de Palm : les smartphones.


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Le mobile : l’ADN de Palm

Pendant son keynote, Jon Rubinstein a insisté sur le fait que « le mobile constitue l’ADN de Palm », contrairement à la concurrence, notamment à Apple qui conçoit des baladeurs, des ordinateurs, des logiciels… Et pourtant, les deux sociétés ont une philosophie très proche.

Lors de la présentation du Pré, les dirigeants de Palm ont insisté sur la manière dont leur appareil allait changer la vie des utilisateurs, sur sa simplicité d’utilisation, son interface extrêmement bien pensée, ainsi que sur de petits détails qui finissent toujours par faire la différence… Les caractéristiques techniques n’ont été évoquées qu’à minima, car, finalement, comme chez Apple, ce n’est pas tant cela qui compte, mais bien plutôt le logiciel.

La présentation du Palm Pré était d’ailleurs digne d’un événement Apple avec comme « one more thing » à la fin, la présentation du fameux Palm Touchstone, le dock de Palm qui permet de recharger le Pré par induction.



webOS : le Mac OS X de Palm

Si Palm a réussi à mettre au point le premier smartphone capable semble-t-il de rivaliser avec l’iPhone, c’est parce qu’elle maîtrise à la fois le logiciel et le matériel et qu’elle porte une grande attention à ces deux aspects. « webOS est le système d’exploitation de Palm pour les dix ans à venir » a clamé le P.D.G. de Palm Ed Colligan.

D’un point de vue technique, on ne sait pas grand-chose encore sur ce système. On sait tout juste que son noyau est basé sur Linux et que son navigateur web est basé sur WebKit. Ce dernier joue un rôle clé dans webOS. Ce n’est pas un simple navigateur web, il est au coeur de toutes les applications qui seront écrites pour le Pré.



Pour avoir une chance de résister face aux géants que sont Apple, Microsoft ou Google, Palm a voulu que le développement d’applications sur sa plate-forme soit le plus simple possible. À en croire ses dirigeants, n’importe quel développeur web pourra très facilement concevoir des logiciels sur le Pré, puisque le SDK s’appuie sur les mêmes technologies que le web 2.0 : HTML, CSS, JavaScript…

Cela rappelle un peu la stratégie adoptée au début par Apple avec l'iPhone. Avec l'accent mis sur les applications web, mais avortée une fois qu'arriva finalement un SDK. Manifestement les développeurs Palm pourront quand même faire des appels poussés dans le système d’exploitation pour certaines fonctionnalités.

Autrement dit, on devrait avoir un appareil connecté, mais peut-être moins polyvalent qu’un iPhone. Dans l’état actuel des choses, il sera visiblement impossible de concevoir un jeu 3D, mais Palm aura tout le temps par la suite de rectifier le tir si nécessaire. On l’a vu avec Apple, mettre au point un système d’exploitation mature pour les terminaux mobiles prend beaucoup de temps. Et Palm repart de zéro puisqu'en l'état les applications existantes ne fonctionneront pas sur ce mobile. Son fabricant ne prévoit pas de créer d'émulateur, laissant cette opportunité à des tiers.

Ceux qui ont pu tester ce smartphone ont été surpris par sa réactivité et par la vitesse d’exécution de son navigateur web, nettement plus rapide que ce qu'offre la concurrence. Tout ceci est notamment lié au fait que le Palm Pré embarque un processeur de nouvelle génération, l’ARM Cortex A8, environ deux fois plus rapide que l'ARM 11 de Samsung que l’on retrouve dans l’iPhone.

Un App Store pour le Palm Pré

Palm compte bâtir un écosystème assez proche de celui d’Apple. Le Palm Pré aura son App Store avec un mode de fonctionnement plus ou moins similaire. Toutefois, le processus de validation à cet "App Catalog" devrait être moins draconien. La société américaine veut surtout s’assurer que les logiciels mis en vente sur sa boutique soient stables et sûrs pour les utilisateurs.

De nombreux détails restent inconnus à ce jour aussi bien sur le plan technique que sur celui du marketing. Palm dit tout mettre en oeuvre pour sortir son appareil d’ici la fin du semestre. Aux États-unis il sera d'abord lancé en exclusivité chez l'opérateur Sprint. Le PDG de Palm a précisé que l'Europe serait servie à peu près en même temps. La société n’a pas de temps à perdre si elle veut convertir l’essai. Car, chez la concurrence, 2009 devrait être également riche en nouveautés.

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