Test de la Contour Unimouse Wireless, une souris qui se plie en quatre

Anthony Nelzin-Santos |

On ne tape pas sur un clavier pendant huit heures par jour, six jours par semaine, douze mois par an, pendant une grosse décennie, sans conserver quelques séquelles. Comme d’autres journalistes de MacGeneration, je commence à souffrir de troubles musculo-squelettiques (TMS), et m’intéresse donc aux périphériques adaptés.

À commencer par les souris, celles d’Apple n’étant pas particulièrement réputées pour leurs vertus ergonomiques. Après avoir essayé la Logitech MX Vertical comme d’autres souris verticales, j’ai utilisé la Contour Unimouse Wireless pendant quelques mois. Avec une seule question en tête : à la fin de la semaine, à la fin de la journée même, fait-elle vraiment la différence ?

La Contour Unimouse est proposée dans une version sans-fil (ici testée) ou filaire, pour droitiers (ici testée) ou gauchers. La version sans-fil pèse 128 grammes.

Amateurs de bureaux stériles, passez votre chemin. La Contour Unimouse Wireless trônera comme une verrue à côté de votre Magic Keyboard, et ruinera la belle esthétique designed in Sweden but made in China de votre plan de travail. Non seulement elle n’est pas belle, mais elle est même plutôt moche, avec ses plastiques noirs aux textures dépareillées. Et dire qu’elle coûte 114 € !

Si les textures sont différentes, c’est que les parties rugueuses maintiennent le pouce et l’auriculaire en place, tandis que les parties lisses épousent les contours de la main. Et si le plastique anthracite ne fait pas forte impression au premier contact, il prouve sa qualité après quelques semaines d’utilisation. La souris verticale d’Anker est six fois moins chère, mais accumule les traces brillantes aux points de contact, voire « pèle » après quelques mois.

La qualité des matériaux et de l’assemblage est là, donc, mais ne suffit pas à expliquer le prix de la souris. Ce qui l’explique, ce sont les articulations et les joints qui lui donnent un air de robot très mécanique, mais lui confèrent une capacité très organique de se conformer à la main de son utilisateur. La Contour Unimouse Wireless n’est pas seulement une souris verticale — c’est une souris articulée.

Elle est conçue pour épouser les différentes positions de votre main au fil de la journée, selon que vous utilisez telle ou telle application, que vous soyez plus ou moins fatigué, que vous utilisez maintenant votre pouce pour tirer la souris ou plus tard votre paume pour la pousser. Il s’agit d’éviter les positions statiques, figées, crispées, qui favorisent les TMS.

Premier ajustement : l’angle du corps de la souris, d’une position assez horizontale de 35° à une position plutôt verticale de 70°. Ayant l’habitude des souris verticales, j’utilise généralement l’Unimouse à 70°, avec une posture bien détendue. Même si le galbe tombe bien dans le creux de ma paume, ma main peut glisser au fil de la journée. L’extérieur du carpe compressé contre le bureau, les douleurs ne tardent pas à apparaître.

L’ajustement de l’angle du corps de la souris.

Je peux alors adopter un angle légèrement plus fermé : mon poignet n’est pas beaucoup plus « tordu », mais ma main est plus stable sur la souris. Cet ajustement facilite la transition : on peut progressivement passer d’un angle très fermé à un angle plus ouvert. (Sur une période de deux semaines, par exemple, la durée des essais gratuits proposés par Contour. En France, ils sont organisés par le distributeur spécialisé Azergo.)

Deuxième ajustement : le « repose-pouce », à la forme vaguement elliptique et clairement travaillée, qui évolue dans trois dimensions. D’abord de quelques millimètres sur l’axe transversal, pour élargir ou rétrécir la souris, selon la taille de votre main. Ensuite d’un bon centimètre sur l’axe longitudinal, pour déplacer tout le mécanisme, selon la taille de votre pouce.

Enfin, sur une demi-sphère autour de sa rotule (il peut même être complètement retourné). En jouant sur les trois paramètres, on peut trouver une position qui épouse parfaitement la courbe du pouce… ou bien complètement changer la préhension de l’Unimouse en fonction des besoins. Lorsque j’écris au long cours, et que je touche la souris de manière ponctuelle, pour replacer le curseur ou déplacer une fenêtre, j’utilise une position neutre.

L’ajustement du repose-pouce.

Mais lorsque j’utilise Sketch par exemple, je le cale au creux de la main et le tourne vers l’extérieur, pour pousser la souris avec le bras. Lorsque je lis de longs articles, je le rabats vers l’extérieur et je cale mon pouce au-dessus, pour tirer la souris d’une petite pression et décaler mon index sur la molette. Contrairement à l’angle de la souris, c’est donc un ajustement que je modifie plusieurs fois par jour, parfois sans presque m’en rendre compte.

Pour autant, les ajustements demandent un effort conscient. Les points d’articulation sont suffisamment fermes pour rester en place au quotidien, mais pas au point qu’il faille particulièrement forcer pour changer l’angle ou déplacer le repose-pouce. Surtout, les ajustements sont continus — ce ne sont pas des positions prédéfinies par des crans, dont l’une pourrait être trop grande et l’autre trop petite.

Vous l’aurez compris, l’Unimouse est une souris flexible. Mais c’est avant tout… une souris. Il faut donc parler de ses boutons à la forme subtilement concave et au clic assuré, sans être aussi ferme et précis que ceux d’un souris de gaming. L’index, le majeur et l’annulaire tombent naturellement sur les trois boutons principaux. La molette prend place entre l’index et le majeur, mais le clic secondaire est assigné au bouton sous l’annulaire, le majeur servant par défaut au double clic.

Cette assignation des boutons peut être modifiée avec le pilote Contour Mouse, « optionnel » selon le fabricant, mais indispensable pour régler correctement la vitesse et surtout l’accélération du curseur. Chaque bouton peut ainsi être utilisé pour cliquer, émuler un raccourci clavier, simuler le défilement1, mais aussi lancer une application, ouvrir un fichier ou un dossier, contrôler iTunes et les fonctions multimédia, et même exécuter une macro ou un AppleScript.

Le panneau de préférences Contour Mouse permet de configurer les boutons. Le bouton central m’est devenu indispensable pour lancer Mission Control. La molette est d’une utilité redoutable : le défilement (cranté), le clic, et le clic suivi d’un défilement peuvent chacun recevoir des fonctions différentes. Sa fonction de « défilement automatique » (un clic active le défilement, déplacer la souris vers le haut ou le bas défile dans la même direction) est particulièrement pratique. Les boutons latéraux, assignés aux boutons Précédent et Suivant par défaut, sont placés trop bas pour être utilisés confortablement de manière régulière. Leur manipulation demande un clic ferme du pouce, une opération qui pourra gêner les personnes souffrant d’une tendinite de De Quervain. Un mal pour un bien : on peut les utiliser pour des fonctions plus ponctuelles, comme la mise en pause d’iTunes ou l’exécution d’une macro.

Malheureusement, dans l’état actuel du pilote sous macOS Mojave, les modifications ne sont pas toujours correctement appliquées du premier coup. Surtout, le pilote se charge après le démarrage, si bien qu’à la connexion, le curseur se déplace uniquement sur le plan vertical ! Les réglages peuvent être exportés sur une machine et importés sur une autre, et peuvent être appliqués à l’échelle du système ou différer d’une application à l’autre.

Ces contrôles logiciels sont complétés par un contrôle matériel, un petit bouton sur le pied de la souris, associé à cinq diodes. Des pressions successives permettent de changer la précision du capteur entre 800 à 2 000 PPP, avec dix crans intermédiaires, symbolisés par cinq diodes vertes puis cinq diodes rouges. Une simple pression permet de consulter le réglage actuel, ainsi que le niveau de charge de la batterie.

Car l’Unimouse utilise une batterie plutôt que des piles, censée lui fournir trois mois d’autonomie, grâce à la fonction Smart Sleep qui met la souris en veille quand elle n’est pas utilisée. Contour est étonnamment optimiste sur ce plan : il est prudent de tabler sur un bon mois d’autonomie, en éteignant la souris avant de partir en week-end. Mais comme on peut la recharger tout en l’utilisant, puisque le port microUSB n’est pas sous la souris (voyez-vous ça !), ce n’est pas un problème.

Le problème, ce sera plutôt de trouver un port USB-A où brancher le dongle ! Pourquoi un dongle radio plutôt qu’une connexion Bluetooth ? Selon Azergo, le distributeur français des produits Contour, il s’agit d’« un parti pris ». « Le Bluetooth serait source de problèmes techniques sur les souris concurrentes, [et les ingénieurs de Contour] ont donc souhaité limiter les risques de dysfonctionnement. » La connexion est effectivement d’une fiabilité à toute épreuve, mais quitte à jouer la carte de la flexibilité, Contour aurait pu laisser le choix, comme Logitech.

Après quelques mois d’utilisation, l’Unimouse Wireless semble remplir sa mission. Bien sûr, elle ne fait pas de miracles, et ne peut guérir les TMS à elle seule. Mais il est probablement impossible de réfléchir à l’amélioration de l’ergonomie d’un poste de travail sans penser à la souris, et celle de Contour peut participer au ralentissement de la progression des TMS, réduire l’intensité et la fréquence des douleurs, sans devoir sortir la grosse artillerie.

Elle est véritablement flexible : on peut la faire à sa main matériellement en ajustant les pièces mobiles, tout au long de la journée afin d’éviter les postures statiques, mais aussi logiciellement en configurant les différents boutons une fois pour toutes afin d’éviter les opérations répétitives. Et puis, contrairement à d’autres souris soi-disant ergonomiques, elle est disponible dans une version pour les gauchers.


  1. Dont le défilement vertical, une fonction qui justifie souvent l’utilisation d’une Magic Mouse ou d’un Magic Trackpad malgré des douleurs. ↩︎
avatar andr3 | 

Bon à savoir si d’aventure mon trackball Mx Ergo de Logitech rendait l’âme.

Victime moi aussi de TMS, je suis passé au trackball Mx Ergo et oublié les TMS qui ternissaient l’utilisation d’un pc.

avatar Florian Innocente | 

@andr3

J’ai du mal avec les trackball par contre la MX Vertical utilisée depuis quelques mois m’a bien servi pour les douleurs de ce style.

avatar andr3 | 

C’est une habitude à prendre avec un trackball et plus, plus de mouvements de déplacement de la souris, juste le pouce sur la boule. Plus de déplacements, donc encore une fatigue d’éliminée.

avatar Anthony Nelzin-Santos | 
@andr3 : j'essaye de convaincre Florian depuis des années. Mais je ne montre pas le bon exemple : j'ai rangé mes trackballs, les pilotes étaient capricieux ces dernières années.
avatar Benitochoco | 

Motivez vous pour faire du sport, ça évite les TMS ! Faut pas forcer au début ;-)

avatar jaymcfly | 

@andr3

Je l’ai acheté récemment et elle est incroyablement bien. J’ai pris le pas en quelques heures alors que je n’ai jamais connu ces fameuses souris à trackball.

avatar Olivier S | 

Moi c’est les trackpad qui me font mal aux mains.
Si une souris classique peut effectivement à la longue causer des TMS, je pense que ce facteur est multiplié par 2 avec le trackpad. Pourtant, je trouve cela très pratique.
Mais comme le dit Anthony dans l’article : Apple avec ses périphériques et l’ergonomie ça fait 2. !

avatar socorsu | 

J'utilise ça depuis bientôt 10 ans
Increvable et plus aucun bobos.
https://evoluent.com/products/vm4r/

avatar turismo | 

@socorsu

J’ai plusieurs collègues qui sont équipés avec ce modèle, mais sans fil. De ce qu’ils me disent, la petite bosse sous le petit doigt est l’un des gros plus dans l’ergonomie. Tu confirmes ?

avatar socorsu | 

@turismo

Oui c'est un avantage cependant je ne suis pas certain que ce soit ultra différenciant.
Cette souris associé à un simple clavier sans pavé numérique m'a fait disparaître les bobos que j'avais.
Franchement je n'y croyais pas vraiment.

avatar bunam | 

J'ai eu sous la main ce truc, pendant quelques jours :

https://www.amazon.fr/Contour-Design-RollerMouse-souris-Ambidextre/dp/B0...

C'est étonnant, il faut un bon moment d'adaptation. Je n'ai pas pu le garder.

Pour bosser : une souris de gamer Razer (pour la précision, cela évite les mouvements superflus) et un tapis Kensington avec du gel sous le poignet

La souris présentée a piqué mon intérêt !!!

avatar marc_os | 

N'importenawak cette "souris".

avatar Weissach | 

Bonjour à tous,
J’utilise depuis des années le track ball
Mx 500 de chez logitech et c’est un pur bonheur. Quand au pilote, aucun souci a
Ce jour.

avatar NikonosV | 

Hello,
perso, jamais utilisé ce genre de modèle
je n'ai pas de souci aux poignets ou entre le coude et le poignet

par contre j'ai des crampes, muscles qui s'échauffent à l'index

j'ai utilisé la souris 3M ergonomique, j'ai eu des crampes au pouce au bout d'un an 1/2

depuis, j'utilise au boulot un trackball Kessington depuis sans soucis

chez moi une MX master j'utilise le majeur pour clicker, j'aime bien sa mollette en roue libre pour surfer donc je ne me suis pas résolu à la virer

avatar DG33 | 

@Anthony
« puisque le port microUSB n’est pas sous la souris (voyez-vous ça !) »
Design de cette souris raté, port USB accessible : Jony Ive a fait des émules.

CONNEXION UTILISATEUR