L’IGN annonce le lancement de la version publique de cartes.gouv.fr, un concurrent français à Google Maps ou Apple Plans qui vient remplacer son géoportail. Le principe est toujours de mettre à disposition un grand nombre de cartes et données géographiques publiques, dont un équivalent à Street View et autre Look Around des concurrents américains. Par rapport aux solutions commerciales, celle proposée par le gouvernement est entièrement gratuite et plus riche, avec notamment de nombreuses données socio-économiques fournies par l’INSEE, le cadastre, des cartes de forêt ou d’agriculture ou encore les zones autorisées pour faire voler un drone.
Malgré cette abondance d’informations, l’utilisation du site se veut aussi simple que pour ses alternatives bien connues. La carte occupe la majorité de l’espace et un champ de recherche en haut à gauche sert à la centrer sur un lieu ou sur la position en cours (fournie par le navigateur). Sur le côté droit, tous les outils fournis par le service sont réunis, avec des fonctionnalités faciles d’accès alors qu’elles sont inaccessibles ou bien planquées ailleurs. On peut ainsi très facilement mesurer des distances ou des surfaces, voire annoter la carte en ajoutant des formes ou en plaçant des points. Ces données personnelles peuvent être associées à un compte optionnel, ce qui permet ensuite de les retrouver en rouvrant le site.
Le bouton bleu en haut à droite révèle la plus grande force du site, en offrant un accès à tous les fonds de carte mis à disposition. C’est par ce biais que l’on peut activer les photos prises par satellite et n’importe quelle autre couche d’informations mise à disposition par l’IGN et ses partenaires. De quoi repérer les limites exactes d’une parcelle sur le cadastre, identifier les zones interdites au vol, découvrir les essences d’arbre dans une forêt, remonter le temps grâce aux anciennes cartes, ou encore savoir si vous devez débroussailler votre terrain. En tout, les créateurs du site revendiquent une collection de 1 141 couches, que l’on peut ajouter et combiner librement, en jouant sur l’ordre et la transparence de chaque élément pour garder une carte lisible.
Le service ne pourra pas remplacer pleinement les outils de cartographie de Google ou Apple, notamment parce qu’il lui manque une base de données de points d’intérêt. En revanche, cette nouvelle version intègre Panoramax, un outil qui permet de se balader virtuellement (et au frais) dans la rue grâce à des photos prises par des caméras embarquées. C’est l’équivalent de Street View, lancé par Google il y a près de 19 ans, dans une version française, créée il y a quelques années par l’IGN et OpenStreetMap. Techniquement, le principe est identique, avec la possibilité d’avancer et reculer le long des rues couvertes et surtout de « regarder » tout autour, sur quasiment 360°.
Si le catalogue compte près de 110 millions de photos d’après l’IGN, on réalise vite en testant Panoramax que la disponibilité est limitée. Même dans une grande ville comme Lyon, toutes les rues ne sont pas photographiées et celle qui passe devant la rédaction de MacGeneration ne l’est pas, par exemple. Hors des agglomérations, c’est encore plus rare de trouver des rues couvertes. La mienne dans un petit village breton est étonnamment visible, avec des clichés récents. C’est toutefois une exception plus que la règle et une initiative locale : toutes les routes et même les impasses de ma commune ainsi que celles des communes alentours ont été prises en photo.
À défaut d’être aussi complet sur les données, cartes.gouv.fr garde d’autres avantages, comme la possibilité d’exporter les images en qualité originale, ce que Google et Apple ne proposeront évidemment pas. C’est l’avantage de se baser sur une solution ouverte et collaborative, n’importe qui pouvant contribuer avec une simple caméra portable à 360°, type GoPro.
Le géoportail fermera ses portes courant septembre, ce nouveau site proposant toutes ses fonctionnalités. L’IGN activera alors un renvoi automatique vers la nouvelle adresse, même s’il sera interrompu dès décembre 2026. Ce qui veut dire qu’il faut remplacer les permaliens et surtout les cartes intégrées depuis le géoportail par les équivalents sur cartes.gouv.fr. Une interface web, active jusqu’à la fin de l’année elle aussi, permet de convertir les liens vers le nouveau format.













