Tim Berners-Lee lance Solid, un projet pour redécentraliser le web

Stéphane Moussie |

Après les paroles, les actes. Mettant en garde depuis plusieurs années contre un web « comprimé sous le lourd poids de quelques plates-formes dominantes », Tim Berners-Lee a dévoilé cette semaine un projet visant à (re)décentraliser la toile.

Baptisé Solid, il s’agit d’une plateforme open source permettant d’héberger ses données (photos, musique, contacts, calendriers…) où on le souhaite — sur un serveur à son domicile ou chez un hébergeur compatible — et de garder le contrôle dessus. L’espace de stockage, le « Solid POD », est compatible avec des applications et peut interagir avec d’autres POD, toujours sous le contrôle de l’utilisateur.

Le projet rappelle beaucoup Cozy, qui propose à tout à chacun de créer son propre « domicile numérique » dans lequel on peut stocker et gérer toutes sortes de données (lire : Aperçu de Cozy Cloud, l’ambitieux « domicile numérique » français).

Le « père » du web compte sur les bonnes âmes pour faire évoluer Solid, mais pas seulement. Tim Berners-Lee a fondé Inrupt, une entreprise dont la mission sera de fournir de « l’énergie commerciale et un écosystème » à Solid.

« Alors que la communauté open source est pleine d’initiatives et source d’innovations, les utilisateurs lambda ainsi que les entreprises recherchent souvent des applications et des services auprès d’une entité commerciale qui fournit également un support technique », affirme l’ex-ingénieur du CERN, qui a quitté son poste au MIT et réduit son implication quotidienne au W3C pour se consacrer à Inrupt.

Mon Solid POD… une interface qui fait hommage au début du web.

Concrètement, Inrupt est le premier fournisseur de POD. Si vous ne voulez pas installer votre Solid POD sur votre serveur ou que vous n’avez pas les compétences, vous pouvez en ouvrir un chez Inrupt. C’est gratuit pour le moment, mais on peut imaginer un POD Inrupt payant pour avoir plus de stockage. C’est le modèle adopté par Cozy : vous êtes libre d’utiliser la technologie de Cozy où bon vous semble, mais si vous voulez une solution clé en main, vous pouvez créer un espace chez Cozy et payer pour avoir du stockage supplémentaire.

Sauf que Solid est loin d’être aussi complet pour l’heure. Bien qu’il soit d’ores et déjà possible d’avoir son POD, la plateforme est quasiment vide et de nombreux bugs parsèment le peu qu’il y a. La voie est longue avant que Solid ne le devienne, solide.

avatar bonnepoire | 

Pied piper.

avatar madaniso | 

:)

avatar Mac-Bain | 

@bonnepoire

Gavin: The irony is, the Internet, which we all use to search for billions of things, has itself long been searching for something. And here it is. The Box Three. Signature Edition.

avatar bonnepoire | 

Il manque ce magnifique logo 😬

avatar iG | 

Euh... IPFS ? ZeroNet ? p2p web hosting

avatar stefhan | 

Je n’arrive pas à voir où serait l’innovation.

C’est comme WordPress qu’on peut installer sur son propre serveur ou utiliser leur plateforme...

avatar byte_order | 

Non.
C'est plus comme un CMS distribué en mode peer-to-peer ou vous contrôlez la façon dont vos données à vous sont distribués ou pas, accessibles ou pas et où la recherche se fait en suivant des liens directement embarqués dans les données partagés, sans passer par un service central d'indexation.

avatar occam | 

Solid POD ? POD ?
Ping Of Death ?
Et surtout, un utilisateur dépité risque de détourner le mème : Solid P.O.S., abréviation scatologique que tout ingénieur, britannique de surcroît, doit connaître.

Sir Tim est bien mal inspiré côté marketing.

avatar lawappe | 

L’idée de TBL est de retrouver le contrôle de ses propres données. Mais une fois que l’on autorise l’accès à une partie de celles-ci, pour un service donné, rien n’empêchera ce dernier d’en faire une copie, non ? 🤔

avatar pat3 | 

@lawappe

Actuellement, c’est l’inverse. C’est le service auquel tu t’abonnes qui t’autorise comme il l’entend à utiliser… tes données (oui, celles que tu as obligeamment fournies en utilisant le service).
Le RGPD est la première législation à lutter contre cette aberration, mais elle n’aliène pas la propriété de tes données par les plateformes propriétaires, elle les obligent juste à te dire ce qu’elles en font, et à te les rendre si tu les demandent.
Là, comme dans CozyCloud, l’idée est que tes données sont stockées dans un espace qui t’appartient et que tu décides de les rendre ou non accessibles à d’autres.

Ce n’est pas techniquement mûr, ce n’est certainement pas socialement mûr, mais c’est un renversement de perspective qu’il faut absolument défendre et développer. C’est le ferment d’un renversement de l’économie de la donnée.
Honnêtement, ce qui se passe actuellement me donne un peu d’espoir.

avatar tbr | 

Je fais partie de ces (très) rares qui ont encore connu Internet (web, mail...) quand ce n’ pas encore centralisé, à l’instar d’un Minitel 2.0
> découverte avec un pote, du principe des liens hypertexte en 1992/93. 1ères tentatives peu après sur ordi en cyber-café.

Et j’espère bien retrouver ça (pas les cyber😎), sans ses défauts (les cybercafé)... parce que maintenant, tout le monde croit qu’Internet se résume à Google, Facebook, Instagram et snapchat.
ET à la fin de la neutralité !😱

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